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L'amour sous COVID-19 : ces histoires ordinaires...et extraordinaires

Maria Bhersafi dansant avec son époux.

Le couple souhaitait initialement un mariage en août au Liban, le pays d’origine de Maria, avant de réexaminer ses attentes.

Photo : JustKlik Productions

Radio-Canada

La Saint-Valentin n'aura pas la même allure, cette année, pour les histoires d'amour rescapées de la COVID-19 et parfois nées en pleine pandémie. Voici quelques récits à coeur ouvert de rencontres impossibles, au sens propre comme au figuré.

(Propos recueillis par Maud Cucchi)

Maria Bhersafi et Marc Poirier, en tenue de cérémonie, devant un luxueux château.

Quand ils se sont fiancés en juillet 2019, les Torontois Maria Bhersafi et Marc Poirier n’auraient jamais imaginé devoir changer plusieurs fois leurs projets de mariage.

Photo : JustKlik Productions

Maria Bhersafi, Toronto

Nos plans ont changé trois ou quatre fois, mais on a décidé de se marier malgré la pandémie. Avec Marc, on aurait adoré organiser un grand mariage de 320 invités, comme prévu. Mais pour nous, le plus important, c’était d’être entourés de notre famille et de nos amis proches.

À 60 personnes, finalement, je pense que c’était mieux, plus intime. On a pu passer du ''quality time'' avec tous ceux qu’on aimait le plus, au lieu de dire rapidement bonjour en circulant de table en table.

Une citation de :Maria Bhersafi

Je tenais à me marier à l’église, au centre-ville de Toronto, où j’ai été baptisée, enfant. La température de chaque invité a été prise avant d’entrer dans l’église. Pendant la cérémonie, les gens portaient des masques et les familles étaient assises ensemble. Un banc les séparait les unes des autres. Plusieurs invités ont gardé leur masque, ensuite, à la fête organisée dans la cour de mes parents, même si ce n’était pas obligatoire.

Des demoiselles d'honneur portant des masques transparents.

Les invités du mariage ont dû porter des masques durant la cérémonie religieuse.

Photo : JustKlik Productions

On a avancé le mariage d’un mois, en septembre, pour éviter les risques de pluie et de neige en sachant qu’il faudrait tout organiser à l’extérieur. Au cocktail, nous avons proposé un buffet et embauché des serveurs qui circulaient pour nous servir et nous éviter de toucher à la nourriture.

Ça offrait l’occasion de se voir, beaucoup d’invités sont restés dans leur bulle sans voir personne, depuis le début de la pandémie. Quant au voyage de noces, nous n’avions rien prévu puisque Marc est enseignant et l’école avait repris. On s’est vraiment décidé de manière impulsive, avant Noël... pour le Mexique. On est revenus juste avant la fermeture des frontières, on a eu de la chance.


Claudette Gravel, Nepean

Giorgio et Claudette en extérieur.

Après avoir retrouvé Giorgio sur Facebook, Claudette Gravel est allée lui rendre visite en Italie pendant deux mois, comme il y a 50 ans.

Photo : Claudette Gravel

J’ai rencontré Giorgio dans les années 1970, j’avais 25 ans et je travaillais comme agente de bord pour Air Canada. En escale à Londres, deux Italiens croisés par hasard dans un parc m’ont demandé de les prendre en photo. J’ai eu le coup de foudre pour l’un d’eux, nous avons passé deux jours fantastiques ensemble à visiter la ville, mais je vivais déjà une relation de couple à Montréal et nous nous apprêtions à partir vivre en Inde.

Avant d’y déménager, ma sœur reçoit un télégramme, un ti amo de Giorgio qui tombe entre les mains de mon partenaire de l’époque, bien décidé alors à couper court à notre relation. Je change mes plans pour retrouver Giorgio en Italie pendant deux mois. Je pensais qu’il vivait chez sa mère, c’est ce qu’il m’avait dit, mais je découvre qu’il est marié avec deux enfants. C’est une époque où le divorce n’existait pas en Italie.

On s’est quittés, on a fait nos vies séparément jusqu’à ce que je le retrouve sur Facebook 50 ans plus tard, en novembre dernier, pendant le confinement.

Une citation de :Claudette Gravel

J’avoue ne pas l’avoir reconnu tout de suite. Il était beau, toujours avec beaucoup d’humour. On a communiqué en se voyant sur Messenger trois fois par jour.

