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Un an de pandémie : les leçons tirées par trois générations

Trois jeune femmes assises sur des chaises dans la rue.

Amélie Mainville et ses amies se rassemblent à l'extérieur, malgré le froid, pour respecter les mesures sanitaires.

Photo : Amélie Mainville

Anne-Marie Trickey

Des soirées de jeux de société, de la danse dans le sous-sol et un cours de yoga par Zoom. Après bientôt un an depuis le début de cette pandémie, une élève de 17 ans, un père de 47 ans et une retraitée de 74 ans racontent comment leurs vies ont changé.

Amélie Mainville : adaptation et bonne humeur

À Timmins, Amélie Mainville répète sa routine depuis la rentrée scolaire en septembre : masque, lavage des mains, distance de deux mètres. L’élève de 12e année à l’école secondaire catholique Thériault a pris l'habitude.

Pour les dîners, au lieu de s’asseoir en grand groupe comme avant, on est assis à des tables avec des autocollants qui indiquent le deux mètres. On est vraiment séparés de nos amis, dit-elle.

Cinq jeunes femmes avec des masques à l'extérieur.

Amélie Mainville et ses amies ont dû s'adapter à la nouvelle réalité à l'école.

Photo : Amélie Mainville

Amélie Mainville est pleine d’espoir et de positivité. Cependant, comme tout le monde, elle a dû faire des sacrifices ces derniers mois. Elle ne peut plus faire de bénévolat à l’hôpital. Elle voit moins ses amis. Elle joue beaucoup moins à la ringuette, son sport préféré.

Malgré tout, Amélie reste de bonne humeur. Malgré tout, elle voit le verre à moitié plein.

J’ai appris l’importance d'entamer chaque journée avec une attitude positive sans se laisser abattre par les changements dans nos plans. Il faut garder le courage en ces temps difficiles.

Une citation de :Amélie Mainville, 17 ans

Personne n’aurait pu prédire qu’on se trouverait dans une telle situation aujourd’hui. Il faut être capable de s’adapter au changement et à l’imprévu, dit-elle. C’est ce qu’elle va retenir de cette période difficile.

Comme tout le monde, elle s’est adaptée.

On doit s'y prendre de différentes manières pour rester en contact [avec] mon groupe d’amis. Par exemple, on fait du ski nordique et du patinage à l’extérieur. Cet été, on s’est installés sur des couvertures séparées pour dîner ensemble. C’est différent, mais ça nous a permis d’explorer des activités qu’on n’aurait peut-être pas faites, explique-t-elle.

Femme dehors en ski qui sourit.

Cet hiver, Amélie a profité de la nature avec ses amis en faisant du ski de fond.

Photo : Amélie Mainville

La vie de famille a aussi pris un tout autre sens.

Dans notre famille, on est tous assez occupés, mais puisque plusieurs de nos engagements habituels ont été annulés, on se retrouve plus souvent à la maison, dit-elle.

La pandémie nous a permis de nous rassembler un peu plus en famille.

Une citation de :Amélie Mainville

La famille joue maintenant à des jeux de société une fois par semaine. Les membres de la famille passent beaucoup plus de temps dehors à faire de la raquette et du ski pendant l’hiver. L’été, ils font du camping et du jardinage. C’est un aspect avantageux de cette pandémie. Ça nous a permis de profiter de l’environnement et de la nature, pense Amélie.

Louis Kdouh : la résilience des enfants

Les accolades me manquent tellement! J’ai tellement hâte de donner des câlins, lance pour sa part Louis Kdouh. Chose certaine, il a gardé son cœur d’enfant.

Cet enseignant de français est aussi père de trois jeunes de 12, 14 et 17 ans. Selon lui, il est souvent un enfant lui-même. Ce sont parfois ses enfants qui l'aident à gérer les difficultés de la pandémie.

Un père et sa fille sourient à côté d'une maison.

Louis Kdouh et sa fille Zoyakdouh s'entraident beaucoup depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey

Sa fille aînée, Zoyakdouh, l'a justement initié à une activité qu'il considère comme importante en ces temps de crise.

C’était très difficile quand il a commencé à faire froid. Je commençais à déprimer. Ce qui m’a aidé, c’est la méditation. J'en fais beaucoup maintenant, dit Louis.

Durant cette pandémie, les enfants ont vraiment démontré qu’ils sont résilients. Ils le sont peut-être plus que les adultes puisqu’ils peuvent s’adapter plus facilement.

Une citation de :Louis Kdouh, père de trois enfants

Le résident de Brampton dépend de ses enfants et de leur résilience, tout comme ses enfants dépendent de lui.

L'apprentissage à distance a changé la vie quotidienne de la famille Kdouh. Louis constate cependant que sa famille se voit tout autant qu’auparavant. La grande différence? L’achat d’une nouvelle télévision et le temps passé à voir des films. Avant, on ne regardait pas vraiment la télévision, dit-il.

Une fille sur un divan qui regarde la télévision.

La famille Kdouh se rassemble plus souvent pour regarder des films depuis la dernière année.

Photo : Louis Kdouh

L’ancienne télévision s’est retrouvée au sous-sol. Celle-ci sert maintenant à des activités de danse, entre autres. Encore une fois, grâce à sa fille de 17 ans, Louis a découvert la Zumba pendant la pandémie.

On n’était pas vraiment actifs et mon père m’a dit ''je commence à vieillir, tu dois m’aider, tu dois me garder jeune!'' C’est lui le danseur de la famille, raconte Zoyakdouh.

Quand on a commencé, on était juste tous les deux. Ensuite, en entendant la musique, les autres ont commencé à descendre et à se joindre à nous, ajoute le père de famille.

L’entraide et le soutien familial sont au cœur de la résilience de la famille Kdouh. Louis raconte avoir appris à être plus patient et à mieux prendre soin de sa santé mentale.

Jelka Stanbridge : c’est la patience qui prime

De son côté, Jelka Stanbridge constate que la pandémie a rapproché les familles, comme c’est le cas pour Amélie Mainville et Louis Kdouh.

Ils ont maintenant pris l’habitude d’être ensemble, de manger ensemble. Pour la famille à l’extérieur, les gens vont réaliser que la connexion leur manque, et peut-être que les gens se rendront visite un peu plus souvent, affirme la septuagénaire de Place Saint-Laurent à Toronto.

Femme qui sourit à l'extérieur.

Jelka Stanbridge habite à Toronto à Place Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

Jelka n’a pas vu sa famille depuis le mois de septembre. En temps normal, sa famille de Mississauga vient lui rendre visite la fin de semaine. Maintenant, je les vois seulement par Zoom, dit-elle.

Au quotidien, l’ancienne travailleuse dans le domaine des assurances constate qu’il n’y a pas beaucoup de changements. Elle lit plus, elle parle à ses amis et fait son yoga par Zoom et elle écoute davantage la télévision. Ses sorties se limitent à aller faire son épicerie et à aller marcher. Mais cela ne la démoralise pas, loin de là.

Je pense que les gens doivent ralentir leur train de vie. Avant la pandémie, on courait partout et on textait beaucoup. Je pense que c’est ça la leçon.

Une citation de :Jelka Stanbridge

Il nous faut de la patience parce que je sais que c’est temporaire ce qu’il nous arrive. La patience est une qualité qu’il faut cultiver, partage-t-elle.

Malgré leur différence d'âge et les différentes générations, Amélie, Louis et Jelka gardent espoir. Chacun d’entre eux sortira de cette pandémie une personne changée et un peu plus sage.

Tout comme chacun d'entre nous.

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