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Manoir Liverpool : l’Ordre des infirmières ouvre une enquête à son tour

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Le Manoir Liverpool est une résidence privée pour aînés située à Lévis.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Radio-Canada a appris qu'après avoir pris connaissance du rapport d’enquête faisant état de maltraitance et de négligence au Manoir Liverpool, la Direction du Bureau du Syndic de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) déclenche une enquête. La copropriétaire du Manoir Liverpool, Manon Belleau, est inscrite au tableau de son ordre professionnel depuis 1997.

Des résidents qui ne mangent pas à leur faim, privés de bain pendant des semaines, victimes d’erreurs de médication et vivant dans un milieu insalubre, entre autres, les conclusions de l’enquête du CISSS de Chaudière-Appalaches ont confirmé les révélations de Radio-Canada.

La situation durait depuis au moins cinq ans, démontre le rapport rendu public vendredi concernant le Manoir Liverpool, une résidence privée pour aînés (RPA) de Lévis accueillant aussi des patients en ressource intermédiaire (RI).

Cette infirmière-là, comme propriétaire, est-ce qu'elle donnait des soins directement aux usagers? Est-ce qu'il y a d'autres infirmières qui travaillaient dans cet établissement-là? Ce sont des choses que le Syndic va devoir vérifier, explique le président de l’OIIQ, Luc Mathieu.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1711198/residences-aines-pavillon-bellevue-manoir-liverpool-problemes-gestion-cisss-chaudiere-appalaches

Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ)

Photo : Radio-Canada

Luc Mathieu assure cependant que même si la propriétaire ne donnait pas directement des soins, les articles du code de déontologie pour la négligence et la maltraitance s’appliquent. À plus forte raison si l'enquête confirmait qu'elle a masqué, caché par différents stratagèmes la situation. Ça ce n’est pas bon pour elle si c'est le cas, précise M. Mathieu.

Si ça va jusqu'au conseil de discipline, ça pourrait être des choses qui pourraient aggraver la situation de cette personne-là.

Une citation de :Luc Mathieu, président de l'OIIQ

L’enquêtrice parle dans son rapport de stratagèmes permettant de cacher la réalité et tromper les inspecteurs. La présente enquête administrative a mis en exergue l’absence de concordance entre la rhétorique et la réalité vécue, au quotidien, par des usagers, des familles et des employés au sein de ses ressources intermédiaires, écrit-elle également.

Luc Mathieu estime que cela pourrait être un facteur aggravant. S'il y a eu des stratagèmes pour masquer, effacer ou cacher ces choses-là, c'est l'enquête qui pourra déterminer ça.

Manon Belleau n’a pas été informée de la tenue de cette enquête, nous répond par courriel la porte-parole du Manoir Liverpool. Mme Belleau est copropriétaire du Manoir Liverpool avec Claude Talbot. Les partenaires d'affaires possèdent deux autres RPA dans la région, la Villa Bellevue et la Villa des Etchemins.

Manon Belleau a obtenu son permis de l'OIIQ le 28 août 1997, selon le bottin disponible sur le site Internet de l'organisation. Cette personne est présentement inscrite au Tableau 2020-2021 avec plein droit d’exercice, peut-on lire.

Le lieu d'exercice principal indiqué est la Villa Bellevue et un second lieu a été ajouté, le Pavillon Bellevue, un CHSLD privé conventionné opéré par son associé, Claude Talbot.

C'est pas juste la faute de la pandémie

La situation du Manoir Liverpool témoigne d’un phénomène qui préoccupe l’OIIQ depuis déjà plusieurs années, selon le président, soit le nombre insuffisant d'infirmières dans les milieux de vie pour aînés où l'on retrouve de plus en plus de gens aux prises avec des problèmes cognitifs.

S'il n'y a pas assez d'infirmières dans ces milieux-là pour faire une bonne évaluation de la condition physique et mentale de ces personnes-là pour donner des consignes cliniques aux autres membres de l'équipe, on n'est pas plus avancé, dit Luc Mathieu. Ça nécessite des connaissances, une expertise.

On traite les personnes âgées dans le réseau de la santé comme on les traite dans la société.

Une citation de :Luc Mathieu, président l'OIIQ

Bien avant la pandémie, depuis environ 15 ans, l'Ordre des infirmières fait des représentations pour déplorer cette situation-là sur le nombre de personnes qui travaillent dans ces milieux-là et le profil qu'ils ont, dit Luc Mathieu.

Une médecin au chevet d'un patient âgé.

Les infirmières des centres de soins de longue durée peuvent maintenant évaluer l'état de santé des résidents.

Photo : iStock

Comme j'ai déjà dit au ministre Dubé, dans le cas des CHSLD, quand on a engagé beaucoup de préposés aux bénéficiaires, c'était très bien, mais s'il y a juste des préposés aux bénéficiaires et pas assez d'infirmières on n'est pas plus avancés, mentionne Luc Mathieu.

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