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Possible d’utiliser le mot en n à l’Université d’Ottawa, selon le recteur

Jacques Frémont prend la parole au micro avec derrière lui une toile comportant de nombreux logos de l'Université d'Ottawa.

Le recteur de l’Université d'Ottawa, Jacques Frémont (archives)

Photo : CBC/Francis Ferland

Radio-Canada

Le recteur de l’Université d’Ottawa, Jacques Frémont, assure que le mot en n peut être utilisé par les enseignants dans leurs cours lorsque c'est nécessaire, à condition de le faire avec doigté.

C’est ce qu’il affirme dans une entrevue accordée à Alain Gravel, samedi, à l’émission Les faits d’abord.

Il n’y a absolument aucune censure à l’Université d’Ottawa [...] pour utiliser des œuvres qui, historiquement, font référence à des mots en n ou à des mots en s lorsqu’on parle des Autochtones, dit-il.

C’est pourtant après avoir utilisé le mot commençant par n dans le cadre d’un cours que Verushka Lieutenant-Duval, une enseignante à l’établissement de la capitale fédérale, a été temporairement suspendue en octobre dernier.

Verushka Lieutenant-Duval est à la table des invités.

La professeure Verushka Lieutenant-Duval (archives)

Photo : Avanti Groupe / Karine Dufour

« [Elle] n’a jamais été suspendue pour avoir utilisé le mot en n, soutient M. Frémont. Mme Lieutenant-Duval avait des difficultés dans sa salle de cours. Elle a écrit au doyen en disant ­: ‘‘­Qu’est-ce que je peux faire? Je suis incapable de poursuivre mes activités, mon cours." »

Le recteur martèle que rien n’empêche l’utilisation du mot à connotation raciste lorsque c'est nécessaire à l’enseignement, pour aborder des ouvrages étudiés, par exemple.

Un avertissement aux étudiants

Toutefois, les enseignants devraient selon lui aviser à l’avance les étudiants que l’emploi de termes pouvant blesser risque de survenir dans le cadre des activités d'apprentissage.

Je peux vous dire qu’il y a beaucoup de souffrance autour de l’utilisation de ce mot-là et que les étudiants doivent le savoir à l’avance. S'ils ne sont pas à l'aise avec ça, ils peuvent éviter de s’inscrire au cours, ajoute M. Frémont.

Il estime qu’un tel avertissement suffit, plaidant que le plan de cours constitue un contrat entre l’enseignant et les étudiants.

« C’est comme quand on regarde Netflix. On nous dit à l’avance : ‘‘Faites attention, il y a de la nudité, de la violence, des cigarettes.’’ »

— Une citation de  Jacques Frémont, recteur de l’Université d’Ottawa

Le recteur n’a pas voulu réagir, samedi, à la publication Facebook du premier ministre du Québec, François Legault. Dans un long message, ce dernier déplore des atteintes à la liberté d'enseignement et mentionne avoir été choqué par la controverse à l’Université d’Ottawa.

M. Frémont fait valoir que l’établissement dont il est à la tête est situé en Ontario et qu’il a donc à répondre au gouvernement de Doug Ford plutôt qu’à celui du Québec.

Si le recteur insiste pour dire que l’utilisation du mot en n n’est pas formellement proscrite à son université, il ajoute que le recours à ce terme devrait être évité si cela est possible. Il y a des façons d'arriver au même endroit en protégeant la sensibilité des interlocuteurs, conclut-il.

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