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Italie : le Mouvement 5 étoiles appuiera le gouvernement Draghi

M. Draghi à son bureau.

Mario Draghi devrait soumettre une liste de ministres vendredi au résident de la République, Sergio Mattarella, puis dévoiler la semaine prochaine son programme devant le Parlement, qui décidera alors d'accorder ou non sa confiance à l'ancien président de la BCE.

Photo : Reuters / UFFICIO STAMPA CAMERA DEI DEPUTA

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les militants du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème jusqu'à son arrivée au pouvoir), qui compte un tiers des élus du Parlement italien, se sont prononcés jeudi en faveur du gouvernement d'unité nationale dirigé par Mario Draghi.

Lors d'un vote en ligne réservé à environ 120 000 militants, 59,3 % des votants se sont prononcés en faveur d'un soutien au gouvernement Draghi.

L'inconnue sur la position du M5S était le dernier obstacle à la naissance du gouvernement de l'ex-président de la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait être annoncée dès vendredi.

La consultation sur Internet, qui a débuté à 10 h et s'est achevée à 18 h, heure de l'Italie, représentait un choix difficile pour le M5S, né comme un mouvement d'opposition aux élites, dont l'ex-président de la BCE et gouverneur de la banque centrale italienne est issu.

Lors de consultations politiques, les dirigeants 5 étoiles ont toutefois reçu des gages de M. Draghi, notamment en matière de politique environnementale, un des chevaux de bataille du mouvement.

M. Grillo dans une voiture.

Le fondateur du M5S Beppe Grillo arrivant à une réunion avec Mario Draghi, mardi, à Rome.

Photo : Associated Press / Cecilia Fabiano

À un des moments les plus dramatiques de notre histoire récente, le M5S choisit la voie du courage et de la participation, mais surtout la voie européenne, a réagi le ministre des Affaires étrangères sortant Luigi Di Maio, l'un des caciques du mouvement, qui avait appelé à voter oui.

Le président de la chambre basse du Parlement, Roberto Fico, une autre figure de proue du M5S, s'était lui aussi dit favorable, tandis que le fondateur du mouvement Beppe Grillo avait fait des déclarations flatteuses sur M. Draghi.

Une coalition bigarrée

Mario Draghi se retrouve désormais à la tête d'un attelage hétéroclite rassemblant quasiment tous les partis représentés au Parlement, du Parti démocrate (centre gauche) à la Ligue d'extrême droite de Matteo Salvini, en passant par le parti Forza Italia (droite) de Silvio Berlusconi et, bien sûr, le M5S.

Un soutien du M5S, premier parti au sein du Parlement, est important pour lui afin qu'il puisse débuter avec la plus large majorité parlementaire possible et être moins dépendant de Matteo Salvini et de ses troupes, a souligné Federico Santi, un analyste du groupe de réflexion Eurasia Group.

Selon les observateurs, M. Draghi pourrait dévoiler son gouvernement et prêter serment d'ici la fin du week-end, puis demander la confiance au Parlement en début de semaine.

En tête de ses priorités figurent notamment l'accélération de la campagne vaccinale et la mise en musique du plan de relance financé par les quelque 200 milliards d'euros octroyés à Rome dans le cadre du dispositif de l'Union européenne. L'Italie, plongée dans sa pire récession depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, doit présenter son plan à Bruxelles d'ici la fin avril.

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