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Une minute de silence pour l'adolescente tuée dimanche à Saint-Léonard

Une femme est soutenue par des proches.

Les proches de Meriem Boundaoui étaient inconsolables, mardi.

Photo : Radio-Canada / Pascal Robidas

Les proches de la jeune Meriem Boundaoui, qui a perdu la vie en fin de semaine lors d'une fusillade dans l'arrondissement montréalais de Saint-Léonard, se sont réunis mardi après-midi à l'endroit où elle a été abattue pour pleurer sa mort.

De nombreux membres de la communauté algérienne, dont faisait partie la victime, se sont rendus près de l'intersection des rues Valdombre et Jean-Talon pour y déposer des fleurs et des peluches en mémoire de l'adolescente de 15 ans, qui se trouvait dans une voiture lorsque celle-ci a été criblée de balles, dimanche soir.

Familles et amis sont consternés. Ils n'arrivent pas à comprendre pourquoi l'adolescente a été prise pour cible par les assaillants.

Meriem Boundaoui était venue il y a deux ans rejoindre ses deux grandes sœurs au Canada pour poursuivre ses études, laissant derrière elle ses parents en Algérie. Sa sœur Safia leur avait promis de veiller sur elle.

C'est un désastre pour nous. Ma sœur, elle était notre rêve au Canada.

Safia Boundaoui

Dimanche soir, les membres de la famille de Meriem sont venus à son chevet, à l'Hôpital du Sacré-Cœur. Ils n'ont pu que lui dire adieu. Les médecins nous ont dit qu'il n'y avait rien à faire, alors on a décidé de débrancher les machines, raconte avec tristesse son beau-frère Samir Bouchoul.

Sous le choc, l'autre beau-frère de la victime, Saïd Benyahia, en parlait encore au présent mardi.

Meriem, c'est une fille qui aime la vie, qui est dans la fleur de l'âge... C'est le moment où elle va commencer sa vie, a-t-il raconté. Ce 16 mars, elle va avoir 16 ans. Elle rêve de commencer à passer son permis de conduire. Elle a plein de projets, mais là, il est arrivé ce qui est arrivé. Dommage pour elle. Dommage pour nous tous.

Un égoportrait de Meriem Boundaoui

Meriem Boundaoui

Photo : Courtoisie

Un homme de 21 ans qui se trouvait dans la voiture avec Meriem Boundaoui a également été blessé.

Selon nos informations, deux suspects ont été identifiés dans cette affaire, qui pourrait être liée aux gangs de rue. Meriem Boundaoui, elle, n'aurait rien à voir avec la criminalité. Tout indique que l'adolescente, atteinte à la tête par un projectile, a été une victime collatérale de la fusillade.

Les deux suspects cagoulés roulaient dimanche soir dans une voiture de luxe lorsqu'ils ont fait feu en direction du véhicule dans lequel se trouvait Meriem Boundaoui. Au moment du drame, celle-ci discutait avec un groupe d'amis sur le trottoir.

Aucune arrestation n'a été effectuée jusqu'à présent dans ce dossier. En entrevue avec Patrice Roy, mardi, l'inspecteur David Bertrand, de la section des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a toutefois promis de mettre tous les efforts pour réussir à élucider ce crime-là.

Plusieurs policiers se sont d'ailleurs déployés dans Saint-Léonard mardi pour tenter de retrouver des témoins de la fusillade.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Enquête sur Meriem Boundaoui tuée à 15 ans

Une flambée de violence embrase l'est de Montréal depuis l'automne dernier. Mardi matin, le Journal de Montréal faisait état de 33 fusillades en six mois, la plupart dans le nord-est de l'île.

Le SPVM confirme que le nombre de crimes violents par arme à feu à augmenté de 15 % de 2019 à 2020 sur son territoire.

Ce qu'on voit actuellement, c'est vraiment un phénomène, explique l'inspecteur Bertrand. Les gens criminalisés ont un sentiment d'impunité. Ils ne se gênent plus pour utiliser les armes à feu. On voit une banalisation des armes à feu... Sur les réseaux sociaux, dans les partys, les gens montrent leur arme à feu.

Une stratégie globale est nécessaire pour contrer ce phénomène, selon lui.

C’est un phénomène qui dépasse le rôle de la police. On a besoin de l’ensemble des intervenants dans ce contexte-là.

David Bertrand, inspecteur aux crimes majeurs

Pour la criminologue, sociologue et spécialiste des gangs de rue Maria Mourani, il faudrait aussi penser à ressusciter l'escouade Éclipse, démantelée en 2016.

Pourquoi je vous dis ça? Parce que sur le terrain, ce que j'entendais des membres de gangs, c'est qu'ils n'aimaient pas Éclipse, a expliqué l'ex-députée fédérale à ICI RDI. Et quand on n'aime pas quelque chose, c'est que ça nous touche, que ça a un impact sur nous, sur notre business.

Selon Mme Mourani, il ne faudrait pas que Montréal se retrouve comme à Toronto, où les fusillades sont devenues monnaie courante, observe-t-elle.

Donner une voix aux résidents des quartiers chauds

Professeur titulaire à l'École de criminologie de l'Université de Montréal, Marc Ouimet croit aussi que la solution à court terme passe par une plus grande répression. C'est du moins ce qu'il a défendu à Midi info.

La police, estime M. Ouimet, devrait pouvoir procéder plus facilement à des contrôles d'identité et à des fouilles auprès des individus soupçonnés d'avoir une arme en leur possession.

C'est ce qu'on appelle le stop-and-frisk aux États-Unis, explique le criminologue, admettant qu'il s'agit d'une pratique associée à du profilage racial par certains groupes américains de défense des droits de la personne.

Le problème actuellement, c'est qu'on critique la police, on dit qu'elle est discriminatoire, on veut la définancer. Et d'un autre côté, on s'étonne qu'il y ait des incidents qui se multiplient, dit-il.

Selon lui, on ne peut pas souffler le chaud et le froid sur cette question. On ne peut pas demander à la fois de réduire les incidents tout en demandant aux policiers de se retirer et de ne pas faire le travail, analyse-t-il.

Il y a un sentiment antipolice qui est absolument problématique à Montréal.

Marc Ouimet, professeur titulaire à l'École de criminologie de l'Université de Montréal

Le professeur Ouimet croit qu'il faut arrêter d'écouter des militants, des gens qui viennent de Brossard et de Blainville, qui viennent faire la leçon sur ce qu'il faut faire et ne pas faire à Montréal.

Il demande à la mairesse Plante de prendre le pouls des résidents des quartiers chauds de la métropole.

Est-ce qu'ils veulent plus de police? Est-ce qu'ils veulent moins de police? Est-ce qu'ils veulent qu'on laisse les jeunes tranquilles dans les parcs faire ce qu'ils veulent, faire des transactions, se promener avec des armes, ou est-ce qu'ils veulent qu'on prenne le problème au sérieux? demande M. Ouimet.

Les victimes de la violence ne sont pas les gens bourgeois. Ce sont les gens qui habitent les quartiers, rappelle-t-il.

Avec les informations de Pascal Robidas

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