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Un Canadien sur le siège avant du rover Perseverance

Le professeur Chris Herd, de l’Université de l’Alberta, a été choisi par la NASA pour être l’un des deux scientifiques responsables des échantillons que le rover Perseverance va récolter sur Mars en quête d’indices de vie ancienne. Il en a discuté avec une équipe de Découverte.

Portrait de Chris Herd.

Chris Herd concentrera toute son attention sur la planète Mars.

Photo : Université de l'Alberta / John Ulan

La planète Mars va accueillir le 18 février un nouveau visiteur, Perseverance, qui sera le cinquième rover de la NASA à explorer Mars. Comme tous ses prédécesseurs, c’est un laboratoire mobile, capable de naviguer de manière autonome à travers les obstacles.

Un groupe de scientifiques sur Terre va lui indiquer la direction à emprunter et les tests à effectuer. Parmi eux, le géologue canadien Chris Herd a hérité d'un rôle bien particulier. Un des objectifs principaux, c’est de rapporter des échantillons. Et c’est pour ça que je fais partie de la mission!, précise-t-il avec enthousiasme.

Le robot à la surface de Mars.

Illustration montrant ce à quoi ressemblera le robot à la surface de Mars.

Photo : Illustration/NASA/JPL-Caltech

Ce qui distingue Perseverance des rovers précédents, c’est qu’il a une mission parallèle : récolter et mettre en capsules quelques grammes des roches les plus intéressantes, celles qui seraient susceptibles de contenir des traces de vie.

Un cratère à remonter le temps

Son terrain de jeu est un cratère de la taille du lac Saint-Jean au Québec. Et la comparaison ne s’arrête pas là! Il y a des milliards d’années, le cratère Jezero était un lac, alimenté par une rivière, qui a déposé des sédiments pour former un vaste delta.

Une vue rapprochée de Mars.

De gauche à droite : de la couleur a été ajoutée pour illustrer le tracé de la rivière, le delta formé de sédiments et le fond d’un ancien lac.

Photo :  NASA/JPL-Caltech/ASU

Le cratère Jezero a été choisi parce que les roches qu’on y trouve ont entre 3,5 et 4 milliards d’années. C’est une période critique dans l’histoire de Mars, où on est passé d’un endroit tempéré, avec une atmosphère et de l’eau liquide à la surface, à la planète désertique et recouverte de rouille qu’on connaît aujourd’hui. Et on ne comprend pas encore pourquoi il y a eu un tel changement à cette période précise.

Une citation de :Chris Herd, scientifique principal - retour d'échantillons, Mars Perseverance

Le cratère Jezero a beau s’être asséché, c’est une mine d’or pour les chercheurs. Ses roches ont immortalisé une époque où les conditions étaient propices à la vie. Certaines contiennent peut-être la signature chimique d’une vie passée ou, encore mieux, des bactéries fossilisées... des martiens microscopiques!

Des preuves à valider sur Terre

Mais, pour affirmer hors de tout doute qu'il y a déjà eu de la vie sur Mars, les instruments à bord du rover ne suffisent pas. C’est tout l'intérêt de rapporter sur Terre des échantillons. Nos laboratoires sur Terre sont beaucoup mieux équipés pour faire ce genre de tests. Encore mieux, la technologie ici s’améliore constamment. [...] On pourra étudier ces échantillons pendant des générations avec les meilleurs outils disponibles, précise le professeur Herd.

Le cœur du mandat confié à Chris Herd de l’Université de l’Alberta et à Tanja Bosak du Massachusetts Institute of Technology (MIT), c’est justement de maximiser l’impact scientifique de la trentaine d’échantillons qui seront rapportés. Ça va donner lieu à des conversations intéressantes, avoue-t-il en entrevue. On a une idée générale de ce qu’on veut, mais tout va dépendre de ce qu’on va découvrir sur le terrain.

L’équipe espère avant tout que la collection de roches qu’elle va amasser sera tellement riche et intrigante que la NASA et l’ESA, l’Agence spatiale européenne, n’auront pas le choix de mettre sur pied les deux autres missions robotisées envisagées pour récolter les échantillons à la surface de Mars et les rapporter sur Terre. Même dans le meilleur des cas, les scientifiques n’auront pas accès à cette précieuse cargaison avant 2031.

Illustration d'un robot sur Mars.

Deux autres missions sur Mars seront nécessaires pour rapporter les échantillons sur Terre.

Photo : Illustration/NASA/JPL-Caltech

Le rêve d’une vie

Dans les faits, on a déjà sur Terre des roches provenant de Mars, sous la forme de météorites. Leur étude et leur conservation sont les spécialités de Chris Herd, mais ces roches sont en quelque sorte choisies au hasard. Il faut qu’un objet, comme un astéroïde, frappe la surface de Mars et en projette des morceaux dans l’espace. Ces roches doivent ensuite survivre à leur entrée dans l’atmosphère terrestre; c'est un processus très violent et seules les roches les plus solides y survivent, ajoute-t-il.

Chris Herd tient une météorite dans ses mains.

Chris Herd gère la collection de météorites de l'Université de l'Alberta.

Photo : Université de l'Alberta / John Ulan

Or les roches qui contiennent les réponses aux plus grandes énigmes de Mars sont à la fois très anciennes et très fragiles, d’où l’idée d’aller les recueillir directement et avec le plus grand soin.

Pour bien des gens, les 10 ans d’attente avant un éventuel retour d’échantillons peuvent sembler une éternité, mais pour Chris Herd, c’est plutôt un objectif bientôt à portée de main.

J’en rêve depuis que j’ai 13 ans. J’avais même dit, mot pour mot : "Je veux être là quand on va rapporter des échantillons de Mars". Pour moi, ce serait le rêve d’une vie qui se réalise!

Une citation de :Chris Herd, géologue et spécialiste des météorites, Université de l’Alberta

Le reportage d’Éric Lemyre et de Tobie Lebel est présenté à l’émission Découverte le dimanche à 18 h 30 à ICI Télé. À ICI RDI, le samedi à 18 h 30.

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