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Un expert craint une 3e vague en Ontario si la semaine de relâche est maintenue

Doug Ford et Stephen Lecce marchent dans le corridor d'une école, passant devant des casiers.

Le premier ministre ontarien Doug Ford et son ministre de l'Éducation Stephen Lecce

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Les progrès du confinement pourraient se perdre très vite si la population baissait la garde pendant la semaine de relâche, avertit le virologue Hugues Loemba.

Les nouveaux variants plus contagieux de la COVID-19, absents à Noël des préoccupations sanitaires en Ontario, risquent de déclencher une troisième vague de contaminations pendant les vacances de mars, selon ses prédictions.

De surcroît, le portrait épidémiologique publié par la province pourrait ne pas correspondre à la réalité, prévient le virologue : Nous n'avons pas séquencé en nombre assez grand les nouveaux cas de contamination, seulement une infime partie, dit-il, nous n'avons pas de vraie image actuelle des nouveaux variants en Ontario.

Dans ce contexte incertain, faut-il alors reporter ou annuler la semaine de relâche? D’un point de vue épidémiologique, le gouvernement peut très bien prendre des mesures, mais il faut qu’elles soient révisées toutes les semaines, prévient M. Loemba, chercheur clinicien à l'Hôpital Montfort, à Ottawa.

Il préconise d'attendre la semaine précédant les vacances prévues le 15 mars pour que le gouvernement puisse se décider à partir d’un portrait épidémiologique plus fidèle de la situation provinciale.

Le gouvernement est pris entre le marteau et l'enclume. Certes, les données actuelles s'améliorent pour les contaminations et les hospitalisations, mais les chiffres sur les nouveaux variants ne font qu'augmenter depuis janvier.

Une citation de :Hugues Loemba, virologue et chercheur à l'Hôpital Montfort

Au début du mois, le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, avait évoqué la possibilité d'annuler la semaine de relâche afin de réduire les déplacements et la propagation de la COVID-19, y compris les variants plus contagieux.

Mais l’Ontario refuse depuis de trancher, et ce malgré la pression de certains parents d’élèves et d'enseignants qui aimeraient bien planifier leurs congés au moins un mois à l’avance.

Nous suivrons l'avis du médecin hygiéniste en chef a répondu le ministère de l'Éducation, refusant de confirmer la tenue d’une mise au point sur la relâche scolaire évoquée dans le journal Toronto Sun, mercredi.

Avis divergents

Pour certains parents soulagés de renvoyer leurs enfants à l'école après deux mois de confinement à la maison, ces vacances débuteraient bien trop tôt en étant maintenues le 15 mars. Sans les camps de jour, je n'ai aucun problème à ce qu'ils aillent à l'école pendant la semaine de relâche, partage Gemma Leggett, mère de famille.

Mes enfants ont besoin de leurs amis. [...] Ils n'ont plus besoin d'être devant un ordinateur, une tablette ou une télé, ils ont besoin d'activités physiques et de rapports humains, poursuit-elle.

La semaine de relâche, elle va se passer à la maison, devant la télé, parce que nous, on doit continuer à travailler.

Une citation de :Gemma Leggett, mère de famille

L'idée a soulevé une levée de boucliers de la part des syndicats d'enseignants, qui ont affirmé que leurs membres, les élèves et les parents avaient besoin d'une pause. L'Ontario Public School Boards Association (OPSBA), par exemple, invoque la santé mentale pour justifier le nécessaire maintien des vacances.

En confinement, les enseignants et les élèves ont continué de travailler, témoigne Julie Lupetu, mère de trois enfants scolarisés. Ils ont droit à ces vacances et ils en ont vraiment besoin.

Selon elle, annuler la semaine de relâche reviendrait à punir tout le monde pour quelques personnes qui ne respectent pas les règles, dénonce Mme Lupetu en commentant les options sans suite lancées par le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce.

Nombre de parents et d'experts pressent la province de fournir plus de détails, après avoir promis de bonifier le dépistage asymptomatique dans les écoles.

Un ballon politique?

L'annonce provinciale laissée en suspens présente les critères d'un ballon politique, selon la politologue de l'Université d'Ottawa, Geneviève Tellier.

C'est une façon de sonder le terrain, de tester les eaux, de voir comment [la décision] va être reçue par la population.

Une citation de :Geneviève Tellier, politologue à l'Université d'Ottawa

Cette stratégie de communication politique vise aussi à préparer les esprits à l'adoption de mesures plus restrictives, particulièrement dans un contexte de crise, ajoute Mme Tellier.

Mais quand il est question de considérations en santé publique inévitablement impopulaires, ça n'est pas toujours une bonne idée de sonder l'opinion publique.

Les écoles sont rouvertes partout en Ontario, sauf dans les zones chaudes de Toronto, Peel et York, où le retour en classe doit avoir lieu mardi prochain. Les élèves de ces trois régions poursuivent leur apprentissage en ligne depuis la fin du congé des Fêtes en janvier.

Avec les informations de Thalia D'Aragon-Giguère et de Maud Cucchi

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