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Un Nouvel An lunaire chamboulé par la pandémie

Au terme d’une année tristement marquée non seulement par la COVID-19, mais aussi par le racisme et le vandalisme, les célébrations se feront à distance.

Des gens portant des masques se promènent sur une rue du quartier chinois de Montréal.

Cet hiver, il n'y a ni danse du lion pour attirer la bonne chance et la prospérité ni cuisine de rue pour animer les rues du quartier, témoigne le président de l'Association des commerçants du quartier chinois.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

S’il est d’ordinaire synonyme de grandes festivités, de retrouvailles familiales et de tourisme de masse, le Nouvel An lunaire sera célébré plus sobrement cette année en raison de la pandémie.

Tandis que la Chine, le Vietnam, Taïwan et d'autres gouvernements ont resserré les restrictions de voyage, appelant le public à éviter les grands rassemblements, les membres de ces diasporas au Canada renoueront exceptionnellement à distance.

C'est déstabilisant pour nous tous, pour les communautés asiatiques, lance Sue Wang, avocate du cabinet Mile Wright, au micro du 15-18.

Au cœur du Nouvel An lunaire, il y a la famille, explique-t-elle : c'est l'occasion de retrouver ceux qu'on aime et de passer du temps ensemble.

Mais cette année, pandémie oblige, Sue Wang ne retrouvera ni ses parents ni son frère.

Et elle s'attend à ce que pareil scénario se répète à l'autre bout du globe. Il n'y a pas de retour à la normale en Chine. Le gouvernement a dit qu'on n'est pas supposés de se rassembler. D'habitude, des millions de personnes se déplacent dans leur ville natale. Mais là, ce n'est pas supposé arriver.

À Montréal, il n'y aura ni danse du lion pour porter bonheur et attirer la prospérité ni cuisine de rue pour animer le quartier chinois, explique Jimmy Chan, président de l'Association des commerçants du quartier chinois.

Nous ne pouvons qu'espérer que [la COVID-19] soit bientôt derrière nous et que tout revienne à la normale.

Une citation de :Jimmy Chan, président de l'Association des commerçants du quartier chinois

En attendant, la Ville de Montréal a décidé de lancer une initiative baptisée Avec toi, qui a pour but d'encourager ses citoyens à visiter davantage les commerces du quartier chinois.

Alors que tous les commerçants attendent avec impatience la relance économique, la Ville dit vouloir s'assurer que le quartier chinois en fasse partie.

L'objectif de cet événement virtuel est de favoriser le dialogue interculturel entre les communautés [...] du quartier chinois et les Montréalais et les Montréalaises, en abordant des enjeux en lien avec le racisme, explique la présidente du conseil municipal, Cathy Wong.

Avec toi doit mener à la création d'un forum économique où participeront les différentes associations de la communauté chinoise, dit-elle.

En soutien aux restaurateurs

Pour se plier aux restrictions sanitaires, Sue Wang a choisi de célébrer le Nouvel An lunaire chez elle, et de passer une commande auprès d'un restaurant chinois montréalais afin de soutenir les commerçants qui ont eu la vie dure cette année.

Elle n'est pas la seule à avoir une pensée pour les restaurateurs. À Montréal comme à Toronto, les restaurants des quartiers chinois se disent débordés.

Cette fin de semaine, ça bouge, ça bouge!, assure Edward Ku, l'un des propriétaires du restaurant Dobe & Andy, qui a pignon sur la rue Saint-Urbain, dans le centre-ville de Montréal. C'est presque le double ou le triple de notre business cette fin de semaine, c'est vraiment important, ajoute-t-il.

Une passante avec un masque regarde une affiche d'un homme manipulant des pâtes.

Les rues du quartier chinois de Montréal se sont peu à peu vidées au cours de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Affrontant la fermeture des salles à manger, les restaurateurs de cuisine asiatique ont dû faire face à un autre défi.

L'arrivée du nouveau coronavirus, dont les premières éclosions sont survenues dans la ville chinoise de Wuhan, s'est accompagnée d'actes de vandalisme et de crimes haineux.

D'un bout à l'autre du pays, un phénomène semblable a pu être observé. Lieux de culte vandalisés, sculptures couvertes de graffitis, pagodes détruites : l’inquiétante hausse de ces manifestations violentes a pesé sur les communautés asiatiques.

À Montréal, les choses se sont un peu calmées, selon Jimmy Chan. Mais il arrive encore que des commerces soient la cible de vandales.

C'est notamment le cas du restaurant Impérial, dans le quartier chinois de Montréal, où le comptoir de commandes pour emporter a été saccagé pas plus tard que la semaine dernière.

Selon Sue Wang, il y a encore beaucoup de violences et d'actes de harcèlement contre les communautés asiatiques.

La jeune avocate ajoute : Je pense qu'il est important de comprendre que ce n'est pas parce que ce n'est pas rapporté dans les médias que ça n'existe plus.

Avec des informations de Marie-Isabelle Rochon

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