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Les terrasses, un avant-goût de la transformation qui attend New York post-pandémie

Pour contrer les mesures de confinement liées à la pandémie, plus de 10 000 permis de terrasse sont en ce moment utilisés dans la métropole américaine. Un nombre dix fois plus élevé qu’en temps normal.

Des terrases chauffées à New York.

À New York, le nombre de terrasses est dix fois plus élevé qu'en temps normal.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Guez

Dans les rues de New York, les terrasses sont désormais presque aussi visibles que les iconiques taxis.

On en voit de toutes les tailles et de toutes les formes. Certaines sont constituées de simples tables et chaises installées sur les trottoirs ou dans des espaces de stationnement, d’autres sont abritées sous d’impressionnantes structures chauffées, plus ou moins hermétiques.

Si le degré d’aération de certaines peut laisser quelques doutes, toutes les terrasses doivent impérativement faire circuler l’air extérieur. Cette exigence des autorités municipales fait partie d’une longue liste de mesures que les restaurateurs new-yorkais doivent respecter.

Une terrasse, à New York.

Des New-Yorkais mangent à l'extérieur, malgré le froid.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Pour certains d'entre eux, la mise sur pied d’une terrasse s’est traduite par une facture salée.

Gérald Barthélémy, propriétaire du restaurant St Tropez, évoque des dépenses de près de 40 000 dollars pour l’installation d’une structure extérieure chauffée pour son établissement du West Village.

C’est sûr que ce sont des coûts, mais c’est ça ou vous perdez tout, explique le restaurateur d’origine française, qui a aussi travaillé à Montréal.

À New York, les restaurants peuvent de nouveau accueillir les clients de manière limitée à l’intérieur depuis vendredi. Mais depuis des mois, c’est la possibilité d’accueillir des clients à l’extérieur qui permet à leurs propriétaires de garder la tête hors de l’eau.

Gérald Barthélémy, propriétaire du restaurant St Tropez, à New York.

On ne peut pas survivre juste avec de la vente à emporter, note Gérald Barthélémy, qui précise que certains restaurants n'ont pas eu la chance de pouvoir installer des tables dans les rues.

Signe des difficultés rencontrées par le milieu de la restauration, l’établissement voisin du sien a fermé ses portes pendant la pandémie, comme des dizaines de milliers d’autres partout dans le pays.

Un changement permanent

Les terrasses, généralement beaucoup plus visibles à Montréal ou dans des capitales européennes qu’à New York, semblent appréciées des habitants de la métropole américaine.

Lors de notre passage, les clients étaient au rendez-vous malgré le froid et la neige laissée au sol par la pire tempête à frapper la ville en cinq ans.

« C'est une ville qui est assez dure au quotidien, donc c'est vrai que le côté social de la restauration, c'est très important à New York. »

— Une citation de  Lionel Bremond, propriétaire du Café Paulette, à Brooklyn.

La popularité d’une mesure qui devait à l’origine être temporaire n’a pas échappé aux autorités municipales. Le maire de New York, Bill de Blasio, a annoncé que les terrasses n'étaient pas près de disparaître. 

Une structure chauffée, comme on en voit plusieurs à New York.

Une structure chauffée, comme on en voit plusieurs à New York.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Guez

Cette nouveauté, qui pourrait avoir un effet durable sur les denses rues new-yorkaises, ne pourrait être que l’un des nombreux changements apportés au paysage urbain d’une ville où les autorités se posent beaucoup de questions sur l'avenir.

New York a perdu des milliers d'habitants ayant fui en banlieue au cours des derniers mois, notamment en raison des mesures de confinement et du télétravail.

Est-ce que les gens vont revenir? se demande Jérôme Barth, responsable de la revitalisation de l’iconique Cinquième avenue à Manhattan.

Jérôme Barth est responsable de la revitalisation de la Cinquième avenue.

Jérôme Barth est responsable de la revitalisation de la Cinquième avenue.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Il souligne qu’une réflexion est en cours pour rendre son attractivité à la ville la plus peuplée du pays.

« Il faut réinventer la ville pour qu'elle soit plus piétonne. Qu'elle favorise le fait que les gens puissent rester dehors plus longtemps. Ça peut être par les terrasses, par des parcs, des sièges. Il y a une véritable réflexion sur la façon de rendre la ville plus accessible aux gens post-pandémie. »

— Une citation de  Jérôme Barth, responsable de la revitalisation de la Cinquième avenue.

Certains projets prennent déjà forme. Le gouverneur de New York a par exemple annoncé le prolongement de la High Line, cette promenade urbaine créée sur une ancienne voie ferrée.

Pour s’adapter au nombre croissant de vélos sur les routes depuis le début de la pandémie, la Ville prévoit également d'ajouter une piste cyclable sur le pont de Brooklyn.

La High Line, promenade urbaine à Manhattan.

La High Line, promenade urbaine à Manhattan, sera prolongée.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois qu’une crise contribue au développement de l’environnement urbain. Jérôme Barth rappelle que Central Park a été créé après des épidémies de choléra au 19e siècle, pour permettre aux gens d’échapper aux maladies, de prendre de l’air.

La pandémie de COVID-19 laissera-t-elle une marque aussi indélébile sur New York?

Chose certaine, les New-Yorkais souhaitent que leur ville, durement touchée le printemps dernier, n’en conserve pas que des cicatrices.

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