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Un Winnipégois tente de sauver sa hutte en bois de la destruction

Un homme se tient debout dans l'entrée d'une hutte, sous un rondin sur lequel est inscrit bienvenue.

Philippe Sabourin a construit cette hutte en branches tissées dans le parc Henteleff pendant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Camille Kasisi-Monet

Alexia Bille

Philippe Sabourin tente d'empêcher la Ville de Winnipeg de détruire la hutte en bois tressé sur laquelle il a travaillé des journées entières. Comme elle est construite dans le parc Henteleff, le caractère isolé du lieu inquiète la mairie et les habitants du quartier Saint-Vital, qui craignent que le lieu ne soit propice à la tenue d’activités répréhensibles à l'abri de regards.

Selon le conseiller municipal de Saint-Norbert - Rivière Seine, Markus Chambers, c’est un lieu caché. Les femmes qui marchent dans le secteur sont potentiellement vulnérables .

Pour Philippe Sabourin, l'idée d'avoir à démolir sa hutte est incompréhensible. C’est à 60 mètres d’un sentier majeur, déclare-t-il. C’est peu probable que quelque chose de négatif se passe ici. Arrêtons d’entretenir un climat de peur.

Selon lui, le lieu est surtout propice à la complicité. Il permet de réchauffer les corps et les cœurs. Des familles s’arrêtent ici pour se couper du vent, se réchauffer et prendre un bon chocolat chaud, dit-il.

Je pensais que les marcheurs du parc apprécieraient.

Une citation de :Philippe Sabourin, retraité

M. Chambers explique que l'aspect sécuritaire de la structure sera également étudié, afin d'établir s'il y a un danger de chutes de branches. Il affirme que « dans le passé il y a eu des tragédies humaines à cause de constructions qui se sont effondrées », ce qu'il cherche à éviter.

Philippe Sabourin a entamé des pourparlers avec la Ville dans l’espoir de faire valoir sa vision positive du lieu.

Mais il a également contacté la présidente de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, Paulette Duguay. Il explique que les Métis et les membres des Premières Nations de la région avaient eux-mêmes des huttes sur la rive de la rivière Rouge autrefois. J’espère démontrer que c’est une place sacrée, dit-il. L’Union a déjà organisé deux cérémonies de purification sur le site.

Le fait que la Ville menace de la détruire, ça m’a découragé et ça me fait mal au cœur. La hutte est à 95 % terminée, mais je veux l'embellir un peu et boucher les derniers petits trous.

Une citation de :Philippe Sabourin, retraité

Des centaines d'heures de construction

Le retraité, qui se définit comme un homme des bois, a l’habitude de faire des marches dans le parc, qui se trouve à deux pas de chez lui. C’est lors d’une de ces promenades qu’il est tombé sur la petite hutte faite de branches tressées. Voyant qu'elle était à peine commencée et déjà abandonnée, il a décidé de terminer la structure.

Il a commencé la construction à la mi-novembre pour occuper ses journées durant la pandémie. Il a parfois passé plus de six heures par jour à rajouter des branches à son abri, et il lui arrive de rester jusqu’à la nuit tombée. J’ai aimé travailler pendant la lune du loup, déclare-t-il. Je pouvais voir la lune depuis l’intérieur et repérer les espaces vides.

Un homme est assis dans une hutte en bois en hiver.

Il faut parfois 10 minutes à Philippe Sabourin pour ajouter une seule branche à la structure.

Photo : Radio-Canada / Camille Kasisi-Monet

C’est la première fois que Philippe Sabourin construit une structure en bois. Enfant, je faisais parfois des petits tipis, mais rien de tel que ça, avoue-t-il. J’ai appris en construisant.

Pour lui, construire cette hutte est une véritable passion. Certains soirs, je m'arrête, je suis épuisé et je marche vers chez moi, raconte-t-il. Sur le chemin, je vois de belles branches et je reviens deux ou trois fois pour les ajouter à la structure. Il estime avoir consacré plusieurs centaines d'heures à la construction du refuge.

Avec les informations de Camille Kasisi-Monet

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