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Santé mentale : Shawinigan victime de son expertise?

L'une des avenues les plus achalandées du secteur Grand-Mère à Shawinigan.

Le coût de location des appartements est invitant, les ressources communautaires y sont nombreuses. Les avantages de Shawinigan ont convaincu de nombreuses personnes ayant besoin de soins spécialisés d'y déménager.

Photo : Radio-Canada

On retrouve à Shawinigan l’un des plus importants centres de santé mentale du Québec. On l’appelait autrefois l’hôpital Sainte-Thérèse. Son équipe de psychiatre est chevronnée. La qualité des soins et les nombreuses ressources communautaires externes qu’on y retrouve ont convaincu plusieurs patients d’y emménager.

Chaque année, on y traite des milliers de personnes provenant d’un peu partout en Mauricie et au Centre-du-Québec. 

À leur sortie de l’hôpital, plusieurs vont rester parce que ça ne coûte pas cher de loyer, parce qu’il y a des organismes pour les aider avec la nourriture, les vêtements et leurs problèmes de santé , explique Lorraine Lemay, la directrice générale de l’organisme Le Phénix qui vient en aide aux gens qui vivent avec une maladie mentale.

Les fermetures de deux papetières et d’une aluminerie en moins de 10 ans ont fait extrêmement mal à l’économie locale. Plusieurs de ces hauts salariés ont dû se résigner à accepter un emploi beaucoup moins payant. D’autre, ont quitté la ville. Ce ne sont pas les appartements vides qui manquent.

Pour les patrouilleurs de la Sûreté du Québec, c’est devenu le quotidien. Une personne en crise, une autre qui trouble l’ordre public guidé par ses voix intérieures. Dépression, bipolarité, troubles anxieux; autant de problèmes qui peuvent conduire les gens à demander l’aide des policiers.

Ça peut être une personne dans son logement ou sa maison qui est en crise, qui détruit des meubles en criant. Ça peut être une personne qui vit complètement autre chose, qui est solitaire et qui va fermer les rideaux pendant trois jours. Un membre de la famille ou un voisin inquiet nous appelle. La personne est finalement cachée dans sa garde-robe parce qu’elle craint d’être suivie ou recherchée par quelqu’un. Ce sont des situations toujours très différentes et il faut trouver la bonne façon d’intervenir pour aider cette personne , explique l’agent Francis Trudel, policier à Shawinigan depuis près de 25 ans.

Interventions de longue durée

Tout repose selon lui sur le lien de confiance. Une bonne écoute permettra d’établir une meilleure communication.

Ce qu’on veut éviter, ce sont les interventions physiques. Quand les policiers interviennent, ils sont toujours conscients qu’ils interviennent auprès d’une personne malade. Nous voulons l’aider et notre intervention ne se fait pas dans le même contexte qu’une intervention après la commission d’un acte criminel.

Un policier achète un café au marché public de Shawinigan

L'agent Francis Trudel est policier à Shawinigan depuis 24 ans.

Photo : Radio-Canada

Depuis son arrivée au poste de Shawinigan en 1997, les façons de faire ont bien changé.

Si je recule dans le temps, ce qu’on faisait comme policier avec un cas de santé mentale, c’était d’amener la personne à l’hôpital. Aujourd’hui, c’est très différent. Il s’agit d’une intervention où il n’y a pas de limite de temps. Ça prendra le temps que ça prendra, mais il faut réaliser la meilleure intervention possible dans l’intérêt de cette personne , conclut-il.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne cache pas que plus les années passent, plus la présence toujours plus nombreuse de ces patients amène certains défis à l’administration municipale.

Ces gens méritent très certainement d’avoir les soins requis. Je pense que c’est une chance d’avoir un centre régional. Il faudrait toutefois avoir une quantité plus importante de policiers, estime-il.

Il demande à la Sûreté du Québec de déployer plus d’agents sur son territoire. Il ajoute que Shawinigan est la ville toute désignée pour y implanter un projet-pilote de brigade mixte ou d’autres moyens moins traditionnels dans le but de mieux répondre à une problématique sociale connue de tous.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, demande à la Sûreté du Québec d'augmenter le nombre d'effectifs dans sa ville et de mettre en place des brigades mixtes en partenariat avec le réseau de la santé.

Photo : Radio-Canada

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