•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Immigration : des voix s'élèvent pour une compétence provinciale au Nouveau-Brunswick

Trois passeports canadiens en gros plan.

Le Nouveau-Brunswick espère attirer un immigrant francophone sur trois à partir de 2024 (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Seulement 27 % des nouveaux arrivants au Nouveau-Brunswick en 2020 parlent français. Face aux résultats décevants du Programme pilote d’immigration au Canada atlantique du fédéral, des organismes néo-brunswickois demandent le rapatriement de l'immigration sur le plan provincial, comme au Québec.

Un texte de Frédéric Cammarano

Le Nouveau-Brunswick espère attirer un immigrant francophone sur trois à partir de 2024.

Pour que le gouvernement atteigne sa cible, la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB) estiment que la province devrait gérer elle-même son immigration.

Le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet, propose au gouvernement du Nouveau-Brunswick de négocier une entente avec le fédéral, similaire à celle qui a été conclue au Québec dans les années 1990.

Selon M. Doucet, une telle entente permettrait à la province d'obtenir les fonds pour faire de l'immigration non seulement chez les anglophones, mais aussi chez les francophones.

Viser 50 %

De 2014 à 2018, les immigrants francophones représentaient 7 % des nouveaux arrivants du Nouveau-Brunswick. Cette proportion a progressé avec les années pour atteindre 27 % en 2020, à six points de pourcentage de la cible de 33 %.

Cependant, pour Alexandre Cédric Doucet, il faudrait plutôt viser 50 %.

À 33 % on tombe dans des politiques d'immigration assimilatrices [...] Quand on parle de la question de l'égalité réelle, bien l'égalité réelle, c'est du 50-50.

Vers un système de dualité linguistique

La SANB comme l'AFMNB soutiennent qu'une meilleure emprise sur l'immigration permettrait aussi la mise sur pied d'un système de dualité linguistique — comme en éducation ou en santé — où l’égalité des deux langues officielles est reconnue.

À l'heure actuelle, la plupart des sessions d'information prévues à l'intention des futurs immigrants visent des pays où l'anglais prédomine.

En se dotant d'un programme provincial, le Nouveau-Brunswick pourrait se donner les moyens faire du recrutement dans des zones francophones, explique Pascal Reboul, le directeur des politiques de l'AFMNB.

La dualité en immigration au niveau de la province pourrait justement amener une solution à ce problème d'avoir toujours cette lentille francophone dans les programmes d'immigration, dans toutes les campagnes qu'il y a de recrutement. Il y a une nécessité, ajoute M. Reboul.

Le rôle des employeurs

Nicole Nader, du Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick, croit quant à elle que le fonctionnement même du Programme pilote d’immigration au Canada atlantique pose problème.

Bien que la province fasse la promotion de l'immigration francophone auprès des employeurs, en fin de compte, ce sont eux qui choisissent les pays où ils veulent recruter, explique-t-elle.

Elle estime qu'il faudrait encourager et aider les entreprises à aller chercher des immigrants francophones.

D'ailleurs, le rapport d'évaluation du programme fait état d'un manque de communication pour ce qui est des services offerts aux entreprises et aux immigrants.

Entre autres, certains immigrants ignoraient qu'ils avaient droit à des services d'établissement gratuits, tandis que bien des employeurs ignoraient l'existence d'une ressource leur étant destinée. Néanmoins, le programme a attiré quelque 5500 immigrants en Atlantique, dont un peu moins de la moitié au Nouveau-Brunswick.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !