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Une usine de Bombardier située à Montréal.

Bombardier juge avoir bénéficié d'un « momentum encourageant » au quatrième trimestre de 2020.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Afin de faire face aux « perturbations » apportées par la pandémie dans la dernière année, Bombardier a décidé de couper près de 1600 postes.

Parmi ceux-ci, 700 se trouvent à Montréal, 100 en Ontario et 800 aux États-Unis.

Quoique très difficile, cette récente suppression de postes est jugée absolument nécessaire pour rebâtir notre entreprise alors que nous continuons à traverser la pandémie, a déclaré le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel.

Nous regrettons de voir des employés dévoués et talentueux quitter l’entreprise quelle qu’en soit la raison, a-t-il ajouté par communiqué.

« Nous sommes convaincus de prendre les bonnes mesures pour traverser la pandémie et placer l’entreprise en meilleure position pour tirer profit d’une reprise du marché. »

— Une citation de  Éric Martel, président et chef de la direction de Bombardier

Il faut toutefois préciser que de ces 1600 postes, certains représentent des départs à la retraite prévus au cours des prochains mois ou des contrats arrivés à terme et non renouvelés, comme c'est le cas d'employés qui ont travaillé au développement du Global 7500.

En outre, certaines mises à pied au Québec avaient déjà été annoncées, selon David Chatrand, coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA).

Ce ne sont donc pas toutes de nouvelles mises à pied directes, a souligné M. Chartrand, qui s'est entretenu jeudi matin avec la direction de Bombardier. On ignore toutefois le nombre réel et net de ces pertes d'emploi, a-t-il poursuivi.

Bombardier avait déjà procédé à la suppression de 2500 autres postes en juin 2020, en majeure partie au Québec.

Que Bombardier veuille renouer avec la rentabilité n'est toutefois pas une nouvelle pour l'AIMTA : plusieurs ventes et fin de programmes déjà annoncées s'accompagnaient immanquablement de mises à pied, a expliqué M. Chartrand.

Bombardier en est à évaluer comment, une fois la pandémie passée, il pourra rapatrier du travail au pays et pérenniser des postes, a résumé le coordonnateur de l'AIMTA.

Selon Bombardier, ces réductions, ainsi que l'achèvement des mesures de restructuration précédemment annoncées et la cession des activités de système d'interconnexion de câblage électrique à Querétaro, au Mexique, devraient porter les effectifs mondiaux de l’entreprise à environ 13 000 d’ici la fin de l’année.

L'entreprise entend aussi remédier à la sous-utilisation des hangars et des espaces industriels qu'elle possède au Québec.

Fin de la production du Learjet

Dans la même optique de rentabilité, les avions d'affaires Learjet ne feront bientôt plus partie du catalogue de l'entreprise.

La dynamique de marché [étant] de plus en plus exigeante, Bombardier compte mettre fin à sa production plus tard cette année, sans donner de date précise, afin de se concentrer davantage sur ses modèles Challenger et Global, plus rentables.

Dans le domaine des avions d'affaires, la concurrence est féroce, a dit Éric Martel. Ce segment [les Learjet] ne contribue pas à la rentabilité en ce moment.

Bombardier a néanmoins annoncé un nouveau programme de remise à neuf pour les modèles Learjet 40 et Learjet 45, qui sera uniquement offert au centre de services situé à Wichita, au Kansas.

Un modèle de l'avion Learjet de Bombardier survole des montagnes.

Bombardier a annoncé la fin de la production de ses avions Learjet au courant de l'année 2021.

Photo : Bombardier

En 2020, Bombardier a livré 114 avions d'affaires, en baisse de 19,7 % par rapport à 2019. La compagnie a livré 44 appareils à des clients au quatrième trimestre, dont un nombre record de 16 Global 7500, le jet d'affaires sur lequel elle mise particulièrement.

Au quatrième trimestre, qui s'est terminé le 31 décembre, Bombardier a affiché une perte nette de 337 millions $ US, ou 18 cents US par action, un résultat qui tient compte de ses activités de matériel roulant, qui appartiennent maintenant à Alstom.

À la même période l'an dernier, la perte nette de l'entreprise s'était chiffrée à 1,7 milliard $ US, ou 74 cents US par action.

L'entreprise prévoit toutefois réaliser de meilleurs revenus tirés de ses avions d'affaires pour l'année à venir.

Dans son bilan des prévisions pour 2021, Bombardier a indiqué vouloir améliorer sa productivité en implantant un certain nombre de mesures, qui doivent lui permettre de générer annuellement des économies récurrentes de 400 millions dollars d’ici 2023.

La négligence d'Ottawa dénoncée

Face à ces nouvelles pertes d'emploi, l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale a montré du doigt l'inaction du fédéral depuis le début de la pandémie.

Depuis plus d'un an, l'industrie du transport aérien et le secteur aérospatial, mis à mal par la crise sanitaire et ses contrecoups, demandent l'aide du gouvernement. Mais le gouvernement Trudeau n'a rien fait pour aider notre industrie et fait piètre figure face aux autres pays du G7 à ce chapitre, a déploré David Chartrand au micro de Tout un matin.

C'est du jamais-vu, la négligence de ce gouvernement, a-t-il dénoncé.

Le syndicat Unifor, qui représente près de 2500 travailleurs au centre de finition de Bombardier de Montréal, a lui aussi interpellé Ottawa.

Après Air Canada cette semaine qui annonçait une deuxième vague massive de mises à pied, voilà que c'est au tour de Bombardier qui se voit obligé de couper dans son personnel en raison de la crise de la COVID-19 qui frappe très durement l'industrie du transport aérien, a observé le président d'Unifor au Québec, Renaud Gagné.

À quand la mise en place d'une stratégie pour contrer les effets de la pandémie? a-t-il questionné.

En point de presse, jeudi avant-midi, le premier ministre du Québec François Legault a assuré qu'il fera tout en son possible pour protéger un maximum d'emplois chez Bombardier. Si jamais une transaction ou une aide financière de son gouvernement était considérée pour soutenir l'entreprise, elle s'accompagnerait obligatoirement de garanties, a-t-il insisté.

Avec les informations de La Presse canadienne

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