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Les cégeps de Montréal lancent 27 formations courtes pour les chômeurs pandémiques

Un travailleur d'usine manipule une tablette informatique.

Le reportage de Mélissa François

Photo : iStock

Radio-Canada

Québec tend la main aux dizaines de milliers de personnes qui ont perdu leur travail en raison de la COVID-19.

Une aide de près de deux millions de dollars aux cégeps de Montréal a été annoncée pour lancer 27 nouvelles formations destinées aux sans-emploi.

Le ministre du Travail l'a annoncé vendredi lors d'une conférence de presse virtuelle.

Ça peut effectivement permettre à des personnes qui sont devenues ce qu'on appelle des "chômeurs pandémiques" de développer de nouvelles habiletés, de nouvelles compétences et répondre à des besoins d'entreprises, a-t-il expliqué.

Mais ça peut aussi répondre à des besoins de personnes qui sont temporairement mises à pied qui souhaitent rehausser leurs compétences!, a précisé le ministre.

Le ministre en conférence de presse.

Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Ces formations de courte durée varieront entre 175 et 360 heures et seront dispensées en français et en anglais par une dizaine de cégeps à des groupes de 15 à 18 étudiants, en classe virtuelle, en formule hybride et/ou en présentiel, lorsque la situation le permettra.

Elles permettront de répondre à la pénurie de main-d’œuvre, explique le Regroupement des cégeps de Montréal dans son communiqué, notamment dans le secteur manufacturier.

D'autres programmes porteront sur les technologies de l'information, l'administration, la gestion, le commerce de gros, le commerce de détail et la transformation des aliments.

Les formations offertes étant admissibles au Programme d'aide à la relance par l'augmentation de la formation (PARAF), certains élèves pourront profiter d'une allocation de 500 dollars par semaine, ce qui leur permettra d'envisager l'avenir avec un peu plus de certitude.

Faire contre mauvaise fortune bon cœur

Plus de 208 000 personnes ont perdu leur emploi au Québec au cours de la dernière année en raison de la pandémie.

Josée Larivière fait partie de ce contingent. Elle mise beaucoup sur la formation accélérée en ressources humaines qu'elle débutera sous peu.

Psychologiquement, retourner aux études, c'était difficile à envisager, [mais] je pense que c'est la meilleure chose à faire actuellement, dit-elle. On ne sait pas à quoi va ressembler l'après-pandémie, donc c'est bien de mettre à niveau ses compétences.

Des formations pour des emplois mal rémunérés?

Mais le Conseil national des chômeurs et chômeuses fait part de certaines réserves. C'est l'éléphant qui accouche d'une souris, a lancé son porte-parole Pierre Céré en entrevue à l'émission Le 15-18, vendredi.

Un budget de 1,9 million, c'est une partie décimale des budgets de formation qu'on connaît normalement, relève-t-il.

M. Céré déplore en outre que les formations offertes aient été conçues pour des emplois délétères et mal rémunérés. Le premier ministre Legault disait pourtant, lors de la campagne électorale de 2018, qu'il voulait créer des vraies jobs payantes, rappelle le porte-parole et militant.

Ben là, ce n'est pas ça qui se passe! On veut former des gens pendant quelques semaines – quelques semaines, souligne-t-il – pour aller travailler dans des manufactures. Je peux comprendre que dans certaines manufactures, il y ait pénurie de main-d'œuvre! Parce qu'on ne veut pas aller travailler à 13,75 $ dans ces endroits-là.

C'est le plus mal pogné de notre société qui se ramasse-là!, souligne-t-il. Comme c'était le plus mal pogné de notre société qui allait travailler dans les CHSLD auparavant.

Avec le reportage de Mélissa François

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