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25 ans de plus derrière les barreaux pour les meurtriers Jason Klaus et Joshua Frank

La ferme de la famille Klaus en feu.

Jason Klaus et Joshua Frank ont brûlé la ferme de Gordon, Sandra et Monica Klaus après les avoir tués par balle, en décembre 2013.

Photo : Courtoisie - GRC

Radio-Canada

Les deux meurtriers de Gordon, Sandra et Monica Klaus, Jason Klaus et Joshua Frank, devront purger 50 ans de prison avant d'être admissibles à la libération conditionnelle. Dans une décision publiée lundi, la Cour d'appel de l'Alberta explique que 25 années de plus avant de pouvoir demander la libération conditionnelle sont ajoutées à leur condamnation pour le meurtre au premier degré de Monica Klaus.

Jason Klaus aura 92 ans, et Joshua Frank aura 82 ans, au moment où ils pourront présenter leur première demande de libération conditionnelle.

En 2018, les deux hommes ont été reconnus coupables de trois meurtres au premier degré : ceux du père, de la mère et de la soeur de Jason Klaus. Gordon, Sandra et Monica Klaus ont été tués en 2013 à Castor, en Alberta.

Sandra Klaus, Gordon Klaus, et Monica Klaus.

Sandra Klaus (à gauche) et Gordon Klaus (au centre), Monica Klaus (à droite).

Photo : Facebook

Une nuit, Jason Klaus a planifié les meurtres et payé son ami Joshua Frank pour qu'il l'aide. Jason Klaus a donné l'arme du crime à Joshua Frank et l'a conduit à la résidence de ses parents, située dans une ferme. Joshua Frank a tiré une balle dans la tête des trois membres de la famille Klaus pendant leur sommeil. La ferme a ensuite été incendiée afin de détruire les preuves. Jason Klaus était au volant du véhicule quand les deux hommes ont quitté la scène du crime.

Pendant le procès, en février 2018, aucun des accusés n'a reconnu la responsabilité des meurtres, chacun rejetant la faute sur l'autre.

Il ne fait aucun doute que les meurtres commis étaient une effroyable manifestation d'égoïsme, d'insensibilité et de sang-froid, ont écrit les deux juges majoritaires de la Cour d'appel.

Des propos déplacés

En première instance, la Couronne a demandé une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans, notent les deux juges, mais, dans sa décision le juge de la Cour du Banc de la Reine, Eric Macklin, a expliqué que l'inadmissibilité à la libération conditionnelle entre 50 et 75 ans ferait perdre tout espoir aux coupables.

Les deux juges majoritaires dans la décision de la Cour d'appel, Peter Martin et Jack Watson, suggèrent que le juge Macklin est allé trop loin et a fait une erreur de droit.

Les avancées du juge de première instance dans sa décision au sujet des politiques de détermination de la peine et des choix faits par le Parlement canadien sur la question ont outrepassé les limites appropriées dans une décision écrite par un juge, écrivent les juges de la Cour d'appel. Il est inhabituel pour des juges de faire de tels commentaires, et les juges devraient résister à toute inclinaison à critiquer les lois en place.

La question de réhabilitation

Lorsque Eric Macklin a condamné Jason Klaus et Joshua Frank en 2018, il a dit qu'aucune preuve n'indiquait qu'il serait impossible de réhabiliter les deux hommes dans 25 ans.

Jusqu'à leur condamnation, aucun des deux hommes n'avait de casier judiciaire, mais ils ont mis au point un plan pour tuer les trois membres de la famille de Jason Klaus pour des raisons pécuniaires.

Jason Klaus avait des dettes de jeu. Il avait encaissé des chèques frauduleux et volé de l’argent à ses parents. Il ne voulait pas que son père le découvre. De plus, en tuant sa sœur, il n'aurait pas à partager l'héritage.

Joshua Frank a participé au crime parce qu'il était au chômage et avait une dépendance aux drogues. Il a accepté de tuer en échange d'argent et d'une camionnette.

Les preuves portent à croire qu'il serait impossible de les réhabiliter, dit la décision de la Cour d'appel. Il n'y a certainement pas de preuves en ce sens.

Les deux juges majoritaires ont donc ajouté 25 ans à la période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle en affirmant que le meurtre de Monica Klaus constituait un prolongement intentionnel du crime principal.

Le juge Frans Slatter, le juge dissident dans la décision de la Cour d'appel, a pour sa part soutenu que la législation sur le cumul ne s'applique pas dans les cas de condamnations pour meurtre prononcées lors du même procès.

L'avocate de Joshua Frank, Amanda Urquhart, s'attend à ce que son client l'autorise à en appeler devant la Cour suprême du Canada.

Le gouvernement de l'Alberta [...] exprime sa sincère gratitude aux procureurs de la Couronne ainsi qu'à la police pour avoir rendu justice à la famille de Gordon, Sandra et Monica Klaus, déclare un communiqué du secrétaire de presse du ministère de la Justice albertain, Blaise Boehmer.

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