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L’intelligence artificielle pour lutter contre le décrochage au cégep

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Un montage montre un cerveau et des pièces électroniques.

Un montage montre un cerveau et des pièces électroniques.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le Cégep de Chicoutimi ainsi que celui de Rimouski s’allient avec la firme Optania de Saguenay pour lancer deux outils utilisant l’intelligence artificielle pour venir en aide aux étudiants.

Les deux plateformes ont été développées, au coût de 1,1 M$, en collaboration avec la firme en développement technologique.

Le Cégep de Chicoutimi à participé à la création du logiciel ISA qui peut dresser le profil des étudiants dès leur admission et évaluer leur risque d'abandon. Le Cégep de Rimouski a contribué à celui nommé Ali, qui est un robot conversationnel qui guide les jeunes vers les bonnes ressources d'aide psychosociales. Toutefois, les deux technologies sont disponibles dans les deux institutions.

Interface de suivi académique

Au Cégep de Chicoutimi, l'Interface de suivi académique (ISA) permettra de sauver plusieurs semaines d’analyses, qui étaient auparavant faites manuellement par les aides pédagogiques individuels (API). Jusqu’ici, les suivis de la réussite scolaire ne pouvaient débuter qu’à la mi-session avec les élèves. On est rendus des fois à la dixième semaine pour essayer de ramener l’étudiant sur le bon chemin, mais sur une session de 15 semaines, on se rendait souvent compte qu’on n’y arrivait pas, raconte Dominic Dufour, API au Cégep de Chicoutimi. 

On voit le logiciel ISA, avec plusieurs données, notamment les informations des étudiants, le programme d'étude, la cohorte, ainsi que leur statut.

Le logiciel ISA permet de cibler les étudiants à risque de décrocher, afin de leur fournir un soutien adapté.

Photo : Optania

Le directeur des études au Cégep de Chicoutimi, Christian Tremblay, explique qu’ISA fonctionne en compilant les données des dix dernières années, en utilisant 70 indicateurs, et en lançant un signal d’alarme lorsqu’un étudiant semble se diriger vers l’échec.

Un robot conversationnel

Ali est accessible sous forme d’application, qui peut être téléchargée sur les téléphones des étudiants. Le robot permet de guider les étudiants vers des services psychosociaux. Ça ne remplace pas nos services. On ne remplace pas des humains qui donnaient le soutien par des robots conversationnels, rassure le directeur général du Cégep de Rimouski, François Dornier. Ce premier contact-là permet à un étudiant qui est seul chez lui ou en stage d’obtenir de l’aide plus facilement.

On voit l'application Ali, qui ressemble à une messagerie texte, ainsi qu'un texte explicatif.

L'application Ali permet aux étudiants d'avoir un premier contact, pour les diriger vers les bonnes ressources.

Photo : Radio-Canada / Optania

Des comités d'éthique recommandés

Questionné au sujet de l'utilisation des données des jeunes, le président d’Optania, Louis-Raphaël Tremblay, se montre rassurant.

On a des façons de traiter qui sont quand mêmes sécuritaires et surtout anonymisées. Il y a une façon de créer des modèles sans savoir de qui on parle, précise le président. Il donne l’exemple d’Ali, qui n’obtient que le prénom du jeune concerné, et qui, dans le cas où une ressource est nécessaire, demandera les informations à l’étudiant avant de les relayer à la bonne personne.

Le Syndicat des enseignants du Cégep de Chicoutimi voit dans ces projets des outils complémentaires à leur approche pour les amener les jeunes vers la réussite.

Cependant, l'utilisation des données des étudiants a soulevé certaines interrogations chez les enseignants. On a quand même de nos membres qui ont été touchés par trois vols de données. C'est pour ça qu'il y avait des petites questions à ce niveau-là, a expliqué le vice président Mathieu Lepage.

Le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le numérique en éducation, Thierry Karsenti, croit que les institutions doivent valoriser les données qu'elles possèdent pour aider les jeunes dans leur parcours.

Il recommande toutefois la mise sur pied de comités d'éthique dans les cégeps qui l'utilisent. L'idée d'un comité, c'est vraiment pour permettre à tout le monde de réfléchir, de permettre à tout le monde de poser des questions, d'avoir des gens aussi qui sont externes à ce projet-là d'amener leurs interrogations. L'idée du comité, ce n'est pas de ralentir, ce n'est pas de restreindre l'usage, c'est plutôt de mettre un cadre autour de tout ça, a-t-il proposé.

Montage financier des deux projets :

Ali (au Cégep de Rimouski)

  • Optania: 290 000 $
  • Conseil national de recherches du Canada: 88 000 $
  • Cégep de Rimouski: 265 000 $
  • Total: 643 000 $

ISA (au Cégep de Chicoutimi)

  • Optania: 155 000 $
  • Conseil national de recherches du Canada: 48 000 $
  • Cégep de Chicoutimi: 275 000 $
  • Total: 478 000 $

D'après un reportage de Claude Bouchard

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