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Psychologie de la vie quotidienne : l’émission de radio qui soignait l’âme de 1956 à 1965

Femme qui tient des feuilles devant un micro et deux hommes dans un studio radio.

L'émission de radio « Psychologie de la vie quotidienne » a été en ondes de 1956 à 1965. Sur cette photo, le psychologue Théo Chentrier et l'animatrice Lizette Gervais en studio en février 1964.

Photo : Radio-Canada / Jean-Louis Frund

Radio-Canada

Sur nos ondes de 1956 à 1965, l’émission de radio Psychologie de la vie quotidienne a connu un vif succès. Théo Chentrier, psychologue à la voix à la fois tendre et bourrue, a répondu durant près d’une décennie aux milliers de lettres des auditeurs aux prises avec les maux de l'âme et de la vie. Retour sur cette émission à l’occasion de la Journée mondiale de la radio.

« Psychologie de la vie quotidienne, les propos de Théo Chentrier sur les difficultés de vivre avec nous-même et avec les autres. »

C’est par cette phrase de présentation que débutait chaque épisode de Psychologie de la vie quotidienne.

L’émission était diffusée à la radio tous les matins à 10 h 15, en reprise le soir à 19 h 30. Ce qui servait autant les hommes que les femmes, comme l’expliquait Françoise Faucher dans Les nouvelles illustrées du 15 avril 1961.

Certaines femmes ayant apprécié les propos de monsieur Chentrier le matin s’arrangeaient, mine de rien, pour que le mari puisse en bénéficier le soir.

Françoise Faucher, animatrice

Quatre animatrices ont accompagné tour à tour le professeur Chentrier : Mia Riddez, Françoise Faucher, Lizette Gervais et Janine Paquet.

Aux yeux de Françoise Faucher, l’émission n’était pas un courrier du cœur, une expression qui pour elle avait quelque chose de larmoyant.

Disons-le, un courrier du cœur console, mais monsieur Chentrier libère et aide à construire.

Françoise Faucher

Théo Chentrier était membre de la Société psychanalytique de Paris, professeur au Département de psychologie de l’Université de Montréal à partir de 1948 et cofondateur de la Société canadienne de psychanalyse en 1952.

C’est donc une vaste expérience que le professeur mettait au service des petites et grandes misères humaines. Chentrier répondait aux lettres de mères préoccupées par l’éducation des enfants, aux maris qui ne savaient comment apprivoiser leurs femmes, à ceux qui se trouvaient mal mariés, etc.

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Vieux modèle d'appareil de radio de table de
marque General Electric.

Psychologie de la vie quotidienne, 18 juin 1965 (audio)

Photo : Radio-Canada / Guy Dubois

Dans cette émission du 18 juin 1965 coanimée par Lizette Gervais, une mère s’inquiète de la conduite frivole et instable de sa fille de 20 ans. Le professeur Chentrier lui donne son opinion et s’étonne que la mère ait attendu que sa fille ait 20 ans pour consulter.

Une autre femme qui regrette son mariage avec un homme sans ambition demande au docteur s’il pourrait lui suggérer un livre qui lui permettrait de trouver quelques encouragements. L’auditrice signe : « À 29 ans, je n’en peux plus ».

Ce livre que vous cherchez n’existe pas, mais il y en a des centaines qui pourraient faire office de vous aider à vivre heureuse. N’importe quel livre peut nous aider à vivre s’il est bien écrit, non pas par les choses qu’il nous dit, mais par les réflexions qu’il nous fait faire.

Théo Chentrier
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Trois modèles d'appareil de radio portatif à
pile ou électrique datant de 1937 à 1960.

Psychologie de la vie quotidienne, 25 juin 1965 (audio)

Photo : Radio-Canada / Guy Dubois

Dans cet autre épisode du 25 juin 1965, animé cette fois par Janine Paquet, un homme s’ennuie en présence de sa femme qu’il a choisie trop rapidement. « Je me suis marié pour le sexe et je me suis rendu compte qu’il n’y a pas moyen de dialoguer avec celle qui est ma femme. Elle a un grand cœur, mais est un peu faible d’esprit. » L’homme signe : « À la dérive ».

Vous n’avez connu que le désir et vous l’avez pris pour de l’amour. C’est une erreur qu’un enfant bien élevé ne devrait pas commettre. Voilà ce que c’est de ne jamais parler d’amour à la jeunesse, ce serait là pourtant la meilleure préparation au mariage. On fait des années d’études pour s’assurer un gagne-pain et on ne fera pas 20 heures d’études pour se préparer à bien choisir son conjoint.

Théo Chentrier

Les nombreuses lettres que recevait le professeur Chentrier n’étaient pas toutes lues en ondes. Les missives devaient avoir une grande portée ou permettre d’énoncer des idées nouvelles.

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Un homme fume la pipe des feuilles et un crayon à la main.

La vie quotidienne, 29 janvier 1979 (audio)

Photo : Radio-Canada / Jean-Louis Frund

À l’émission La vie quotidienne du 29 janvier 1979, la fille de Théo Chentrier, la comédienne Monique Chentrier-Hoffmann, revient sur le parcours de son père.

Il était avant tout un professeur, d’abord de lettres, et ce n’est que plus tard qu’il est venu à la psychologie et à la psychanalyse. Un homme érudit qui parlait plusieurs langues, passionné par les civilisations anciennes.

Théo Chentrier était très préoccupé par la communication et le dialogue entre individus. Il pouvait parfois paraître dur en ondes, mais était persuadé que chacun portait en lui la réponse à ses problèmes.

Je ne donne jamais de solutions, j’amène plutôt ceux qui m’écoutent à réfléchir et à remarquer un point de vue auquel ils n’avaient pas songé. Une fois en possession d’une méthode de réflexion, la paix, le bonheur et la joie sont à leur portée.

Théo Chentrier

Théodore Chentrier, né à Marseille le 18 novembre 1887, est décédé à Montréal le 3 juillet 1965, quelques mois après avoir enregistré les dernières émissions de Psychologie de la vie quotidienne.

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