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Des initiatives pour attirer plus de femmes en politique municipale

Cérémonie d'assermentation des conseillers et de la mairesse de Rouyn-Noranda

Le conseil municipal de Rouyn-Noranda a réussi à atteindre la parité aux élections de 2017. (archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Rivest

À moins d’un an des élections municipales de 2021, plusieurs initiatives se mettent en place afin de favoriser un plus grand nombre ainsi qu’une plus grande diversité des candidatures.

Dans sa campagne de communication intitulée « Je me présente », lancée en novembre dernier, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation a notamment identifié les femmes en tant que public cible, avec comme objectif d’augmenter les candidatures féminines.

Selon l’Union des municipalités du Québec, la représentation féminine au sein des conseils municipaux de la province a atteint 32,3 % lors des élections de 2017, une hausse de 2,4 % par rapport à 2013. Malgré cette légère hausse, seuls 19 % des postes à la mairie sont actuellement occupés par des femmes. Ce nombre est de 35% pour les conseillères municipales.

Plusieurs organisations travaillent toutefois afin de faire évoluer ces statistiques vers la parité. C’est le cas du groupe Femmes, Politique et Démocratie, qui s’est donné comme mission d’éduquer à l’action citoyenne et démocratique et de promouvoir une plus grande participation des femmes en politique.

Offerte depuis plusieurs années, la formation concernant l’organisation d’une campagne électorale s’est adaptée en cette année particulière. Elle se nomme maintenant : Organisation d’une campagne électorale en temps de pandémie. Luc Samama, consultant en développement stratégique pour Conjoncture Affaires publiques, est responsable d’offrir la formation. Selon lui, les femmes désirant prendre leur place en politique active sont de plus en plus nombreuses.

Oui, il y a un engouement. À la fois pour les formations, à la fois pour les femmes de prendre leur place et d’investir les lieux de pouvoir, notamment les postes de conseillères ou de mairesse. On sent un engouement certain à la fois pour se présenter et à la fois pour se préparer le mieux possible, en se donnant des outils leur permettant de se présenter et éventuellement de se faire élire, souligne M. Samama.

Marijo Demers fait partie des femmes ayant eu l’occasion de suivre cette formation, offerte en visioconférence en raison de la pandémie. Celle qui enseigne présentement les sciences politiques au Cégep de St-Hyacinthe et qui a porté les couleurs de Québec solidaire dans cette ville aux dernières élections provinciales souhaite maintenant briguer la mairie de St-Hyacinthe en novembre prochain. Le parti politique qu’elle a fondé dans ce contexte sera paritaire, assure-t-elle.

Pour Mme Demers, la formation était l’occasion idéale pour se doter des outils nécessaires au succès de sa campagne électorale en période de pandémie.

Marijo Demers, candidate à la mairie pour Saint-Hyacinthe unie.

Marijo Demers, candidate à la mairie pour Saint-Hyacinthe unie

Photo : gracieuseté

Ce que je suis allée retirer de ça, ce sont des façons de faire, des outils et des méthodes pour aller toucher, parler à l’électorat, évidemment en tout respect des consignes de la santé publique. Aller penser aussi à des moyens de se réinventer, parce qu’on ne se le cachera pas, la politique, c'est le dialogue, c’est l'interaction, c’est la rencontre avec les citoyens. Et quand il y a pandémie, ça vient directement toucher à ça, affirme Mme Demers.

Des défis à surmonter

Même si la situation tend à s’améliorer, plusieurs défis se présentent encore devant les femmes qui souhaitent se présenter en politique. Pour Marijo Demers, l’un des principaux est la conciliation travail-famille.

Prenons mon exemple. Ce n’est pas un obstacle ou une embûche insurmontable, mais je suis une mère monoparentale avec deux enfants. Au sein de mon équipe de candidature, il y a d’autres parents, dont plusieurs femmes. Cette fameuse conciliation travail-famille, elle pose déjà un défi. Et de se lancer en politique durant l’âge préscolaire, primaire ou secondaire des enfants, c’est un pensez-y bien, soupèse-t-elle.

Selon Mme Demers, les femmes doivent, encore aujourd’hui, en faire parfois plus que les hommes afin d’accéder à certains postes de pouvoir.

Les femmes, dans plusieurs secteurs, et la politique ne fait pas exception, ont parfois à briser ce plafond de verre ou à démontrer plus que nécessaire l’étendue de leur expertise, de leur professionnalisme et de leur CV. C’est en train de changer, mais on voit avec les chiffres qu’il y a place à beaucoup plus de parité, estime-t-elle.

S’entraider vers la parité

À Rouyn-Noranda, les citoyens ont élu en 2017 un conseil municipal paritaire, avec 5 conseillères sur 12 sièges, en plus de l’élection de la mairesse Diane Dallaire. Selon Samuelle Ramsay-Houle, qui a été élue cette année-là conseillère du district d’Évain, de nombreux outils sont à la disposition des femmes qui souhaitent faire le saut en politique.

Il y a plusieurs réseaux qui existent à différents niveaux. Au provincial, il y a des groupes qui offrent des formations et du réseautage avec des femmes élues. En Abitibi-Témiscamingue, il y a le regroupement des femmes élues de l'Abitibi-Témiscamingue qui existe. Ils ont un bottin de toutes les femmes élues au municipal. À chaque année électorale, ils offrent un guide pour les femmes qui voudraient se lancer en politique municipale. C’est super intéressant, ça peut nous aider et répondre à certaines questions qu’on peut avoir avant de se lancer, dit-elle.

Samuelle Ramsay-Houle est à côté de la poussette dans laquelle sont assis ses deux jeunes enfants.

Samuelle Ramsay-Houle, conseillère municipale (archives)

Photo : Gracieuseté de Samuelle Ramsay-Houle

Pour Mme Ramsay-Houle, la collaboration entre femmes élues et celles qui souhaitent faire le saut est un excellent moyen d’augmenter la représentativité féminine.

Le parrainage, ou plutôt le marrainage dans ce contexte-ci, je trouve ça vraiment excellent. Juste de faire appel à quelqu’un qui est déjà en fonction. Moi je m’offre! Si tu es une femme et que tu désires te présenter en politique muncipale, ça va me faire vraiment plaisir de te parler de c’est quoi la réalité, de t’informer pour être bien au courant de tout ce que ça implique. C’est de foncer et de le vivre, déclare-t-elle.

Selon Mme Ramsay-Houle, il est important que les femmes soient bien représentées en politique, mais également toutes les franges de la population

Une bonne représentativité de notre population, c’est ce qui peut jouer le plus en notre faveur au niveau politique. Des femmes, des hommes, des jeunes et moins jeunes, des communautés ethniques et des personnes handicapées. Plus on va avoir une variété de gens, mieux ça va être et mieux on va pouvoir servir l’ensemble de la population, conclut-elle.

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