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Et s’il suffisait d’un peu de colorant et de lumière pour décontaminer les masques?

Attention! Il ne faut pas tenter de reproduire cette méthode à la maison.

La Dre Belinda Heyne dans son laboratoire.

Le bleu de méthylène est un colorant, mais il est aussi utilisé pour le traitement de certaines maladies, rappelle le Dre Heyne.

Photo : Riley Brandt/Université de Calgary

Émilie Javeri

L’Université de Calgary développe une nouvelle méthode à base de bleu de méthylène et de lumière pour décontaminer les masques médicaux et ainsi pouvoir les réutiliser.

Le protocole tient en une phrase. Il suffit de pulvériser sur le masque un mélange de bleu de méthylène et d’eau, puis de le placer sous une lampe durant 30 minutes, résume Belinda Heyne, professeur de chimie à l’Université de Calgary.

Le bleu de méthylène est un colorant, mais il figure aussi sur la liste des médicaments de l'Organisation mondiale de la santé.

Le bleu de méthylène est là pour prendre l’énergie de la lumière de la lampe et la convertir en quelque chose que l’oxygène [qu’il y a dans l’air] peut utiliser, dit la Dre Heyne. [L’oxygène] va devenir activé. Ça va être une forme énergétique et c'est ça en fait qui va détruire, qui va tuer le virus [derrière la] COVID. 

Le bleu de méthylène, son rôle est simplement de pouvoir transformer l’énergie de la lumière. C’est l’oxygène qui décontamine le masque.

Une citation de :Belinda Heyne, professeur de chimie à l’Université de Calgary

Selon l’étude, la méthode fonctionne sur le SRAS-CoV-2 à l’origine de la COVID-19, mais aussi sur d’autres types de coronavirus qui affectent les animaux, et elle ne compromet pas l’efficacité du masque.

Nous avons fait ce cycle [de décontamination] cinq fois et nous avons démontré que le masque conservait son intégrité, met en avant la scientifique. C’était quelque chose qu’on voulait vraiment montrer parce qu’il y a beaucoup de méthodes que les gens utilisent et qui décontaminent, mais le masque n’est [plus] d’aussi bonne qualité.

Plus efficace sur les masques médicaux

La méthode a été testée sur les masques chirurgicaux, les masques N95 et des masques en tissu. La Dre Heyne reconnaît que sur les masques en tissu, la décontamination n’est pas aussi efficace.

Cela ne veut pas dire que la méthodologie ne marche pas ou que les virus restent plus sur le tissu [et que les gens ne devraient pas utiliser ces masques], précise la Dre Heyne. Cela veut simplement dire que le protocole que nous avons utilisé n’est pas adapté.

Un chercheur tient un masque chirurgical dans ses mains.

Avec cette méthode, le masque est décontaminé sans être abîmé. Il reste donc efficace.

Photo : Riley Brandt/Université de Calgary

L’Université de Calgary travaille sur ce projet dans le cadre d'une étude internationale. Au total, 13 organismes, universités et laboratoires à travers le monde y participent, notamment l’Organisation mondiale de la santé et l’Université de l’Alberta.

L'objectif est d'éviter d’autres pénuries de masques , souligne le Dr John Conly, professeur de médecine à l’Université de Calgary. D’après lui, cela pourrait aider les pays à revenu faible ou intermédiaire, tous les endroits dans le monde où [les masques] sont une ressource précieuse

Ailleurs sur le web :

L’étude sur la décontamination des masques grâce au bleu de méthylène (Nouvelle fenêtre) est en attente de publication (en anglais seulement)

Une méthode simple et peu coûteuse

Le bleu de méthylène, c’est facilement accessible et peu cher, précise la Dre Heyne. Et il n’en faut qu’une petite quantité : avec une cuillère à café, on peut faire des gallons entiers donc on peut décontaminer quasi des milliers de masques, assure-t-elle.

De plus, contrairement à l’eau de javel par exemple, le bleu de méthylène n’est pas considéré comme un produit dangereux donc il est beaucoup plus facile à transporter.

Quant à la lampe sous laquelle il faut placer le masque, ce n’est autre qu’une lampe, comme on en trouve dans tous les magasins de bricolage, précise Belinda Heyne. Elle poursuit d'ailleurs ses travaux pour déterminer s’il serait possible d’utiliser tout simplement la lumière du soleil : ça coûterait encore moins cher et il n’y aurait pas besoin d'électricité.

Il reste également à déterminer combien de temps le bleu de méthylène reste efficace avant qu’une nouvelle vaporisation soit nécessaire.

On pourrait imaginer que des infirmières ou des médecins quand ils ont fini [leur journée] vaporisent leur masque et le place sous une lampe.

Une citation de :Belinda Heyne, professeur de chimie à l’Université de Calgary

D’autres chercheurs s’intéressent aussi à l’efficacité de cette méthode sur des virus plus résistants, comme le virus Ebola par exemple.

Mise en garde

Enfin, un autre volet de l’étude consiste à démontrer que le bleu de méthylène, à faible dose, peut être respiré sans représenter de danger.

La professeur de chimie tient donc à mettre en garde la population.

Il ne faudrait pas que des gens achètent du bleu de méthylène et désinfectent leurs masques avec, prévient-elle, car il faut s'assurer que la teinture utilisée soit de bonne qualité et la quantité utilisée a aussi son importance.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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