Une amie me confie qu’elle n’aurait pas la patience d’attendre pour le revoir. Sur son conseil, je planifie un séjour de deux mois pour aller retrouver Giorgio en Italie malgré la pandémie, et je réserve un premier billet d’avion, annulé à cause des restrictions européennes. Puis un deuxième. L’attente, l’incertitude, tout ça c’était stressant. Quand je suis arrivée à l'aéroport, on s’est serré fort dans les bras.

Le jour de la Saint-Valentin marque la fin de ma quatorzaine obligatoire. Il y a 50 ans, je crois que ça n’aurait pas marché entre nous, deux fous !


Clément Roy, Toronto

Clément Roy et Angelina Ferreira.

Clément Roy et Angelina Ferreira, fraîchement en couple, ont tenté l'expatriation à Toronto malgré la pandémie.

Photo : Clément Roy

On s’est rencontrés à une pendaison de crémaillère, en France, et j’avais déjà obtenu mon PVT (NDLR : Programme vacances-travail) pour venir au Canada. On s’est ajoutés sur les réseaux sociaux, ça a vite matché entre nous. Au bout de deux mois, elle m’a avoué que ça l’embêtait que je parte à l’étranger. Comme elle est franco-portugaise, elle a pu faire sa demande de PVT au Portugal et son dossier a été tiré au sort.

On a emménagé seulement quelques semaines ensemble avant de partir tous les deux au Canada. Un mois après notre arrivée à Toronto, on est tombés en confinement. On se retrouvait 24 h sur 24 ensemble. On a appris à se connaître. Ça fait ressortir les petits défauts du quotidien qui peuvent agacer, mais on a réussi à tenir le coup.

Clément Roy et Angelina Ferreira dominant les immeubles de Toronto, en arrière plan.

« On arrive à Toronto le 11 mars sans se douter que notre vie allait se résumer à juste nous deux en plein centre de Kensington Market, après seulement 6 mois vie de couple », résume Clément Roy.

Photo : Clément Roy

On se parle beaucoup, on ne garde pas nos problèmes pour soi. Certains soirs, on éteint la télé et on discute ensemble de ce qui ne va pas. Je suis directeur artistique en publicité, elle est chargée de projet. Je suis plus souvent dans la lune qu’elle, qui est organisée. J’ai appris à mettre de l’ordre dans ma vie et dans mes actes.

Le confinement nous a aidés tous les deux dans notre développement personnel.

Une citation de :Clément Roy

Les petites attentions, ça compte. Je crois qu’il faut toujours essayer de surprendre. Dernièrement pour lui remonter le moral, je lui ai préparé du thé avec des petits mots positifs, un mantra. On s’organise, on est tous les deux en télétravail, l’un dans la chambre, l’autre dans le salon pour passer des appels. Je suis devenu son arrière-plan animé.


Laure Ruiz, Windsor

Laure Ruiz dans une voiture.

Les rencontres amoureuses ont été mises à mal avec l'apparition de la COVID-19, comme l'explique Laure Ruiz, une résidente de Windsor.

Photo : Laure Ruiz

Je suis Française, arrivée à Ottawa en PVT et j’habite à Windsor depuis un peu plus d’un an. En région ontarienne, c’est plus difficile de rencontrer quelqu’un, je trouve, et pourtant je ne suis pas à la recherche de francophones spécifiquement.

Windsor, c’est une zone industrielle, les intérêts sont très orientés vers la pêche, la chasse et les voitures, pour schématiser. Il y a moins de personnes ayant fait des études supérieures, peu de gens qui ont voyagé et parlent d’autres langues que l’anglais.

C’est aussi un endroit très religieux, ce qui explique l’ambiance plus conservatrice. Beaucoup se marient jeunes et la plupart des gens de mon âge ont déjà des enfants. Je suis célibataire depuis quelques années et j’utilisais déjà les applications de rencontres en France.

Avec le confinement, les rencontres se sont compliquées. C’est difficile de rencontrer quelqu’un quand on n’est pas censé sortir de chez soi, qu’on ne peut pas rencontrer d’autres personnes en dehors de son foyer ou de la maisonnée de référence.

Une citation de :Laure Ruiz

Depuis la COVID, j’ai remarqué une hausse des nouvelles inscriptions sur les applications comme Bumble et Hinge. Soit les discussions sont plus pressantes, ou carrément sans fin. Tant que les restrictions sanitaires resteront en vigueur, je ne leur accorderai pas beaucoup d’énergie.
Ne reste plus qu’à croiser les doigts très, très fort pour que les bars et les restaurants rouvrent.

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