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Pourquoi la France résiste-t-elle aux appels à se reconfiner?

La France recense environ 20 000 nouvelles contaminations à la COVID-19 chaque jour. C’est l’un des plus importants bilans d’Europe par habitant; presque le triple de sa voisine, l’Allemagne, où des restrictions sévères sont en place au moins jusqu’en mars. Alors, qu'attend la France?

Un coureur sur les bords de Seine avec la tour Eiffel illuminée en arrière-plan.

Dans 15 départements du pays, un couvre-feu s'applique à partir de 18 h.

Photo : afp via getty images / Martin Bureau

En début de semaine, la déclaration du ministre de la Santé a surpris. Et apporté un peu d’espoir aux Français : « Il est évidemment possible, a-t-il dit, qu'on ne soit jamais reconfinés. »

Olivier Véran formalisait ainsi un changement dans l’attitude et la stratégie françaises. Après tout, c’est lui-même qui, deux semaines plus tôt, préparait les Français à un troisième confinement.

Le couvre-feu a un impact, mais il n'est pas suffisant face aux variants plus contagieux, avait alors expliqué le ministre.

Et comme le nombre de nouvelles contaminations augmentait, et que la pression sur le système hospitalier demeurait élevée, le confinement semblait une évidence.

Sauf que cette mesure stricte n’est jamais arrivée. La France a plutôt décidé de fermer davantage ses frontières et de renforcer les contrôles policiers du couvre-feu de 18 h.

Aujourd’hui, le ministre de la Santé juge la situation sanitaire fragile et incertaine, mais il n’est toujours pas question de confinement, et ce, même si la pression dans les hôpitaux est à son niveau le plus élevé depuis la seconde vague de l’automne.

Repousser l’inévitable?

Dans cette bataille sanitaire, le gouvernement français cherche à gagner du temps; à retarder l’imposition d’un éventuel confinement le plus longtemps possible afin d’en réduire ses conséquences économiques et psychologiques.

M. Véran devant un drapeau de la France.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'adresse aux Français lors d'une conférence de presse le 11 février 2021 à Paris.

Photo : Getty Images / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Chaque semaine qu'on gagne, a déclaré le ministre Véran, c'est une semaine où on permet à nos commerces de fonctionner. C'est une semaine pendant laquelle on permet aux Français de sortir librement, en dehors des horaires du couvre-feu.

Le gouvernement semble moins influencé par les sirènes d’alarme appelant à confiner vite et fort. D’ailleurs, le président Emmanuel Macron l’a fait savoir : il en a assez des experts qui n’ont que le confinement à suggérer.

Avec une situation épidémiologique pire que celle de l’Allemagne à bien des égards, la France maintient ses écoles et ses commerces ouverts. Les établissements culturels et sportifs demeurent fermés, de même que les bars, les restaurants et les frontières.

Le gouvernement espère que toutes les mesures qu’il met en place, conjuguées aux présentes vacances d’hiver, suffiront à contrôler la hausse des contaminations.

En effet, les indicateurs sont relativement stables depuis plusieurs semaines : pas de diminution du nombre de malades hospitalisés, mais pas de forte hausse non plus.

Le risque des variants

La situation française demeure cependant fragile. Au point où personne – même au sein du gouvernement – n’écarte complètement la possibilité de devoir confiner de nouveau.

Des travailleurs de la santé s'affairent dans une chambre où une femme est couchée sur le ventre.

Du personnel soignant de l’Hôpital de la Timone, à Marseille, soigne une patiente gravement atteinte de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Ce sont les variants de la COVID-19 qui pourraient bien faire basculer le quotidien des Français; des variants plus contagieux qui seraient déjà responsables du quart des nouvelles contaminations dans l’Hexagone, selon les données les plus récentes.

La présence des variants sud-africain et brésilien dans l’est de la France inquiète particulièrement les autorités. En Moselle, des centaines de cas ont été recensés dans les derniers jours.

Là-bas, certains réclament un confinement local, de même que la fermeture des écoles et des frontières avec l’Allemagne et le Luxembourg voisins.

Pour l’instant, la présence de ces variants semble limitée à un département. Les autorités sont sur le qui-vive et espèrent éviter une flambée rapide des cas un peu partout en France.

C’est justement la présence de ces variants qui a convaincu l’Allemagne de jouer de prudence en prolongeant la plupart de ses restrictions.

Prochainement, ces mêmes variants pourraient aussi forcer la France à plonger dans un autre confinement.

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