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Tout n'est pas rose pour les couples en zone rouge

Deux cadenas rouge vif, en forme de cœur, attachés à un pont.

La vie de couple en confinement a laissé voir le pire... mais aussi le meilleur, certaines flammes ayant été ravivées par les chamboulements de la dernière année.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Les cabinets de droit familial sont débordés et les applications de rencontre connaissent une affluence record, mais la pandémie n’a pas qu’amoché l’amour en 2020. Plusieurs ont prouvé, tout au long de l’année, qu’aucun confinement ne sait encore mettre un cœur amoureux en cage.

Le couvre-feu n’a visiblement pas éteint la flamme chez certains Québécois en quête d’amour. 

Dès l'annonce des nouvelles mesures du temps des Fêtes et ensuite, du couvre-feu, ç'a littéralement explosé, explique Mélanie Trudel, créatrice de l’application de rencontres GoSeeYou. En général, dans l'application, je pouvais compter entre 15 000 et 50 000 messages échangés chaque jour. Depuis, on parle de 50 000 à 150 000 messages quotidiennement

Une femme sourit, les bras croisés, devant un chandelier suspendu.

Mélanie Trudel a vu le nombre d'inscrits bondir de 30 % entre décembre 2019 et décembre 2020, atteignant près de 111 000 profils en février 2021.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Sans salle à manger ni cinéma, sans activité ni possibilité de sortir après 20 h, les cœurs transis se tournent vers une relation vieille comme l’écriture : l’amour épistolaire.

J'ai l'impression que le couvre-feu a aussi alimenté ça. Le soir, on ne peut plus faire d'activités. On ne peut pas non plus rencontrer trois, quatre personnes par semaine comme certains le faisaient auparavant. Les gens sont donc très actifs virtuellement.

Une citation de :Mélanie Trudel, fondatrice de GoSeeYou

Certains et certaines le sont aussi bien physiquement, selon la sexologue Laurence Desjardins, qui note que la vente de jouets sexuels a bondi en 2020.

Certains renouvellent leurs vieux achats, mais on voit aussi des gens qui consomment pour la première fois. On voit que les gens commencent à s’ouvrir ou à banaliser l’achat d’objets sexuels, souligne-t-elle. Ce n’est plus seulement pour un type de personnes ou quand survient une difficulté dans le couple.

On a plus qu’un chandail dans notre garde-robe; pourquoi ne pas avoir plus d’un truc dans son sac?

Une citation de :Laurence Desjardins, sexologue
Portrait de Laurence Desjardins

Laurence Desjardins, sexologue membre de l'ordre professionnel des sexologues du Québec et coordonnatrice des services On SEXplique ça.

Photo : Gracieuseté

L'amour confiné

Le confinement et les règles sanitaires n’ont pas empêché les idylles, forçant parfois les concubins à des prodiges d’invention pour s'unir avec leur douce moitié.

Mélanie Trudel se rappelle une histoire née au début de la crise et qui se poursuit encore aujourd’hui.

La femme a connecté, sur l'application, avec quelqu'un qui habitait dans son immeuble, mais qu’elle n’avait jamais croisé, raconte-t-elle. Pendant 14 jours, les deux sont descendus sur le perron pour prendre un verre en respectant la distance de 2 m. Ils se sont engagés à ne voir personne au cours de cette quarantaine et au bout de deux semaines, ils étaient prêts à passer à l’étape suivante.

Comme la pandémie restreint les rencontres, chacune d’entre elles revêt une importance particulière. Mélanie Trudel observe d'ailleurs une tendance s'enraciner parmi les célibataires.

Ça s’appelle le slow dating et c’est à contre-courant du consommer-jeter. Les gens, présentement, prennent davantage le temps de connaître une personne avant de la rencontrer dans la réalité.

Une citation de :Mélanie Trudel, fondatrice de GoSeeYou

Comme les rendez-vous sont rares, souvent ballottés au gré du resserrement des règles sanitaires, chacun prend une valeur qu’il n’avait pas avant la COVID.

Hausse des séparations

Tout n’est pas rose pour les couples en zone rouge, loin de là.

L’avocate Sylvie Schirm, spécialisée en droit de la famille, note une nette augmentation des demandes à son cabinet.

D’habitude, les mois de janvier et de septembre sont ceux où nous avons le plus de demandes. Les couples passent du temps ensemble pendant les Fêtes ou lors des vacances. Ils réalisent parfois qu’ils sont malheureux, souligne Me Schirm.

Me Sylvie Schirm, en studio

Me Sylvie Schirm, avocate en droit de la famille

Photo : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

En 2020, les demandes ont afflué tout au cours de l’année.

Nous sommes huit avocates, toutes spécialisées en droit familial, et on n’a pas arrêté, note-t-elle. Je dirais que les demandes ont facilement augmenté de 25 à 30 %.

Le confinement a permis à certains couples de se retrouver et de se recentrer sur l’essentiel, indique Me Schirm.

Par contre, dans un monde où les enfants et l’argent représentent les deux plus grandes sources de tension conjugale, la COVID a souvent donné le coup de grâce.

Avec la pandémie, on a vu de sérieuses inquiétudes au niveau de l'argent, plusieurs personnes ne sachant pas s’ils allaient retrouver leur emploi, ni quand. Les gens ont aussi été confinés, parents avec enfants, pendant de très longues périodes. Ç'a augmenté la tension parmi des gens qui n'étaient pas très heureux dans leur relation.

Une citation de :Me Sylvie Schirm, avocate associée au cabinet Schirm & Tremblay

Signe que la crise sanitaire a peut-être engendré un spleen matrimonial, le nombre d’abonnements à l’application GoSeeYou a atteint 110 000 en février 2021, une hausse de plus de 30 % en un an.

L’amour au temps de la COVID-19

La pandémie a sonné le glas de bien des amours en 2020. Comment maintenir la flamme d’ici le prochain déconfinement? Quelques trucs de la sexologue Laurence Desjardins.

  • Ce que je dis à mes clients en général, c'est : ''Donnez-vous de l'espace et une opportunité de vous surprendre et de vous ennuyer de votre partenaire.'' Allez faire une marche, sortez à l'extérieur, séparez vos bureaux pour avoir l'espace de vous retrouver avec vous-même.
  • J'encourage aussi le jeu avec le partenaire. À un moment donné, on se retrouve pris dans une routine dans laquelle on se lève, on fait notre travail, on fait notre repas, le repas pour les enfants, on regarde la télé puis dodo. Au bout du compte, on place l'activité sexuelle à la fin de la journée, quand on est fatigué. Amusez-vous à surprendre l’autre par un jeu de société ou par un questionnaire où vous apprenez à vous redécouvrir l’un et l’autre.

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