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Les enfants, des acteurs clés pour vaincre le racisme, selon « tata » Wanda

La fondatrice d'Afrika21, Wanda Jemly, aborde le sujet du racisme et de l'inclusion.

Un groupe d'enfants regarde Wanda Jemly.

Wanda Jemly raconte des histoires pour les petits et pour les plus grands sur trois continents.

Photo : Aristide Muhire et Blaise Gatsinda Shema

Camille Vernet
Marylène Têtu

L'année 2020 a été marquée par des mouvements de foule qui ont décrié les actes racistes et discriminatoires ainsi que la brutalité policière envers la communauté noire. Ces rassemblements, qui ont eu lieu un peu partout en Amérique du Nord, notamment en Colombie-Britannique, vont-ils entraîner des changements concrets?

La conteuse et fondatrice de l'organisme Afrika21, à Vancouver, Wanda Jemly, croit que c'est en impliquant les enfants que l'on pourra créer une société plus inclusive.

Une femme regarde au loin.

Wanda Jemly est auteure, conteuse jeunesse, productrice et animatrice d'une série télévisée, à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Comment peut-on améliorer les relations entre les diverses communautés en Colombie-Britannique, pour être plus inclusif?

Wanda Jemly (W.J.) : Ça ne se passera pas avec une baguette magique ni avec une seule mesure à mettre en place. Je pense que c'est vraiment une notion globale de l'interculturalisme, au sens même de la loi, ça veut dire toutes les mesures qui mettent en faveur le multiculturalisme canadien. Ça se passe par l'éducation. Bien sûr, ça se passe par la justice, ça se passe par l'information. En fait, tout ce qui est capable de mettre en œuvre cette équité sociale.

On parle justement beaucoup de l’importance de l’éducation pour lutter contre le racisme. Qu’est-ce qui devrait être mis de l’avant dans les écoles de la province selon vous?

W.J. : Je pense que, sans éducation, on ne peut rien. Tout le monde sait que nos enfants, c'est le futur. Un futur vainqueur, c'est en incluant les enfants dans tout ce qu'on fait. Par exemple, dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs, justement, Afrika21 a combiné une activité avec le Cabaret des diversités au Québec, ce sera une première. Les enfants du Québec vont débattre des idées reçues sur la population noire avec les enfants de la Colombie-Britannique le 20 février.

On pense souvent que les enfants ne savent pas ce qui se passe ou ne comprennent pas. Mais je peux vous dire, avec l'expérience que j'ai avec les enfants, que c'est complètement faux. Les enfants doivent s'exprimer et c'est en s'exprimant qu'ils acquièrent aussi la différence des autres et qu'ils l’acceptent au mieux, pour que la différence soit mieux acceptée. Donc, moi, je me dis que dans les écoles, et pas seulement dans les écoles, dans les activités parascolaires, il faut qu'il y ait des débats.

Wanda Jemly, surnommée « tata » Wanda, est originaire du Cameroun et s'est établie en Colombie-Britannique il y a 10 ans, après avoir vécu la majeure partie de sa vie en Suisse. Conteuse jeunesse passionnée, animatrice, auteure et productrice, elle a mis sur pied l'initiative Afrika21 pour mettre en valeur les différentes cultures africaines.

Quel est l’avenir du mouvement Black Lives Matter?

W.J. : Ce mouvement qui est né grâce à l'utilisation facile des réseaux sociaux est maintenant un mouvement planétaire. On a tendance à penser que les gens sont au courant. On voudrait que les gens soient au courant, tout est mis en œuvre maintenant pour qu'ils aient l’information facilement. Pour tout le monde, qu’on soit du fin fond d’un village africain, il n’y a plus de raison de ne pas savoir ce qui se passe pour les Noirs, ou au sujet des Noirs, partout ailleurs. On a accès à l'information et cette fois-ci, on a tous les outils disponibles. Maintenant, que ce mouvement prenne de l'ampleur et espérons que d'ici quelques années, les choses iront au mieux. 

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
une femme regarde la caméra.

Wanda Jemly : ma réalité

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Les manifestations un peu partout en Amérique du Nord pour dénoncer le racisme et la brutalité policière envers la communauté noire ont-elles entraîné un changement des mentalités, un éveil ?

W.J. : Je vais vous dire oui et non. Oui, grâce à l'accès facile à l'information grâce aux réseaux sociaux. Mais la discrimination existe encore complètement [...] dans le fait que tu m'agresses parce que tout simplement je suis différente de toi et que le gouvernement ne fait rien. C'est là où il y a un souci et à mon avis, il y a des aspects que le gouvernement canadien doit regarder malgré tous les efforts qu'il déploie pour empêcher ceci. On se demande quand même s'il n'y a pas d'autres voies qu'il n'a pas exploitées.

Wanda Jemly qui sourit.

Améliorer les relations entre les diverses communautés passe par l'éducation, selon Wanda Jemly.

Photo : eSmile MEDIA

La fin du racisme et de la discrimination est-elle envisageable? Quelles sont les voies qui ne sont pas exploitées?

W.J. : La fin de discrimination? J'ai envie de croire que ça va arriver. Parce que sans ça, pourquoi est-ce que je travaillerais? C’est une partie de mon travail. On parle d'Afrika21, qui est là pour promouvoir (les cultures africaines), pour qu'on vive ensemble. Sans ça, pourquoi est-ce qu'on travaillerait ensemble avec la communauté? Pourquoi seriez-vous en train de poser des questions? Ça veut dire que l’on peut travailler ensemble. J'ai envie de croire que oui, ça peut arriver, mais pour cela, il faut qu'on trouve des mesures. Et moi, j'insiste sur le fait qu’il faut qu'on implique les enfants.

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