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De futurs policiers autochtones formés dans le respect des communautés

En décembre, Québec a fait part de son intention d'améliorer la formation des membres des corps policiers des Premières Nations, en plus d'augmenter le nombre de policiers autochtones. Le Collège d'Alma offre depuis plusieurs années une attestation d'études collégiales en Techniques policières des Premières Nations. Rencontre avec des aspirants policiers autochtones.

Une jeune femme et un homme autochtones habillés en policiers.

Mariann Petiquay et Joseph Hervieux étudient au programme Techniques policières des Premières Nations du Collège d’Alma.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

« Je ne cherche pas à être un modèle, je cherche plus à vouloir créer du changement. À agir pour le bien de ma communauté. J’irai où on aura besoin de moi, que ce soit dans ma communauté, dans d’autres communautés ou dans d’autres corps de police. »

Joseph Hervieux, 18 ans, termine sa formation au programme de Techniques policières des Premières Nations offert au Collège d'Alma.

Originaire de Pessamit, sur la Côte-Nord, le jeune homme a grandi dans une famille de policiers. Son grand-père a été constable spécial, alors que son père a également embrassé la profession de policier. Il n’a pas hésité à déménager à plus de 300 kilomètres de sa communauté afin de terminer ses études collégiales. 

J’ai voulu devenir policier à la fin de mon secondaire. Avant, je voulais faire des études en droit, mais j’ai compris que ça ne me correspondait pas. Je voulais plus retrouver le contact humain et le côté physique de l’emploi. J’aime être sur le terrain, témoigne le jeune homme qui est d’avis que la formation représente, pour lui, à la fois une occasion à saisir et un défi à relever.

L’Innu croit que son passage au Collège d’Alma est l'une des meilleures décisions de sa vie. L’étudiant a bien hâte d’avoir terminé sa formation à Alma et celle de l’École nationale de police afin de vivre pleinement son métier, qu’il qualifie de vocation.

Deux apprentis policiers marchent dans un corridor.

Mariann Petiquay est originaire de Wemotaci et Joseph Hervieux de Pessamit.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Un modèle de confiance

C’est aussi à près de 300 kilomètres de la maison que Mariann Petiquay fait ses études collégiales. La jeune femme de 19 ans est presque à mi-parcours de la formation intensive. Originaire de Wemotaci, en Mauricie, elle a appris le français en commençant son primaire.

La jeune femme s’intéresse au métier de policier depuis plusieurs années. Elle aspire à devenir un symbole de confiance.

Quand j'étais jeune, j'ai déjà rencontré un policier, oui, il était peut-être autochtone, mais j'avais un peu peur de me confier puisque c'était un homme. Je ne me sentais pas trop confiante à me vider et tout. Je me dis que rencontrer une femme autochtone policière, peut-être que ça aura plus de facilité pour qu'ils se confient et qu'ils me parlent un peu, surtout pour les jeunes , exprime l'Atikamekw.

Les étudiants inscrits au programme de Techniques policières des Premières Nations proviennent de différentes communautés du Québec. Ils convergent tous vers Alma dans l’objectif de devenir policier.

Fortement attachés à leurs communautés, les étudiants autochtones ne se limitent toutefois pas pour l'avenir. C'est sûr, j'aurais aimé retourner dans ma communauté, aller travailler pour ma communauté. Sinon, j'aurais aimé aussi travailler dans d'autres communautés, savoir de quoi que ç'a l'air dans les autres communautés, de voir leur culture, ajoute Maryann Petiquay.

Une voiture de police blanche dans un stationnement l'hiver.

Le Collège d'Alma possède des voitures pour la formation des futurs policiers.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Formation sur mesure

L’attestation d'études collégiales (AEC) d’une durée de 1245 heures a été construite autour de l’idée que le futur policier risque dans la grande majorité des cas de retourner travailler en communauté.

Tout le contexte, tout l'enseignement, tout l’accompagnement considèrent qu’on travaillera en communauté. Ce sont des défis importants. On s’attend à ce que l’aspirant policier qui retourne dans sa communauté aura des contacts avec des gens qu’il connaît et qu’il devra exercer de l’autorité et de la relation d’aide avec son milieu, explique l’enseignante Mélanie Lavoie.

Deux apprentis policiers interrogent une collègue lors d'une simulation.

Les installations du Collègue d’Alma permettent de réaliser diverses simulations.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

L’accompagnement offert aux étudiants n’a rien à voir avec les autres programmes de formation. Tout le personnel s’assure de tenir compte des réalités autochtones. L’AEC est attentive aux particularités des Autochtones. Souvent, il y a un déracinement de sa communauté pour venir aux études, il y a des barrières de langue, il y a plusieurs choses qui sont à considérer. On a une équipe très soucieuse de cela.

L’étudiant Joseph Hervieux est reconnaissant de cette formule d’apprentissage. J’aime bien l’encadrement du cours. Les professeurs s’adaptent et nous aussi. Je pense que c’est un très bon moyen pour en apprendre plus sur les autres communautés et sur comment les policiers autochtones travaillent dans leur communauté, indique-t-il.

Les aspirants policiers assistent à un cours avec une enseignante dans une classe blanche.

Les aspirants policiers assistent à un cours de l’enseignante Mélanie Lavoie.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Plus d’aide de Québec

En décembre dernier, le gouvernement du Québec a fait part de son intention d'améliorer la formation offerte aux corps policiers des Premières Nations, par l'entremise d'un investissement de 18 millions de dollars, en plus de sa volonté d'attirer davantage de jeunes Autochtones vers la profession.

Québec prévoit, entre autres, financer la formation de 120 étudiants autochtones à l’École nationale de police au cours des 5 prochaines années.

La mesure est saluée par l’enseignante Mélanie Lavoie, qui est d’avis que de telles actions étaient requises depuis belle lurette.

On sait que c’est important d’avoir des policiers dans le milieu qui comprennent la communauté, les valeurs qui y sont associées et les méthodes traditionnelles. L’absence de barrière de la langue est également un plus, mentionne-t-elle.

Celle qui donne des cours en lien avec la criminologie et les communications raconte que les étudiants font souvent part de leur intention de retourner aider leur communauté.

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