•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Russie accusée à l'ONU d'obstruction à une solution dans l'est de l'Ukraine

Un homme masqué marche dans une tranchée, un fusil sur l'épaule.

Le conflit dans le Donbass dure depuis presque 10 ans.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Agence France-Presse

La Russie a été accusée jeudi par les États-Unis et les Européens, lors d'une visioconférence du Conseil de sécurité de l'ONU, d'obstruction à une solution dans l'est de l'Ukraine, ce dont s'est défendu Moscou.

La Russie doit immédiatement cesser son agression dans l'est de l'Ukraine et mettre fin à son occupation de la Crimée, a souligné le représentant des États-Unis, Rodney Hunter.

Nous appelons la Russie à retirer ses forces d'Ukraine, à cesser de soutenir ses mandataires et d'autres groupes armés, et à mettre en oeuvre tous les engagements qu'elle a pris dans le cadre des accords de Minsk en 2014 et en février 2015, a ajouté le diplomate américain.

La réunion avait été convoquée à la demande de Moscou à l'occasion de l'anniversaire des accords de Minsk II.

Petro Porochenko au Parlement ukrainien.

Le président ukrainien Petro Porochenko était au pouvoir au moment de la signature des accords de Minsk.

Photo : Getty Images / GENYA SAVILOV

Dans une déclaration commune, les membres européens du Conseil – Estonie, France, Irlande, Norvège et Royaume-Uni, rejoints par l'Allemagne, qui a parrainé avec Paris des accords de Minsk entre Moscou et Kiev – ont condamné fermement la déstabilisation continue de certaines zones des régions de Donetsk et Louhansk dans l'est de l'Ukraine.

En utilisant la force contre l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine, la Russie viole clairement les principes fondamentaux du droit international, ajoute leur déclaration.

Nous appelons à nouveau la Russie à cesser immédiatement d'alimenter le conflit en apportant un soutien financier et militaire aux formations armées qu'elle appuie, et nous restons profondément préoccupés par la présence de matériel et de personnel militaires russes dans les zones non contrôlées par le gouvernement d'Ukraine, ont précisé les Européens.

Kiev fait semblant d'appliquer les accords, rétorque Moscou

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a rejeté les critiques occidentales et assuré que l'Ukraine ne mettait pas en oeuvre les mesures des accords de Minsk. Avec le soutien de ses protecteurs, Allemagne et France, Kiev fait semblant d'appliquer les accords, mais déploie une indifférence totale à l'égard des habitants du Donbass, a-t-il affirmé.

Son homologue allemand, Christoph Heusgen, qui a participé aux négociations de Minsk dans le cadre de précédentes fonctions auprès de la chancelière allemande Angela Merkel, s'est attaqué point par point à l'argumentaire de l'ambassadeur russe.

Dans son discours, le représentant de la Russie a évoqué des paragraphes des accords, mais pas celui lié au retrait des armes lourdes, a lancé le diplomate allemand. À ce jour, les armes lourdes russes n'ont toujours pas été retirées de la ligne séparant les belligérants en violation des accords de Minsk, a-t-il asséné.

Quant à la mission de surveillance spéciale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), elle ne peut pas faire son travail, a dénoncé Christoph Heusgen. Elle n'a pas d'accès à la frontière entre l'Ukraine et la Russie, zone qui échappe au contrôle du gouvernement ukrainien. Et en conséquence, la Russie peut, jour après jour, envoyer des soldats et de l'armement à Louhansk et Donetsk, a-t-il souligné.

Nous n'acceptons pas le discours de la Russie qui consiste à rejeter sur l'Ukraine seule la responsabilité des blocages et à proférer des accusations infondées contre la France et l'Allemagne, a affirmé de son côté l'ambassadeur français à l'ONU, Nicolas de Rivière.

La secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo.

La secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo

Photo : Reuters / DENIS BALIBOUSE

La secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a souligné que tant qu'une solution politique durable au conflit dans l'est de l'Ukraine n'aura pas été trouvée, la situation sur le terrain restera fragile.

Le risque d'un retour en arrière est réel si les négociations sont bloquées [et] nous sommes profondément préoccupés par l'augmentation des incidents de sécurité [dans l'est]. Cette dangereuse tendance doit être rapidement inversée.

Une citation de :Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques

Le conflit entre des combattants soutenus par la Russie et les troupes ukrainiennes a fait plus de 13 000 morts depuis 2014, quand Moscou a annexé la Crimée et que des forces prorusses dans l'est de l'Ukraine se sont rebellées contre Kiev.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !