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Deux policiers de Saguenay suspendus pour rassemblement illégal

Un policier assis à une table avec des micros.

Le chef du Service de police de Saguenay, Denis Boucher, a tenu un point de presse traditionnel à l'intérieur du quartier général à Arvida.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Le chef du Service de police de Saguenay (SPS), Denis Boucher, a confirmé jeudi après-midi que deux policiers ont été suspendus avec solde pour avoir participé à un rassemblement illégal.

Les policiers du Service de police de Saguenay figurent dans une vidéo tournée pendant un rassemblement illégal et publiée mardi soir sur les réseaux sociaux. Quatre personnes apparaissent sur cette vidéo alors qu'une cinquième a filmé la scène. Il s'agit de personnes provenant d'adresses différentes réunies à l'intérieur d'un lieu qui n'est pas leur résidence ni leur lieu de travail, ce qui contrevient aux règles sanitaires. Les policiers n'étaient pas en fonction. Des constats de 1546 $ seront remis.

La vidéo a été captée dans une yourte qu'il est possible de louer au Village alpin de Saint-David-de-Falardeau, non loin du centre de ski du Valinouët. Publiée en version ''story'' sur le réseau social Instagram, la vidéo n'est donc plus disponible actuellement, car ce type de version apparaît seulement pendant 24 heures. Des captures d'écran ont été réalisées.

C'est avec déception qu'on a appris la nouvelle qui était sortie ce matin. Malheureusement, on a appris que deux policiers du Service de police avaient été pris sur Instagram où ils n'avaient pas respecté les règles de la santé publique. L'enquête est en cours. On a le nom des deux policiers. Ils ne sont pas fiers de leur coup, a avoué Denis Boucher, en spécifiant qu'ils n'étaient pas très vieux. Au moins un des deux a un poste à temps plein.

Les policiers vont être suspendus de façon administrative avec plein traitement pendant quelques jours, tout au moins le temps qu'on complète l'enquête. Vous comprendrez qu'on a réagi rapidement. Ce sont des événements qu'on a appris ce matin et déjà on est rendus à l'étape de dire que les policiers ont été identifiés et qu'ils vont être suspendus. Ils vont devoir assumer leur geste. Au fur et à mesure, on va réévaluer si on maintient la suspension administrative en fonction des éléments qu'on aura, a-t-il poursuivi.

Le chef de police a rencontré les médias lors d'un point de presse traditionnel tenu à l'intérieur du quartier général du SPS à Arvida.

Ces policiers-là vont faire l'objet du même traitement et peut-être même plus qu'un citoyen normal. Premièrement, au niveau de la santé publique, il y a des constats généraux qui vont être émis à ceux qui ont participé et, dans un deuxième temps, il y a un dossier disciplinaire qui est en marche pour avoir nui à l'image du service, a poursuivi le chef du SPS qui n'a pas voulu s'avancer sur le type de sanctions possibles.

Denis Boucher s'est dit conscient qu'un tel événement entache l'ensemble des policiers de Saguenay, mais également de toute la communauté policière. De l'autre côté, il faut se rappeler que c'est deux policiers et on a 225 policiers à Saguenay. La majorité, la grande majorité respecte les règles. Il y a toujours des exceptions comme dans n'importe quoi, a-t-il cependant ajouté.

Dénoncé par un éthicien

Interrogé avant la conférence de presse du chef du SPS, Alain Ross, chargé de cours en éthique à la retraite, dénonçait la situation. Je trouve ça déplorable que des gens qui ont le mandat de faire respecter la loi ne soient pas capables eux-mêmes de comprendre le sens de leurs mauvais agissements, de leur mauvaise conduite à l'égard de la pandémie, à l'égard de ce que le gouvernement a mis de l'avant pour que la société éventuellement se porte mieux, indique Alain Ross.

Pour sa part, l'avocat criminaliste Jean-Marc Fradette a indiqué que de telles actions nuisent au travail des policiers. Parce qu'ils vont se le faire dire lorsqu'ils vont arrêter des gens, et c'est tout le travail des policiers qui est sapé lorsque des agents de la paix ne respectent pas eux-mêmes ce qu'ils vont vouloir faire respecter plus tard quand ils seront au travail, a commenté le criminaliste.

C'est clair que pour les prochains jours ce ne sera pas facile pour les policiers d'intervenir dans des situations comme ça. Ils vont se le faire dire, a admis le chef Boucher.

Des propos sur Facebook en décembre

Il ne s'agit pas du premier événement où des policiers sont impliqués dans des histoires en lien avec la pandémie sur les réseaux sociaux. En décembre dernier, une lieutenante du SPS avait tenu des propos banalisant la dangerosité de la COVID-19 sur Facebook. L'enquête n'est pas encore terminée. Elle a été rencontrée. À ma connaissance, je sais qu'elle a fermé une page Facebook. Je ne sais pas s'il y a eu autre chose, mais l'enquête n'est pas complétée encore, s'est limité à dire Denis Boucher.

Une éclosion de cas de COVID-19 avait aussi frappé le SPS en octobre.

Avec des informations de Gilles Munger

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