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GardaWorld mandatée par le fédéral pour faire respecter la quarantaine des voyageurs

Deux agents travaillent derrière leur camion.

Au Québec, l'entreprise GardaWorld a été mandatée pour s'assurer de l'application de la Loi sur la quarantaine. D'autres compagnies de sécurité ont obtenu des contrats ailleurs au Canada.

Photo : Radio-Canada

Après la Sûreté du Québec, c'est au tour de l'entreprise de sécurité privée GardaWorld d'être mandatée par le gouvernement fédéral pour s’assurer de l'application de la Loi sur la mise en quarantaine auprès des voyageurs qui reviennent au Québec.

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, GardaWorld aurait reçu le feu vert de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), le 29 janvier, et ce, pour une durée indéterminée.

Depuis cette date, ce sont plus de 5100 vérifications qui ont été effectuées.

Nos agents de contrôle se rendent aux résidences des personnes revenant de voyages non essentiels et doivent discuter à distance avec les voyageurs. Ils s'assurent que les règles de la quarantaine sont respectées, nous explique-t-on.

Ils reçoivent une liste de noms et d'adresses tous les matins. Ils ont une application mobile qui enregistre toutes les preuves. Nous envoyons un rapport hebdomadaire à l'ASPC. Nos agents ne donnent aucun avis.

Une citation de :Isabelle Panelli, directrice principale, marketing et communications, chez GardaWorld

Si certains voyageurs n'ont jamais été contactés par les autorités pendant leur quarantaine, ou du moins très rarement, d'autres comme Franck et Julie ont reçu la visite d'un agent de contrôle de GardaWorld.

Depuis qu'on est arrivé, on a eu droit à des appels automatisés, à de vrais appels, [...] mais il y a quelques jours, à 8 h 30, la porte a sonné. On croyait que c'était la poste, mais finalement c'était une dame identifiée avec un blouson Garda. Elle a demandé à voir nos passeports, nous explique le couple montréalais, encore cloîtré dans son appartement pour quelques jours.

Malgré un échange courtois, certaines interrogations demeurent, notamment au sujet de la sécurisation des données.

On espère que le gouvernement fédéral va s'assurer qu'elles ne soient pas partagées à cette société privée, notamment toutes celles qui ont été colligées sur l'application ArriveCAN, expliquent-ils.

Mauvaise identification, absence de vérification

À quelques kilomètres de là, Anne-Sophie, 29 ans, vient tout juste de terminer sa quarantaine. Elle a également reçu une visite à domicile qui l’a laissée plutôt perplexe.

Il ne m'a pas demandé ma carte d'identité. J'aurais pu être une autre personne et dire que c'était moi. Je me demande si cela valait vraiment la peine de venir, car il n'avait pas moyen de vérifier qui j'étais. Autant appeler, c'est la même chose, soutient Anne-Sophie.

Il a dit "je vais rester à distance dans le cadre de la distanciation sociale", mais j'imagine que j'aurais pu la lui déposer sur le palier, ou à mi-chemin. Sauf qu'il ne me l'a pas demandé. L'échange a duré moins de deux minutes, détaille-t-elle.

Elle s'interroge sur l'efficacité de tels contrôles, à la fois concernant l'identification de la personne qui se présente, mais aussi sur la transparence qu'elle induit.

Quitte à faire l'effort collectif, et faire des mesures qui sont intrusives, autant les faire correctement, avec de bonnes vérifications. Arriver comme ça sans se présenter, sans expliquer pourquoi c'est important, pour repartir aussi rapidement. On nous demande de remplir beaucoup de choses, je pense qu'en retour, c'est le minimum de savoir qu'on est bien encadré, mais aussi accompagné, renchérit la voyageuse.

Il faut un vrai protocole

Cette situation préoccupe grandement la Dre Marie-France Raynault, spécialiste en santé publique.

C'est très sommaire. Je pense qu'il faudrait faire quelque chose de vraiment plus rigoureux. La première vérification à faire [et qui est évidente] est qu'on se trouve bien devant la personne qui est de retour de voyage et qui doit être mise en quarantaine, indique la docteure qui est chef du département de médecine préventive et de santé publique au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Selon elle, les suivis doivent être resserrés.

Il ne faudrait pas que ça soit des visites au rabais. Ça demande une formation légale, ce n'est pas simplement de passer à la porte, il faut que les gens qui effectuent ces contrôles sachent dans quels cas la loi s'applique.

Une citation de :Dre Marie-France Raynault, chef du département de médecine préventive et de santé publique au Centre hospitalier de l’Université de Montréal

Il faut qu'ils aient aussi des techniques d'entrevues, car il faut poser des questions sur les symptômes. Cela ne fait pas nécessairement partie de la formation des gens qui travaillent chez Garda ordinairement. Il faut un vrai protocole, estime la docteure Raynault.

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