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L’impact des variants au Canada est sous-estimé, d'après la santé publique

Un homme fait un prélèvement sur une femme dans le cadre d'un test de dépistage de la COVID-19.

Les variants du coronavirus représentent désormais de 5 à 10 % des cas actifs en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Radio-Canada

Britannique, sud-africain, brésilien ou encore californien, les variants du coronavirus se multiplient et laissent planer la menace d'une troisième vague sur plusieurs pays. Au Canada, les autorités de santé publique craignent que leur impact soit sous-estimé et appellent à la prudence.

Pendant que le déconfinement s'amorce dans plusieurs provinces, de plus en plus d'experts demandent au contraire des mesures plus sévères.

La recrudescence de nouveaux cas liés aux variants du SRAS-CoV-2 inquiète notamment l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, qui a déclaré samedi que neuf provinces avaient signalé des variants du coronavirus. Quelques heures plus tard, l'Île-du-Prince-Édouard confirmait son premier cas de variant, portant à dix le nombre de provinces touchées.

Les responsables de la santé ont également rappelé que les variants sont plus contagieux.

Bien qu'il soit normal que des variants apparaissent au cours de l'évolution des virus, certains sont considérés comme préoccupants parce qu'ils peuvent provoquer des maladies plus graves et les vaccins actuels peuvent être moins efficaces contre ceux-ci, a déclaré la Dre Tam.

C'est pourquoi nous devons maintenir la plus grande vigilance dans nos mesures sanitaires et nos pratiques individuelles. Cela permettra d'éviter que ces variants relancent la pandémie et la rendent beaucoup plus difficile à contrôler.

La Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada

Une situation jugée plutôt alarmante par Marina Klein, professeure de médecine à l'Université McGill, qui exhorte les gouvernements à agir plutôt qu’à réagir.

Étant donné les signes de transmission communautaire et l'éclosion de variants dans divers milieux, la Dre Klein pense qu'un nouveau confinement pourrait, par exemple, être envisagé.

C'est comme le sommet de l'iceberg. Ça veut dire qu'au-dessous d'un cas, il va peut-être y avoir de 30 à 50 cas non diagnostiqués.

Marina Klein, professeure de médecine à l'Université McGill

La menace d’une troisième vague

En Ontario, les variants du coronavirus représentent de 5 à 10 % des cas actifs, selon la santé publique. Dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, qui est passée au niveau d'alerte 5, les 285 nouveaux cas de COVID-19 détectés depuis le 5 février sont tous liés au variant britannique, tandis qu’en Alberta, quelque 171 cas sont liés aux variants.

La professeure à l'École de santé publique de l'Université de Montréal Roxanne Borgès Da Silva croit pour sa part qu’il faut déployer une stratégie claire afin de prévoir l'impact sur les hospitalisations, mais aussi sur les écoles et les milieux de travail.

La Dre Borgès Da Silva explique que les virus mutent constamment, mais qu’à partir du moment où on a une mutation qui est plus forte ou plus résistante, c'est cette mutation-là qui va s'installer dans la population.

Changer de stratégie

D'après la Dre Borgès Da Silva, il serait notamment judicieux de changer la stratégie de dépistage et de déployer les tests rapides, qui permettent d'isoler rapidement les cas plus contagieux.

Les gouvernements pourraient gagner du temps avec l'arrivée du printemps, et la vaccination permettrait également d'immuniser plus de personnes. La professeure pense néanmoins qu'il faut rester prudent et éviter de ne se fier qu'à la vaccination.

Même vacciné, on peut attraper la COVID-19 et la transmettre. On n'a pas encore de données fiables qui prouvent le contraire, assure-t-elle.

Les meilleures stratégies d'éradication du virus demeurent, selon elle, celles de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie, qui ont su se démarquer par une forme d’équilibre entre les enjeux de santé publique et les aspects économiques.

Sans stratégie, avec les mutations, je crains qu'on se retrouve dans une crise sanitaire qui pourrait durer plusieurs années.

La Dre Roxanne Borgès Da Silva

Bref, si le nombre de nouveaux cas de COVID-19 est à la baisse au Canada depuis plusieurs semaines, l'inquiétude n'en est pas moins grande pour les experts, qui appellent la population à la prudence quant aux variants.

Le dépistage de ceux-ci devrait s'intensifier au pays dès la semaine prochaine, notamment au Québec, qui doit accélérer le criblage des tests positifs.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau et de Yessica Chavez

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