•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les troubles alimentaires chez les jeunes Ontariens ont augmenté dans les derniers mois

La pratique de la pesée dans certains établissements scolaires est contestée par plusieurs, qui s'inquiètent des effets dévastateurs sur les jeunes souffrant de troubles alimentaires.

Des données en provenance des hôpitaux pour enfants partout au Canada démontrent qu'il y a une augmentation de jeunes patients souffrant de troubles alimentaires, selon l'Association canadienne des médecins d'urgence (CAEP).

Photo : iStock

Nicolas Haddad

Les visites aux urgences et les hospitalisations liées aux troubles alimentaires ont augmenté chez les jeunes ontariens, selon la Santé publique de l’Ontario.

Des données analysées par le Centre d’excellence pour la santé mentale et la lutte contre les dépendances et présentées par la Santé publique, jeudi après-midi, suggèrent que les Ontariens âgés de 3 à 17 ans ont beaucoup plus souvent eu recours aux hôpitaux pour des troubles alimentaires en 2020, comparés aux trois années précédentes.

Les troubles alimentaires se regroupent souvent sous quatre types : l'anorexie mentale, la boulimie mentale, l'hyperphagie boulimique, et les troubles alimentaires non spécifiés.

Dr Adalsteinn Brown lors d'une conférence de presse en avril 2020.

Dr Adalsteinn Brown, coprésident de la table de consultation scientifique sur la COVID-19 de l'Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Si on regarde quand la pandémie a commencé, cette période de mars et d'avril, on constate une augmentation importante du taux d'admissions et du taux de visites aux services d'urgence pour ce genre de problème, explique le coprésident de la Table de consultation scientifique sur la COVID-19 de l'Ontario, le Dr Adalsteinn Brown.

Selon les chiffres présentés jeudi, la tendance a atteint son sommet en juillet 2020, et aurait légèrement baissé par la suite. Notons toutefois que les données présentées par la province ne vont qu’au mois de septembre.

La province a publié ces données pour offrir quelques indicateurs sur la santé mentale des Ontariens en période de pandémie, présentant aussi des informations sur le volume de visites aux salles d'urgence, et les décès dus aux opioïdes.

Un lien direct entre la pandémie et ce phénomène à la hausse

Selon la psychologue clinicienne Iryna Ivanova, c’est sans surprise que la pandémie a engendré ce phénomène, puisque les patients souffrant de troubles alimentaires ont tendance à voir leurs symptômes s’aggraver plus ils sont isolés.

Portrait photo de la Dre Iryna Ivanova.

La Dre Iryna Ivanova est une psychologue spécialisée en troubles alimentaires basée à Ottawa.

Photo : Avec l'autorisation de la Dre Ivanova

En général, les troubles alimentaires se développent autour de l’adolescence, ce qui explique la montée en flèche de ce phénomène chez les enfants et les jeunes.

Une citation de :Dre Iryna Ivanova, psychologue clinicienne pratiquant dans la région d’Ottawa

Je pense que les personnes les plus vulnérables sont celles qui avaient des conditions préexistantes. Il se peut qu’ils suivaient des thérapies, ou qu’ils aient été en récupération, et que leurs soutiens aient été coupés ou restreints, ce qui aurait pu aggraver leurs symptômes, explique la Dre Ivanova.

Le Centre national d'information sur les troubles de l'alimentation (NEDIC) indique qu’il a constaté une augmentation de 104 % de ses services auprès des 11 à 19 ans, et que le volume de services qu’il a offert à ses clients a presque doublé en 2020.

Gros plan sur l'affiche de l'édifice.

Le Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO), situé à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

De son côté le Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO) rapporte que le nombre d'évaluations d'urgence demandées (c'est-à-dire les consultations aux urgences pour les jeunes arrivant dans un état hautement médicalement compromis en raison des symptômes de leur trouble alimentaire) entre le 1er avril et le 31 octobre a augmenté de 50 % par rapport à l'année précédente.

Un porte-parole de l'hôpital souligne que ce que nous voyons au CHEO est vécu par nos partenaires en santé mentale dans toute la région.

Une tendance à l’échelle canadienne

Selon le Dr Tim Lynch, médecin d'urgence pédiatrique à l'hôpital pour enfants de London, en Ontario, de nombreuses données ont été fournies par les hôpitaux pour enfants d’à travers le pays et elles démontrent qu'il y a une augmentation du nombre de patients souffrant de troubles alimentaires.

C'est un problème pancanadien. Mes collègues spécialisés en urgence pédiatrique rapportent ce phénomène à l'est de l’Ontario comme à l'ouest.

Une citation de :Tim Lynch, membre du conseil d'administration de l'Association canadienne des médecins d'urgence et spécialiste en médecine d'urgence pédiatrique

Il estime aussi que la pandémie a augmenté le nombre de patients souffrant de troubles alimentaires sur deux fronts.

C'est une multiplication par deux : dans un premier temps, il y a beaucoup de nouveaux cas, et dans un deuxième temps, les patients avec des troubles alimentaires préexistants ont vu leurs symptômes s’exacerber.

Ce dernier met aussi ses collègues en garde contre un nouveau type de patient souffrant de troubles alimentaires sous-représenté avant la pandémie de COVID-19.

De façon anecdotique […] nous voyons un nouveau sous-groupe de patients atteints de trouble alimentaires apparaître. Il s’agit d'hommes sportifs qui sont à la maison en train de faire beaucoup d'exercice pour faire face au stress engendré par la pandémie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !