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Le SPVM veut s'attaquer à la banalisation des armes à feu

Le chef Caron, qui se trouve à l'extérieur, regarde au loin.

Le chef du SPVM, Sylvain Caron, juge qu'il faudra des effectifs additionnels pour lutter contre ce « nouveau phénomène » qu'est la banalisation des armes à feu sur les réseaux sociaux, notamment.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La banalisation des armes à feu inquiète le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui a réitéré sa volonté de mettre un terme à la flambée des violences qui secouent certains arrondissements du nord de la métropole.

Dans la foulée de la mort de la jeune Meriem Boundaoui, une adolescente de 15 ans qui a été atteinte par balle dimanche alors qu’elle se trouvait à bord d’une voiture dans Saint-Léonard, le directeur du SPVM a tenu à rassurer les citoyens.

Ceux-ci sont en droit de se sentir en sécurité dans leur quartier, a déclaré Sylvain Caron lors d’un point de presse à Rivière-des-Prairies.

Mais la multiplication des événements avec utilisation d'une arme à feu sur le territoire montréalais depuis juin dernier a de quoi troubler les habitants. Seulement l'an dernier, plus de 440 incidents dans lesquels étaient utilisées des armes à feu se sont produits à Montréal, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2019, selon le SPVM.

À l’instar de la mairesse Valérie Plante, le chef du SPVM entend faire de la lutte contre le trafic d’armes à feu une priorité. Afin d'y arriver, il lui faudra néanmoins obtenir les effectifs et les ressources nécessaires pour contrer ce phénomène de banalisation des armes à feu, note M. Caron.

Il semble normal, pour certains, de s’afficher sur les réseaux sociaux avec des armes à feu. Et ce n’est pas normal.

Une citation de :Sylvain Caron, directeur du Service de police de la Ville de Montréal

En plus d’augmenter la présence policière dans les arrondissements de Montréal-Nord, de Saint-Léonard et de Rivière-des-Prairies, le SPVM pourra compter sur une nouvelle unité spéciale de 22 agents, l’escouade permanente dédiée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA), qui se mettra au travail dès le 22 février.

Cette équipe aura pour mandat de saisir les armes avant qu’elles ne soient utilisées [pour commettre] des crimes violents, a résumé le directeur du SPVM. Les agents devront donc identifier les réseaux d’armes à feu afin de les démanteler et d’en arrêter les têtes dirigeantes avant qu’il ne soit trop tard.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le directeur du SPVM, Sylvain Caron, à l'extérieur.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le directeur du SPVM, Sylvain Caron, ont réitéré l’importance d’un partenariat entre le milieu communautaire et les forces policières.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Tandis que la mairesse Plante a réitéré jeudi l’importance d’obtenir une aide du fédéral pour assurer un meilleur contrôle des armes de poing, le chef Caron a souligné que le service de police avait besoin de se doter de moyens technologiques pour affronter cette criminalité émergente.

Un marché en plein développement

Le SPVM a constaté qu’il existait plusieurs façons de se procurer des armes à Montréal. Celles-ci peuvent autant provenir de la frontière et des réserves qu’être le fruit d’une fabrication artisanale, a expliqué le chef Caron.

De l'avis de Francis Langlois, qui s'intéresse à la question des armes à feu aux États-Unis et au Canada à la Chaire Raoul-Dandurand, la lutte contre le trafic d'armes de poing passe nécessairement par un resserrement des contrôles à la frontière.

La Ville de Montréal et les autres municipalités canadiennes peuvent travailler sur leur territoire et mettre en place des escouades spécialisées [...], mais ça va rester local, alors que le marché est très large, a-t-il observé en entrevue à Isabelle Richer.

Il existe différentes façons de faire entrer une arme au pays, notamment en commandant en ligne un produit démonté ou une arme fantôme (ghost gun), soit une arme dont les pièces doivent être découpées, limées ou percées, a détaillé M. Langlois.

L’avantage avec ce genre de produit, c’est que cette arme n’est enregistrée nulle part, a-t-il ajouté.

Ce marché, qui permet de se procurer une arme qui est donc difficile à retracer, est de plus en plus prisé, selon le chercheur.

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