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La COVID-19 inquiète des travailleurs étrangers temporaires, disent des intervenants

Un travailleur debout au milieu de vignes dans l'Okanagan.

Les travailleurs étrangers doivent se mettre en quarantaine pendant 14 jours et payer le coût du test de dépistage du coronavirus qu'ils sont tenus de subir.

Photo : Radio-Canada / Philippe Moulier

Radio-Canada

À quelques mois du début des travaux agricoles, des intervenants spécialisés en droit des travailleurs étrangers temporaires souhaitent attirer l’attention sur les risques pour la santé et l’impact financier de la COVID-19 pour ceux qui prendront bientôt le chemin du Canada pour travailler aux champs.

Ces travailleurs ne sont pas soumis aux restrictions de voyage, mais ils doivent se mettre en quarantaine pendant 14 jours après leur arrivée et doivent subir un test de dépistage du coronavirus à leurs frais.

Ces tests coûtent entre 200 $ et 500 $, ce qui est un montant significatif pour ces gens, souligne Amy Cohen, la cofondatrice du groupe Action radicale pour les migrants en agriculture dans l’Okanagan.

Ils doivent aussi payer pour leur voyage et leur hébergement dans les villes où ils passent ces tests, ce qui coûte aussi très cher.

Comme toute personne entrant au Canada par voie aérienne, ces travailleurs doivent obligatoirement passer par l’un des quatre aéroports autorisés, soit Vancouver, Calgary, Toronto ou Montréal, subir un test de dépistage et en attendre le résultat à l’hôtel.

Le coût de ce séjour à l’hôtel peut s’élever jusqu’à 2000 $, mais le gouvernement de la Colombie-Britannique a déjà annoncé qu’il défraierait cette dépense pour les travailleurs temporaires étrangers.

La province oblige également les employeurs à payer pour le transport entre l’aéroport de Vancouver et l’hôtel, de même qu’entre l’hôtel et le lieu de résidence des travailleurs.

Le défi de rester en santé

Selon Amy Cohen, les travailleurs se disent inquiets, notamment en ce qui concerne la difficulté de maintenir une distance physique au dortoir.

Ce sont généralement des habitations surchargées et, souvent, inférieures aux normes, note-t-elle. Ça ne leur permet pas de s’isoler des autres travailleurs.

Pour le directeur de la production de la pépinière d’Armstrong, en Colombie-Britannique, Tim Walton, ces conditions ne prévalent pas partout. Il espère l’arrivée des premiers travailleurs temporaires étrangers à la mi-mars.

On a un corps de logement sur place où les travailleurs ont leur propre chambre, explique-t-il. Ce sont toutes des chambres pour deux, mais nous n’y plaçons qu’une personne.

De son côté, le directeur d’un verger et d’un vignoble de la région d’Oliver, Pinder Dhaliwal, attend ses premiers travailleurs à la mi-avril.

En plus de financer des vols nolisés et de leur payer l’équivalent de 30 heures de salaire par semaine pendant qu’ils seront en quarantaine, M. Dhaliwal dit assurer la distanciation physique au travail.

On s’est assuré qu’il n’y ait jamais plus d’un employé en train de cueillir au même arbre en même temps, explique-t-il, en référence aux pratiques en vigueur à l’été 2020.

Aucun de ces employeurs ne paie, toutefois, pour le test de dépistage.

Les travailleurs veulent venir au Canada malgré la pandémie

Malgré les conditions particulières imposées par la pandémie, Amy Cohen précise que les travailleurs souhaitent tout de même offrir leurs services aux entreprises canadiennes, notamment parce qu’ils ne peuvent trouver d’emploi dans leur pays.

Ce revenu est tout ce qui permet à leur famille de survivre. Elle demande en outre au gouvernement provincial de surseoir au délai de 3 mois avant que ces travailleurs aient accès gratuitement au système public de santé, ce qui inclut le vaccin contre la COVID-19.

Selon le ministère de l’Agriculture de la province, en 2019, 11 000 travailleurs temporaires étrangers sont venus prêter main-forte aux agriculteurs britanno-colombiens.

Avec les informations de l’émission Daybreak South et Dana Kelly

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