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Deux cas du nouveau variant de l'Afrique du Sud détectés en Abitibi-Témiscamingue

Illustration montrant la main d'un scientifique qui modifie les gènes de l'ARN du coronavirus en laboratoire.

Faut-il s'inquiéter des variants du coronavirus?

Photo : iStock

Radio-Canada

Deux cas d'infection par le variant du coronavirus de l’Afrique du Sud viennent d’être confirmés en Abitibi-Témiscamingue.

Il s’agit des deux premiers cas d'infection par ce type de variant confirmés dans la province.

Le laboratoire de santé publique du Québec, qui pilote le programme de surveillance des variants dans la province, vient de confirmer cette information sur son compte Twitter.

Selon la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue, les deux cas avaient été dépistés le 7 et le 15 janvier et les deux personnes sont maintenant considérées comme rétablies.

La santé publique a donc découvert plus tard, lors du séquençage des résultats, qu'il s'agissait du nouveau variant originaire de l'Afrique du Sud.

Après les Fêtes, le nombre de cas en Abitibi-Témiscamingue a connu une progression qui a mis la puce à l'oreille de la santé publique. Le variant en question a été dépisté en cherchant à comprendre pourquoi le virus semblait plus virulent.

Pourquoi, au début janvier, c'était si terrible en Abitibi-Témiscamingue? se demande la Dre Omobola Sobanjo, médecin-conseil à la santé publique. Pourquoi on a eu une montée assez élevée? Pourquoi la transmission était plus rapide? Parce qu'avant, ce n'était pas ça. C'est pour ça qu'on a fouillé plus loin, on a cherché plus pour avoir plus d'informations et l'annonce d'aujourd'hui vient seulement confirmer la suspicion qu'on avait.

La Dre Sobanjo affirme que ces cas n'auraient pas été contractés lors de voyages à l'étranger. La santé publique devra faire des recherches plus approfondies pour déterminer l'origine de la transmission.

La santé publique continue également d'enquêter sur les personnes qui ont été en contact avec ces deux cas. Selon la Dre Sobanjo, d'après les résultats préliminaires, une trentaine de cas pourraient être associés à ces deux cas de variant.

Étant donné l'ampleur de l'analyse pour les séquençages, on n'a pas envoyé tous les cas associés à l'éclosion en séquençage dans un premier temps, parce qu'on voulait avoir plus d'informations. On a choisi de n'envoyer que deux échantillons dans un premier temps, et maintenant qu'on a la confirmation que ce sont deux cas reliés au variant d'Afrique du Sud, on a commencé à élaborer un portrait de toutes les personnes ou des autres cas qui sont associés à ces deux personnes-là, explique la Dre Sobanjo.

Nous aussi on a d'autres questions, qu'on va aller chercher dans les données que nous avons déjà, mais aussi par rapport aux autres cas qui peuvent avoir été associés à ces personnes-là.

La Dre Omobola Sobanjo, médecin-conseil à la santé publique

Est-ce que c'est possible qu'un des cas d'hier ou qui vont arriver demain soient associés à ce variant? Je ne le sais pas. Mais ce qui va être important pour moi, c'est de s'assurer que lorsqu'il y aura un cas, cette personne-là n'aura pas l'occasion de le transmettre à beaucoup de personnes, indique la Dre Sobanjo.

La Dre Lyse Landry, directrice de la santé publique en Abitibi-Témiscamingue, assure que la région ne risque pas de balancer en zone rouge à nouveau, puisque la situation est maîtrisée dans la région et que cette éclosion est maintenant terminée.

La situation en Abitibi-Témiscamingue, comme vous êtes en mesure de le constater, est sous contrôle. Il n'y a pas d'inquiétude pour l'instant à ce sujet-là. L'important, c'est de continuer, comme équipe de santé publique, de dépister et tracer rapidement nos cas positifs, les contacts, etc., et de respecter les mesures sanitaires. C'est ce qui va faire en sorte qu'on va éviter la transmission du virus dans la communauté et de retourner en zone rouge, élabore la Dre Landry.

Les variants au Québec

Selon l'Institut national de la santé publique (INSPQ), ces deux nouveaux cas de variants s’ajoutent aux 8 cas du variant B.1.1.7 qui a émergé au Royaume-Uni et qui est également sous surveillance rehaussée au Québec. Au total, on recense actuellement 10 cas de variants faisant l’objet de surveillance rehaussée. Un cas d’une autre souche de variant s’additionne, ce qui porte le total à 11 cas de variants faisant l’objet de surveillance au Québec.

Ce variant est surveillé en raison de son nombre élevé de mutations. Il serait plus contagieux, mais pas nécessairement plus mortel. Des données préliminaires indiquent que le vaccin de Moderna pourrait être moins efficace contre ce variant, peut-on également lire sur le site web de l'INSPQ (Nouvelle fenêtre).

Québec aux aguets

Questionné sur la détection du virus sud-africain et d'un autre cas, ailleurs au Québec, d'une autre souche, le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, n'a pas caché son inquiétude.

Ce qui est clair, c'est que les nouveaux variants sont associés à une plus grande transmissibilité et à une morbidité et mortalité élevée. Ça nous inquiète, parce que si on les laisse aller, on va retourner à une pression importante sur le système de soins. Par contre, les mesures qu'on applique pour les contrôles des autres souches sont les mêmes pour les nouveaux variants. En ciblant ou en criblant un peu plus, on peut les identifier un peu plus rapidement et être plus vigoureux pour les suivis autour des cas et des contacts.

Actuellement, effectivement, à la suite de séquençage qui a été fait, on a identifié effectivement une souche d'Afrique du Sud qui est apparue dans un contexte de deux éclosions qui ont été bien contrôlées, parce qu'elles avaient eu une plus grande transmission dans une éclosion associée à un restaurant rapide et une autre éclosion à la suite d'un party. On avait envoyé ça pour séquençage et c'est là qu'on s'est rendu compte qu'il y avait ce variant d'Afrique du Sud, explique le Dr Arruda.

Selon lui, les deux cas du variant n'ont pas continué à se transmettre dans la région. C'est à surveiller de très près, il faut rester vigilant, dit-il.

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