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Pas d’exception aux obligations linguistiques en pandémie, tranche la commissaire

Affiche du manoir.

Des travailleurs unilingues anglophones ont été dépêchés récemment dans des foyers de soins d'Edmundston, dont le Manoir Belle Vue (archives).

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Radio-Canada

Le président de Medavie et des proches de patients à Edmundston ont déclaré qu’ils trouvaient malvenu de débattre sur la langue à l'heure où la région se bat contre une importante éclosion de COVID-19. Or, aucune disposition ne permet au Nouveau-Brunswick de s'affranchir de ses obligations linguistiques en temps de crise, d’autant plus que les personnes malades ont davantage besoin de s'exprimer dans leur langue maternelle.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick peut-il déroger à la Loi sur les langues officielles en vertu de la Loi sur les mesures d’urgence? La question a fait débat, la semaine dernière, alors que des employés unilingues anglophones ont été envoyés en renfort dans des foyers de soins d’Edmundston, où plusieurs résidents ne parlent pas l’anglais.

La commissaire aux langues officielles, Shirley MacLean, est toutefois catégorique. La Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick a préséance sur toutes les lois, dont la Loi sur les mesures d’urgence.

La Loi sur les langues officielles, ça ne changera pas en période de pandémie. C'est aussi important dans une période de pandémie.

Une citation de :Shirley MacLean, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

Selon Mme MacLean, le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs a eu le temps depuis le début de la pandémie, en mars 2020, de mieux prévoir l'offre de services en fonction des besoins de la population.

On le sait qu'il y a souvent des éclosions dans les foyers de soins, il faut mettre les plans en place pour s'assurer que les soins et les ressources humaines soient offerts dans les langues officielles des résidents, affirme-t-elle.

L'importance accrue de la loi en période de crise

Non seulement la Loi sur les langues officielles ne prévoit pas d'exception en période de crise, mais c'est justement dans une telle période qu'elle prend toute son importance.

Selon un juriste spécialiste en droits linguistiques, Michel Doucet, il est souvent difficile — même pour des personnes bilingues — de s'exprimer dans leur deuxième langue lorsqu'elles sont très malades ou en situation de crise.

Quand un patient n'est pas en mesure de comprendre ce qu'on lui dit, cela peut provoquer des erreurs et des risques pour les patients, ajoute-t-il.

Selon M. Doucet, il faut prendre ce facteur de risque en considération quand du personnel unilingue anglophone est appelé pour s'occuper de patients francophones.

Je ne dis pas que ces gens-là ne devraient pas être là pour aider, mais on devrait avoir un protocole en place pour s'assurer que les communications soient faites avec ces personnes, précise-t-il.

Plusieurs plaintes liées à la pandémie

La commissaire révèle avoir reçu plusieurs plaintes pour absence de service dans la langue de son choix, que ce soit aux frontières ou dans les centres de dépistage de la COVID-19.

D’après le juriste Michel Doucet, le gouvernement devra tirer des leçons claires de la situation qui s’est produite dans la région d’Edmundston et s'assurer que les protocoles soient mis en place pour qu’elle ne se reproduise plus.

D’après le reportage de Michel Corriveau

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