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Sports en zone orange : une nouvelle déception pour les jeunes

Des enfants sur une patinoire extérieure.

Plusieurs entraîneurs craignent que des jeunes ne délaissent leur sport à long terme (archives).

Photo : Getty Images

Radio-Canada

L'annonce d'un retour en zone orange avait redonné espoir aux jeunes sportifs de l'Est-du-Québec, mais les nouvelles contraintes liées aux activités sportives ont été reçues comme « une claque au visage » par plusieurs.

Tout le monde avait espoir qu'on revienne à une zone orange comme avant les Fêtes, et ce n'est pas le cas, déplore le président du club de patinage de vitesse Les Loupiots de Rivière-du-Loup, Nico Pelletier.

Avant les Fêtes, on était capable de faire des entraînements presque normaux, avec quelques entraîneurs et pratiquement la totalité de nos jeunes. Depuis lundi, c'est seulement un entraîneur par bulle familiale, donc ça limite énormément le nombre de jeunes qu'on peut superviser, explique-t-il.

Résultat? Les entraînements seront de plus courte durée pour tenter de favoriser le plus de jeunes possible. Une formule hybride est également envisagée, avec des cours à l'extérieur, où il est permis de réunir un entraîneur et huit patineurs à la fois.

Faut comprendre que ce sont des entraîneurs bénévoles, alors ils ne peuvent pas faire 20-25 heures d'entraînement par semaine. Ça prendrait une armée d'entraîneurs, souligne M. Pelletier.

Le constat est le même du côté du Club de soccer Fury de Rimouski.

Avec les nouvelles restrictions, une poignée de jeunes seulement peuvent encore pratiquer le sport, selon le directeur sportif du club, Maxime Fournier.

Et même pour ces heureux élus, il constate que le plaisir à jouer n'est plus le même. Aucune forme de compétition n'est permise, la distanciation physique doit être respectée en tout temps, et les interactions entre les joueurs sont très limitées.

Quand on a vu qu'une zone orange arrivait, tout le monde était super content et, 15 minutes plus tard, le sentiment d'euphorie est tombé. C'est comme une claque de plus au visage.

Une citation de :Maxime Fournier, directeur sportif du Club de soccer Fury de Rimouski

Le fait qu'avant Noël, on était en orange et on pouvait le faire, et là, qu'ils ne puissent plus le faire malgré les bons résultats dans la région, ils le prennent encore moins. Ça va être dur après ça de les conscientiser à respecter les mesures, estime M. Fournier.

Maxime Fournier à la station de Radio-Canada Rimouski.

Maxime Fournier est directeur sportif du Club de soccer Fury de Rimouski (archives).

Photo : Radio-Canada / René Levesque

L'entraîneur en chef du Club d'escrime Les Pirates de l'Est, Kenny Guimond, observe également une baisse de motivation chez les jeunes sportifs.

Avant la pandémie, on frôlait 70 membres et, à la reprise cet automne, on était près d'une vingtaine. On voit que, sans compétition, avec peu de pratiques, ça n'aide pas la motivation des jeunes, souligne-t-il.

S'il est encore trop tôt pour déterminer combien de jeunes s'inscriront au club cette session-ci, l'entraîneur précise que lui-même ne pourra pas accueillir autant de membres.

J'ai seulement le droit de rencontrer les personnes individuellement pour des leçons techniques, rappelle-t-il.

Ainsi, il est possible que M. Guimond ne puisse entraîner que trois jeunes par semaine.

Pourtant, il rappelle qu'avant les Fêtes, alors que la région était en zone orange, les cours de groupe et les combats étaient permis, ce qui n'est plus le cas.

David Beaudin, judoka, entraîneur et directeur technique de l'Académie de judo de Sept-Îles.

David Beaudin est entraîneur et directeur technique de l'Académie de judo de Sept-Îles (archives).

Photo : Radio-Canada / Bénédicte Filippi

À l’Académie de judo de Sept-Îles, les entraînements ne peuvent pas reprendre du tout, une situation que s'explique mal le directeur technique, David Beaudin, puisque, jusqu'en décembre, les entraînements en petits groupes étaient permis.

On espérait, avec les faibles cas, qu’on serait en zone jaune comme à l’automne. C’est sûr qu’on a été surpris d’apprendre que même en zone orange, on ne respectait pas les balises qui avaient été établies dès le départ, déplore-t-il.

Des abandons à long terme

Tout comme M. Fournier, M. Guimond rappelle que bon nombre de jeunes s'engagent dans des activités sportives principalement pour l'exaltation des compétitions et le défi que cela représente.

Oui, c'est le fun pour eux de faire du sport, mais ils n'ont pas le thrill de compétition et de se challenger qu'ils avaient, et on le sent dans la motivation, déplore M. Fournier.

De jeunes joueurs de soccer.

Avec les nouvelles restrictions, une poignée de jeunes seulement peuvent encore pratiquer leur sport (archives).

Photo : iStock

Ce sont des jeunes qui ont besoin d’objectifs, une raison de s’entraîner. En enlevant toutes les compétitions et toutes les activités, les camps d’entraînement, les voyages, ils perdent beaucoup de motivation, ajoute M. Beaudin.

Dans ce contexte, plusieurs entraîneurs craignent de perdre des jeunes à long terme.

Je pense que tout le monde a hâte de recommencer à bouger, mais la reprise nous inquiète. S'il y en a qui ne reviennent pas, probablement qu'ils ne reviendront jamais.

Une citation de :Nico Pelletier, président du club de patinage de vitesse de Rivière-du-Loup

C'est sûr que je m'attends à ce qu'il y en ait qui ne reviennent pas, mais inversement, je reçois quand même régulièrement des messages pour des demandes d'inscription, donc je ne m'en fais pas pour l'avenir de l'escrime dans la région, mais ça m'étonnerait qu'on reprenne avec 70 membres, avance M. Guimond.

On s’attend à avoir beaucoup d’abandons, surtout des adolescents qui se découragent. C’est un peu la crainte qu’on a, avec des jeunes qui s’entraînent depuis plusieurs années, mais qui risquent de ne plus être là, admet pour sa part M. Beaudin.

Avec les informations de Michaele Perron-Langlais et Laurence Royer

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