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Programme scolaire albertain : 100 000 $ dépensés pour des experts controversés

Le seul conseiller francophone, lui, n’a travaillé que quatre jours.

Des élèves en classe.

La révision du programme scolaire pour la 7e à la 10e année devrait commencer cette année. Sa mise en oeuvre est prévue pour l’automne 2023, suivie de celle du programme pour la 11e et la 12e année.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le gouvernement albertain a versé près de 100 000 $ aux 19 experts embauchés pour une révision controversée des programmes scolaires en Alberta. Certains des experts les mieux rémunérés sont également les plus critiqués.

Deux consultants controversés

William French, un avocat de Calgary, a reçu 25 000 $ pour 63 jours de travail. Selon des informations fournies par le bureau de la ministre de l’Éducation, Adriana Lagrange, il a été chargé d’examiner et faire des recommandations sur la section des programmes scolaires sur les arts et la littérature.

Jusqu’à maintenant, c'est l’expert le mieux rémunéré du groupe.

Pourtant, d’autres spécialistes en musique et en arts visuels qui ont examiné ses recommandations ont qualifié ces dernières d'eurocentriques, de dépassées et même de racistes dans certains cas.

Chris Champion est l’éditeur du magazine d’histoire The Dorchester Review et a travaillé pour Jason Kenney lorsqu’il était ministre fédéral.

Il a pour sa part été payé 15 400 $ pour 38,5 jours de travail, toujours selon le ministère de l’Éducation.

Certains de ses articles ont été accusés de minimiser l’impact des pensionnats autochtones sur les Autochtones et de ridiculiser certaines activités culturelles des Premières Nations.

De voir pendant combien de jours il a été impliqué dans le processus est assez inquiétant, affirme le président de l'Association des enseignants de l'Alberta, Jason Schilling.

Il ajoute que les enseignants albertains ont pour la plupart été exclus du processus et qu’il ignore les critères selon lesquels la province a choisi ses conseillers.

Un seul expert francophone

Bien que le programme scolaire soit censé être rédigé en français et en anglais simultanément, l’unique conseiller francophone n’a travaillé que quatre jours à l’examen du programme.

À l’automne, CBC/Radio-Canada a obtenu des documents confidentiels présentant une série de recommandations pour la réforme du programme d’études sociales et d’arts pour la maternelle à la 4e année.

Selon plusieurs experts, ces dernières signalaient un recul important pour les perspectives francophones et autochtones dans le monde de l’éducation en Alberta.

Ce qui revient le plus souvent, c’est leur inquiétude [des parents] qu’on va perdre l’histoire des francophones en Alberta. [...] Donc, c’est notre rôle de vraiment s’assurer que notre histoire est protégée et a toujours sa place dans le programme pour l’éducation de nos jeunes et les futures générations, affirme la présidente de la Fédération des parents francophones de l'Alberta (FPFA), Gillian Anderson.

Elle craint également que la province ne prenne pas en compte l'opinion d’experts locaux sur le sujet.

Le plan de révision du programme scolaire du gouvernement prévoit la consultation de groupes tels que la FPFA cet hiver et ce printemps. Gillian Anderson affirme cependant qu’elle ne recevra les documents que lorsqu’ils seront rendus publics.

C’est difficile de faire des recommandations quand on ne vous donne pas l’opportunité de le faire avant qu’il soit trop tard, déplore-t-elle.

La province défend ses choix

Selon la ministre de l'Éducation, les recommandations des experts ne sont pas contraignantes et pourraient ne pas être incluses dans la version finale du nouveau programme.

Les conseillers sont des experts dans leur domaine, et leur expérience est requise pour cibler des aspects spécifiques de l’ébauche du programme scolaire , ajoute l'attaché de presse d'Adriana Lagrange, Justin Marshall.

Le gouvernement albertain a récemment embauché deux conseillers supplémentaires qui ne viennent pas de l’Alberta pour réviser le programme scolaire.

Il s’agit de Paul Bennet, un consultant en éducation et auteur d’Halifax, qui devra se pencher sur le programme de sciences sociales, et d’Alain Desrochers, un psychologue scolaire de l’Université d’Ottawa, qui a déjà fait des recommandations au sujet de la proportion de l'enseignement du français du programme.

Le nouveau programme scolaire du primaire devrait commencer à être testé dans certaines écoles en septembre 2021. Sa mise en oeuvre complète est prévue pour septembre 2022.

Avec les informations de Janet French

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