•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’AFO veut éviter d'autres fausses notes linguistiques en temps de crise

Carol Jolin s'adresse aux médias derrière un micro.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, demande au gouvernement d'être proactif en matière de services en français.

Photo : Radio-Canada

Benjamin Vachet

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a dévoilé, jeudi, une liste de recommandations à la province afin d’éviter de répéter les problèmes rencontrés par les Franco-Ontariens depuis le début de la crise de la COVID-19.

Documents en anglais, conférences de presse unilingues, communications d’abord disponibles dans la langue de Shakespeare… La liste est longue des difficultés auxquelles les Franco-Ontariens ont été confrontés depuis le début de la pandémie.

Si certaines situations ont été réglées au fur et à mesure, comme le sous-titrage des conférences de presse sur la chaîne YouTube du gouvernement ou leur diffusion sur les réseaux sociaux, d’autres problèmes demeurent.

S’appuyant sur ses observations et les commentaires reçus par des francophones de la province, explique l’organisme, l’AFO émet 11 recommandations, non exhaustives, qui doivent permettre d’éviter de nouveaux problèmes et d’influencer le travail de modernisation de la Loi sur les services en français, réclamée depuis plusieurs années.

L’organisme porte-parole des Franco-Ontariens demande notamment de pérenniser la pratique de traduction simultanée des conférences de presse. Il souhaite également que des obligations soient fixées à Radio-Canada et au Groupe Média TFO, notamment pour permettre la diffusion des messages du gouvernement en temps de crise pour celles et ceux qui ne disposent pas d’un accès à internet de qualité, et que la province mette en place un service de traduction express.

La province a fait de bonnes choses pour faire avancer certains dossiers et corriger les problèmes, comme la traduction des conférences de presse ou la publicité dans les médias francophones. Mais il faut qu’il soit proactif, car on ne peut pas toujours être là pour surveiller et rapporter les problèmes, explique le président de l’AFO, Carol Jolin, en entrevue à Radio-Canada.

Des bureaux de santé bilingues

L’unilinguisme des points presse de Santé publique Ontario est également dans la mire de l’AFO qui déplore que bien que le poste de médecin hygiéniste en chef de l’Ontario constitue un organisme gouvernemental au sens de la Loi sur les services en français, comme indiqué dans le rapport annuel de la Commissaire aux services en français, personne ne puisse répondre en français lorsque les autorités de santé publique font le point sur la situation.

Idéalement, on voudrait que la personne qui occupe ce poste soit bilingue, mais ce qu’on demande avant tout, c’est qu’il y ait au moins une personne capable de répondre en français pendant les conférences de presse, souligne M. Jolin.

Communiquer en français, c'est une question de sécurité

Une citation de :Carol Jolin, président de l'AFO

L’AFO demande également que les bureaux régionaux de santé publique soient assujettis à la Loi sur les services en français, après que lui aient été rapportés des problèmes de communications unilingues, y compris dans des régions à forte concentration francophone comme Sudbury.

Les bureaux de santé ont eu un rôle encore plus important pendant la crise, ils ont été très impliqués dans la gestion de la pandémie, on pense donc qu'ils doivent être désignés, au moins dans les régions bilingues, poursuit M. Jolin.

Alors que la vaccination débute en Ontario, une stratégie d’engagement et d’information en français est également espérée.

La ministre Mulroney répète son engagement

Plusieurs des recommandations formulées par l’AFO rejoignent celles déjà faites en septembre 2020 au moment de la présentation d’un libellé conjoint de l’AFO et de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO) pour moderniser la Loi sur les services en français.

Il y a des choses qui peuvent être mises en branle rapidement et on encourage le ministère des Affaires francophones à aller dans cette direction-là, mais ce document doit aussi être inclus dans le travail de modernisation de la Loi sur les services en français quand viendra le temps, souligne M. Jolin.

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a insisté, par courriel, que le gouvernement comprend que l'accès aux services en français est un enjeu fondamental pour la communauté francophone.

Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, l'AFO a travaillé en étroite collaboration avec notre gouvernement pour soutenir les Franco-Ontariens. Le ministère des Affaires francophones continuera de travailler avec l'ensemble du gouvernement pour veiller à ce que les francophones puissent accéder aux services dans la langue de leur choix.

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney, en conférence de presse.

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney

Photo : Radio-Canada

La ministre précise avoir mandaté les membres de son comité consultatif afin de la conseiller sur le processus à suivre pour moderniser la Loi.

Le gouvernement de l’Ontario voudra aborder la modernisation de la Loi de concert avec la communauté franco-ontarienne. C'est pourquoi, le temps venu, nous veillerons à ce qu’il y ait des consultations publiques pour recueillir les recommandations de la communauté. Notre objectif est de revoir la Loi sur les services en français d’ici la fin de notre mandat, répète Mme Mulroney qui s’engage à donner des précisions à ce sujet au cours des prochains mois.

Guy Bourgouin dans une mêlée de presse dans les couloirs de l'Assemblée législative de l'Ontario.

Le député du Nouveau Parti démocratique et porte-parole aux Affaires francophones, Guy Bourgouin

Photo : Radio-Canada

Mais pour le député de Mushkegowuk—Baie James et porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario aux Affaires francophones, Guy Bourgouin, le gouvernement a trop attendu.

Le gouvernement manque de respect envers les droits des Franco-Ontariens. La situation actuelle témoigne d'un manque de volonté politique. Pour eux, ce n'est clairement pas une priorité. On le voit avec la Loi sur les services en français, ils se traînent les pieds, estime-t-il, rappelant avoir lui-même déposé un projet de loi en novembre 2019. Il faut que les bottines suivent les babines! On en a besoin maintenant [d'une modernisation de la Loi sur les services en français].

L'élu franco-ontarien indique que son parti s'apprête à déposer plusieurs projets de loi privés afin de corriger la situation linguistique en temps de crise, notamment sur la question du bilinguisme des bureaux régionaux de santé publique.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !