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Analyse

Les femmes, davantage touchées par la crise

Un écriteau sur une porte indiquant que le commerce est fermé.

Les secteurs de l'économie qui emploient plus de femmes sont aussi les plus malmenés.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Depuis le début de la pandémie, il y a près d’un an, nous constatons que les femmes sont plus touchées par la crise sur le plan économique que les hommes. Les dernières données statistiques, au Canada comme aux États-Unis, le confirment.

Les secteurs les plus malmenés par les fermetures sont des segments de l’économie qui emploient généralement plus de femmes que d’hommes : le commerce de détail, la restauration et l’hébergement, notamment. On pourrait ajouter également les établissements d’enseignement et les garderies.

Il faut souligner aussi que la pression est particulièrement forte, en ces temps de pandémie, sur toutes les femmes en première ligne, nombreuses et majoritaires dans plusieurs fonctions de la santé et des services sociaux.

Les emplois des secteurs moins touchés, qui ont maintenu leurs activités ou qui sont considérés comme des moteurs de reprise par les gouvernements, sont davantage occupés par des hommes, principalement les industries manufacturières et la construction.

Davantage de pertes d’emploi chez les femmes

Les chiffres – et je vous préviens, je vais vous en présenter toute une gamme ici – montrent clairement que la crise actuelle touche davantage les femmes.

Selon Statistique Canada, il s’est perdu 213 000 emplois en janvier 2021 au pays. Chez les 25-54 ans, on compte 33 500 pertes d’emploi chez les hommes, mais 73 400 chez les femmes. Le taux de chômage est de 7,5 % chez les hommes de 25 à 54 ans, et de 7,8 % chez les femmes de la même tranche d'âge.

Par rapport à janvier 2020, on compte 156 000 emplois de moins chez les hommes de 25 à 54 ans, et 193 000 emplois perdus chez les femmes du même groupe d’âge.

Comme en mars et en avril 2020, écrivait Statistique Canada le 5 février 2021, lorsque l'arrêt initial de l'activité économique lié à la COVID-19 avait entraîné de plus fortes baisses de l'emploi chez les femmes que chez les hommes, le recul de l'emploi enregistré en janvier a été plus de deux fois plus important chez les femmes du principal groupe d'âge actif que chez les hommes du même groupe d'âge.

Le niveau d’emploi des femmes de 25 à 54 ans est de 3,2 points de pourcentage sous son niveau de février 2020 contre 2,7 points chez les hommes. Et la chute des postes à temps partiel a surtout concerné les jeunes de 15 à 24 ans et les femmes de 25 à 54 ans, alors qu’ils sont plus susceptibles de travailler à temps partiel dans des secteurs directement touchés par les mesures de santé publique liées à la COVID-19, y compris le commerce de détail et les services d'hébergement et de restauration.

Au Québec, l’Institut de la statistique confirme la tendance. La pandémie a davantage affecté la participation au marché du travail des femmes au troisième trimestre de 2020, écrivait l’ISQ le 9 février 2021. [...] Le rattrapage de l’emploi était toujours plus lent chez les femmes que chez les hommes au quatrième trimestre de 2020, mais l’écart entre les sexes s’est réduit par rapport à ce qui avait été observé au troisième trimestre.

Beaucoup de femmes quittent le marché du travail

Aux États-Unis, on est passé de 47,6 millions de femmes de 25 à 54 ans dans la population active en janvier 2020 à 44,9 millions en janvier 2021. Chez les femmes qui sont les principales pourvoyeuses familiales, le taux de chômage est passé de 7,2 % en décembre 2020 à 8,3 % en janvier 2021.

En point de presse, le 5 février 2021, Jared Bernstein, membre du Conseil économique de la Maison-Blanche, disait que, chez les 25-54 ans, 2,6 millions de femmes avaient quitté la population active depuis février 2020, une baisse de 4 points de pourcentage.

Il disait que c’était très préoccupant pour l’administration Biden et que cela reflétait clairement le fait que les industries les plus fortement touchées par la pandémie – les services touristiques, les secteurs relationnels, les loisirs, l’hébergement, la restauration – et la hausse des responsabilités domestiques ont sorti beaucoup de femmes de la population active.

Les discours et les solutions

La ministre fédérale des Femmes et de l'Égalité des genres, Maryam Monsef, a annoncé jeudi un fonds de 100 millions de dollars pour des projets visant à aider les personnes les plus démunies, en particulier les femmes. C’est certainement un début.

Toutefois, la crise que nous connaissons depuis un an est unique. Elle est différente des récessions que nous avons pu traverser au cours des dernières décennies. L’une de ses particularités, c’est d’atteindre plus fortement les femmes sur le plan économique. Les choix des décideurs politiques doivent en tenir compte, d’abord dans leurs discours, mais aussi dans leur soutien.

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