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Des coiffeuses dans un salon de coiffure.

Alicia Chowen a mis sur pied une formation pour les coiffeuses sur les cheveux crépus et bouclés.

Photo : Isabelle Raghem

Wildinette Paul

Trouver un coiffeur peut être un casse-tête pour des femmes aux cheveux bouclés ou crépus. Dans la grande région de Vancouver, les différentes textures des cheveux des Noirs sont peu, voire pas, enseignées dans les écoles de coiffure. Des professionnelles réclament une formation plus diversifiée et inclusive.

Il y a beaucoup de coiffeurs qui ne savent pas comment faire mes cheveux. C’est vraiment frustrant , lance Naika Toussaint, une actrice de Vancouver.

Des histoires à raconter au sujet de ses cheveux, Naika en a plusieurs dans le cadre de son travail. Une fois, quelqu’un était tellement frustré et il est parti. Il m’a dit : "Je ne sais pas comment faire tes cheveux." Il m’a laissée les faire toute seule. Ça arrive beaucoup. Les cheveux de Naika sont crépus, dans le style afro.

Ce ne sont pas juste les cheveux lisses qui comptent, les miens aussi sont importants.

Naika Toussaint, actrice

Si c'est ainsi sur des plateaux professionnels, imaginez la difficulté de trouver un coiffeur ou une coiffeuse dans la vie de tous les jours. Kim Sayer se retrouve dans des situations similaires avec sa fille. Elles ont dû chercher durant une heure et demie pour trouver une coiffeuse qui sait faire des tresses.

Kim est blanche, sa fille, noire. Dans des salons traditionnels, ils n’ont aucune idée de ce qu’ils doivent faire avec des boucles, encore moins avec les cheveux afros.

Elle constate que certaines techniques de base sont nébuleuses dans les salons de coiffure. Quand ma fille était plus jeune, on est allé dans un salon ordinaire. Ils nous ont dit : ''Oui, on peut faire les cheveux frisés.'' Je crois qu’ils ont juste utilisé les mauvais produits. Ils n’ont même pas peigné ses cheveux délicatement.

Kim Sayer et sa fille, Sicily Nickol.

Kim Sayer et sa fille, Sicily Nickol, se rendent au salon de coiffure Afro Air Salon pour obtenir des soins capillaires adaptés aux cheveux crépus.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Kim me regarde. Je suis moi-même noire, et mes cheveux ressemblent à ceux de sa fille. Comme tu le sais probablement, tu ne peux pas commencer près du cuir chevelu comme pour les Blanches. Il faut commencer par les pointes.

Elle balance ses bras comme pour dire : Non, mais quelle erreur!Je crois que cela a juste endommagé et cassé ses cheveux, poursuit-elle. Je suis surprise que les gens ne connaissent pas les bases [des cheveux crépus], en particulier dans le domaine de la coiffure.

Des ateliers propulsés par Black Lives Matter

Selon Alicia Chowen, coiffeuse dans l’industrie du cinéma, une chose est certaine : il y a un manque de formation en ce qui concerne les cheveux des afro-descendants.

Cette spécialiste du cheveu crépu constate parfois le soulagement de certaines actrices lorsqu’elle s’approche de leur tête. Je travaillais sur un film et une actrice m’a dit : ''Merci Seigneur!, tu sauras comment faire mes cheveux."

En 2019, elle a décidé de lancer des ateliers, destinés aux coiffeurs professionnels, sur les cheveux crépus et frisés. Avec des formatrices, elle enseigne des techniques comme la définition de boucles, le tressage et le tissage. Les écoles ne doivent pas seulement enseigner un type de cheveux, mais doivent mettre l’accent sur tous les types.

Une coiffeuse fait des tresses à une cliente dans un salon de coiffure.

L'atelier montre des techniques de tressage.

Photo : Isabelle Raghem

Au début, aucune école de coiffure ne s'intéressait à ses ateliers. Mais c’était avant le mouvement Black Lives Matter. Maintenant, ils sont nombreux à vouloir collaborer avec elle. Ils ont réalisé qu’il y avait un manque et que ce n’était pas acceptable , dit-elle.

Tout professionnel devrait savoir coiffer, peu importe la personne qui se trouve sur sa chaise, peu importe la texture de ses cheveux.

Alicia Chowen, coiffeuse dans l’industrie du cinéma

Devenir inclusif

Leanne Cordeira, propriétaire d’un salon de coiffure, fait partie des coiffeurs qui ont réalisé que quelque chose clochait au sein de leur industrie, y compris de son entreprise. Elle s'est inscrite avec ses employés aux ateliers d’Alicia Chowen. Je voulais m’assurer qu’on soit le plus inclusif possible et qu’on reçoive la bonne formation pour devenir un salon pour tous les types de cheveux.

Comme industrie, on ne réalise pas à quel point on contribue au racisme en n’ayant pas cette formation. Mais, à l’école, on ne nous a jamais enseigné ça.

Leanne Cordeira

Selon elle, si les coiffeurs veulent être considérés comme des professionnelles, ils doivent s’assurer de pouvoir offrir des services à toutes les personnes qui entrent dans leur salon.

Des coiffeuses et des clientes dans un salon de coiffure.

Alicia Chowen présente son atelier à des coiffeuses de la région de Vancouver.

Photo : Isabelle Raghem

Les formatrices des ateliers d’Alicia Chowen croient que ce genre d’apprentissage devrait s’inscrire dans les programmes des écoles de coiffure.

Les choses commencent à changer lorsqu’on parle de formation, admet pour sa part Alicia Chowen. Mais c’est aussi fâchant que cela ait pris le mouvement Black Lives Matter pour ouvrir les yeux et que ce n’est pas acceptable de laisser une partie de la population se coiffer seule.

Avec la collaboration d'Isabelle Raghem

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