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Le conseil municipal d'Ottawa donne son feu vert au projet Tewin

Terrain non exploité à l'intersection des chemins Hall et Thunder, dans l'est d'Ottawa.

Une partie du terrain du projet Tewin à l'intersection des chemins Hall et Thunder, dans l'est d'Ottawa

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le conseil municipal d’Ottawa a voté, mercredi, en faveur du projet Tewin dans le sud-est de la ville. Une motion visant à donner plus de temps au personnel municipal pour analyser la proposition et de consulter des groupes autochtones a pour sa part été rejetée.

Le projet Tewin, qui est une initiative des Algonquins de l’Ontario (AOO) et du promoteur Taggart, a suscité la grogne de communautés algonquines (anichinabées) situées au Québec la semaine dernière.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, avait alors indiqué que la réconciliation était une raison permettant d’aller de l’avant avec l’urbanisation des terres acquises en janvier 2020 par les Algonquins de l’Ontario.

Des [conseillers] vont dire que nous devons attendre encore quatre ou cinq années d’études avant de prendre une décision. Je pense que c’est une abdication choquante de leadership, a-t-il lancé mercredi.

Le maire a précisé qu'un travail supplémentaire reste à être fait d'ici à septembre, moment où un plan officiel devrait être présenté aux élus pour qu'ils le révisent.

À la rencontre du conseil municipal, qui aura duré sept heures, M. Watson et d’autres conseillers ont assuré ne pas vouloir s'immiscer dans les conflits des groupes algonquins.

Comme l’Algonquins de l’Ontario est propriétaire du territoire, avec le financement du promoteur Taggart, M. Watson est d’avis que la Ville doit donner son feu vert afin de développer le secteur et que le groupe récolte des bénéfices économiques.

L’Algonquins de l’Ontario et Taggart ont acquis 1629 hectares de terres en janvier 2020 pour plus de 16,9 millions de dollars.

Le maire d'Ottawa Jim Watson.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson (archives)

Photo : Radio-Canada

Chaque fois qu’il y a de l’expansion urbaine dans notre ville depuis 1976, le conseil a dû choisir des gagnants et des perdants, a soutenu M. Watson.

Des conseillers ont été attirés par l’idée d’un développement dirigé par les Algonquins de l’Ontario, a ajouté le maire, et si un autre promoteur avait présenté le même argumentaire, la vente aurait été plus difficile.

D’autres ont plutôt démontré de l’intérêt en raison de l’idée de créer une communauté à partir de zéro — une communauté qui pourrait avoir des emplois, et aussi être plus écologique que d’autres banlieues développées par le passé.

C’est la bonne chose à faire pour le futur d’Ottawa, a fait valoir la présidente du Comité de l'urbanisme d’Ottawa, Jan Harder.

Des recommandations ignorées

Le printemps dernier, le conseil a donné son accord pour étendre les limites urbaines de la Ville. Ainsi 1281 hectares de terres rurales ont été réservés à la construction de futurs lots résidentiels. Le vote de mercredi a permis d’en définir les parcelles.

Les fonctionnaires municipaux n’avaient pas recommandé que le projet Tewin soit ajouté à la limite urbaine.

Ces derniers ont indiqué que les terres sont situées loin du transport en commun, alors que la Ville prévoit de dépenser des milliards pour étendre le train léger à Kanata, à l’ouest.

Ils ont aussi soulevé des questionnements à savoir si les conditions du sol permettent la construction d’une communauté dense et comment les zones humides et naturelles protégées pourraient s’intégrer au développement.

Les fonctionnaires de la Ville n’avaient toutefois pas rejeté le projet, mais avaient plutôt recommandé plus de temps pour l’analyse de la proposition.

Mais les conseillers siégeant au comité d’urbanisme sont allés de l’avant avec l’ajout de terrain de Tewin à la zone urbaine d’Ottawa.

Catherine McKenney dans son bureau de l'hôtel de ville d'Ottawa.

Catherine McKenney représente le quartier Somerset (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

C’est une décision qui va changer la ville pour les générations futures, a prévenu Catherine McKenney, qui représente le quartier Somerset, qui a proposé la motion visant à donner plus de temps pour étudier le projet tel que recommandé par le personnel.

On dit que ça n’a pas d’importance. Nous allons prendre une décision aujourd’hui. […] Nous allons aller de l’avant aujourd’hui [alors que nous n’avons] pas assez d’information pour prendre une décision responsable, a-t-elle ajouté.

Quinze conseillers, incluant le maire, ont voté contre la motion.

Les Premières Nations du Québec demandent d’être consultées

Des chefs des Premières Nations du Québec ont envoyé quatre lettres au conseil municipal au cours de la semaine dernière réclamant d’être consultés sur ces terres qu’ils disent ne pas être cédées.

Alors qu’un appel vidéo a eu lieu lundi avec 9 des 24 conseillers municipaux, les chefs n’avaient pas eu de nouvelles du bureau du maire.

Comment est-ce qu’il va réparer ça maintenant, ce qu’il a fait la nation algonquine ? Est-ce qu’il va utiliser ça comme […] une étoile d’or sur son bulletin de réconciliation pour dire "Oh, nous faisons vraiment bien parce que le conseil a voté en faveur de l’Algonquins de l’Ontario et de Taggart? , a lancé Claudette Commanda, une aînée anichinabée, après avoir pris connaissance de la décision.

La femme devant un pilier de béton.

Claudette Commanda, la petite-fille de William Commanda, est directrice générale de la Confédération des centres d'éducation culturelle des Premières Nations.

Photo : Radio-Canada / Joe Lofaro

Le bureau du maire a assuré que M. Watson rédigeait des réponses personnelles et qu’il contacterait directement les chefs.

Les conseillers étaient divisés sur la manière de voir ou non le projet en termes de réconciliation.

Je trouve ça dommage que le mot "réconciliation" a été utilisé pour décrire ce projet, s’est désolé le conseiller d’Orléans, Matthew Luloff. C’est un mot sensible et important. Je ne pense pas qu’il a été utilisé de façon appropriée.

La conseillère Diane Deans a soutenu avoir rencontré plusieurs chefs algonquins au cours des derniers jours et croit que la Ville a endommagé ses relations avec eux.

Je pense que c’est embarrassant pour notre ville, a-t-elle dit. C’est une mauvaise planification basée sur une fausse promesse de réconciliation.

Avec les informations de CBC

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