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Des unités de logement pour les victimes de violence conjugale réclamées dans la région

Une femme est assise sur un lit et regarde par la fenêtre.

La région n'offre aucun hébergement de deuxième étape aux femmes et enfants victimes de violence conjugale. (Archives)

Photo : Shutterstock

L’Abitibi-Témiscamingue ne compte aucune maison d’hébergement de deuxième étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, alors que le besoin se fait sentir dans le milieu.

L’Alliance des maisons d’hébergement de deuxième étape (Alliance MH2) pour femmes et enfants victimes de violence conjugale a déposé cette semaine un mémoire prébudgétaire.

Elle réclame d’urgence de nouvelles unités dans la région et à travers la province afin d’assurer la sécurité des femmes.

Il existe quatre maisons d’hébergement de première étape en Abitibi-Témiscamingue. Des endroits qui accueillent les femmes et les enfants et leur offrent un filet de sécurité, mais de façon temporaire.

La maison de deuxième étape propose un hébergement de moyen terme qui vise à garantir la sécurité des femmes et des enfants hébergés ainsi que l’ajout de services complémentaires et spécialisés.

« On estime qu’il y a 8 % des femmes qui sortent de première étape et qui ont encore besoin de sécurité par rapport à la dangerosité du conjoint. »

— Une citation de  Gaëlle Fedida, Alliance MH2

C’est là que l’on peut leur offrir un service en deuxième étape. Deuxième étape, c’est un appartement, ce n’est plus une vie collective. La femme et ses enfants sont sécurisés pour minimalement une année. Ça peut aller jusqu’à deux ans. Ce sont des endroits sécurisés et confidentiels. On vise vraiment la prévention d’homicide conjugal, explique la coordonnatrice aux dossiers politiques de l’Alliance MH2, Gaëlle Fedida.

L’Alliance MH2 affirme que tous les 10 jours, une femme est victime de tentative de meurtre par son conjoint ou ex-conjoint au Québec. Environ 12 femmes y succombent annuellement.

Financement et mobilisation du milieu

En 2015, la maison d’hébergement Alternative pour Elles de Rouyn-Noranda et d’autres partenaires ont entamé des démarches pour un projet de deuxième étape. Par contre, malgré une expertise bien présente dans la région, l’absence d’un financement récurrent a freiné le développement du projet.

La coordonnatrice, Cathy Allen, rêve toutefois de ce genre d’infrastructures en Abitibi-Témiscamingue.

Ça prend un engagement de la communauté et les subventions récurrentes qui viennent avec. Le besoin est là. On n’a pas de centre de crise, on est à court de ressources. Ce n’est pas rare que les femmes, après un séjour en maison d’hébergement, vivent un enjeu au niveau de leur sécurité. C’est pour cela que ça existe, des maisons de deuxième étape, et c’est très important comme ressource, affirme-t-elle.

Consolider les services déjà en place

Aux quatre coins de la région, la réponse est unanime. Oui, la maison d’hébergement de deuxième étape est essentielle et le besoin est criant. Toutefois, les enjeux de main-d’œuvre sont à considérer avant de sauter à pieds joints dans un tel projet.

À la Maison Mikana d’Amos, l’intervenante Alisée Lemire Lemay croit qu’il faut d’abord consolider les services en place.

Il faut travailler sur le recrutement, la rétention aussi de notre main-d’œuvre. Par contre, il y a certainement un besoin dans chaque MRC pour éviter un déracinement de la femme et des enfants. La durée d’hébergement des femmes et de leurs enfants dans notre centre est de plus en plus longue, explique-t-elle.

Une salle de jeux avec un toutou, une cabane et une table pour enfants.

Les femmes et leurs enfants victimes de violence du Témiscamingue sont accueillies à la maison l'Équinoxe.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Au Témiscamingue, la Maison d’hébergement l’Équinoxe a aussi rêvé de voir se dresser sur son territoire une maison de deuxième étape. Toutefois, le manque de ressources humaines ramène les rêveurs à la réalité.

Les femmes qui passent à la Maison d’hébergement l’Équinoxe ont parfois besoin d’un peu plus de temps, parce qu’il y a une pénurie de logements, parce qu’elles n’ont pas fini leurs démarches, parce que leur sécurité est encore compromise, pour diverses raisons. Le manque de personnel et le manque de ressources humaines font en sorte que, malheureusement, on ne peut pas aller de l’avant avec ce projet-là, déplore la coordonnatrice, Stéphanie Coutu.

L’Alliance MH2 estime qu’il faudrait minimalement 106 unités de plus dans la province afin d’assurer la sécurité des femmes à haut risque d’être victimes d’un homicide conjugal.

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