•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le N95 obligatoire pour les travailleurs de la santé en zone chaude

 Des respirateurs à particules N95 de marque 3M.

Des masques de type N95

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Radio-Canada

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) obligera tous les travailleurs de la santé qui oeuvrent en zone chaude à porter un masque N95 à compter du 11 février.

Après de multiples pressions syndicales, la CNESST augmente le niveau de protection des « anges gardiens ». Le port d’un appareil de protection respiratoire de type N95 – ou qui offre une protection supérieure – sera exigé pour tous les travailleurs qui côtoient les patients atteints de la COVID-19.

Cette annonce-là s'inscrit dans la foulée des nouvelles connaissances scientifiques et de l'évolution du contexte de la pandémie, notamment en ce qui concerne le potentiel infectieux accru et les nouveaux variants, affirme Nicolas Bégin, porte-parole de la CNESST.

La nouvelle exigence s’appliquera entre autres aux hôpitaux, aux cliniques médicales, aux groupes de médecine familiale, aux cliniques externes, aux milieux de réadaptation, aux CHSLD, aux RPA et aux ressources intermédiaires. Jusqu’ici, cet équipement était réservé aux interventions médicales générant des aérosols.

La décision de la CNESST de rendre le port du masque N95 obligatoire dans les zones chaudes des établissements de santé découle notamment d'une étude publiée le 8 janvier dernier, dans laquelle l'INSPQ reconnaît les risques de transmission du coronavirus par aérosol.

Dubé promet des masques fabriqués ici

En conférence de presse, mardi après-midi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, s'est félicité du fait que cette décision de la CNESST coïncide avec l'approbation par Santé Canada d'un masque N95 produit par la compagnie Artofix, de Beauceville.

Moi, je suis content, parce que tout ça est arrivé au bon moment, et puis on est capables d'avoir une solution qui fait l'affaire de tout le monde.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Avec la décision de la CNESST d’obliger le port du masque N95 en zone chaude, Artofix se tient fin prêt à recevoir une commande du gouvernement du Québec, a fait savoir l'entreprise à Radio-Canada, mardi.

Notre masque est prêt à être produit et livré dans les hôpitaux pour protéger nos travailleurs de la santé, a déclaré son directeur général, Jason Duval. Nous n’attendons qu’un contrat pour lancer sa production à grande échelle.

De son côté, le ministère de la Santé confirme avoir présentement environ 6 millions de N95 en réserve. Le Réseau utilise quotidiennement 10 000 masques N95 par jour. Nous avons toutefois les réserves nécessaires pour faire face à la hausse engendrée par la nouvelle directive, souligne le porte-parole Robert Maranda.

Trop peu trop tard, selon les syndicats et l'opposition

Les syndicats des travailleurs de la santé, qui militaient depuis un an pour que le masque N95 soit fourni à leurs membres qui côtoient le coronavirus, se sont réjouis de la décision de la CNESST, mardi.

Cette décision sauvera des vies, a notamment déclaré Frédéric Brisson, président du Conseil provincial des affaires sociales du SCFP.

Les syndicats ont toutefois dénoncé la lenteur de la Commission en rappelant que plus de 30 000 travailleurs de la santé ont été infectés par le virus depuis le début de la pandémie.

Dès le départ, la CNESSTaurait dû appliquer le principe de précaution et dire : "Au lieu d'aller vers une protection minimale, allez vers une protection maximale", affirme Linda Lapointe, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Cette nouvelle directive, ajoute la FSSS-CSN, vient aussi calmer l'indignation provoquée par le Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) de l'INSPQ, qui se contentait jusqu'ici de dire que le port du masque N95 pouvait être « envisagé » en cas d’éclosion non contrôlée.

Gabriel Nadeau-Dubois en point de presse.

En 11 mois, 30 000 travailleurs de la santé « ont attrapé la COVID », a rappelé mardi Gabriel Nadeau-Dubois.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

À Québec, le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a parlé d'une belle journée pour les travailleurs de la santé, qui ont remporté une victoire contre le gouvernement qui obstinément, depuis des mois, refusait de les protéger adéquatement.

Combien on en aurait protégé? Combien on en aurait sauvé si le gouvernement de la CAQ avait pris ses responsabilités et avait écouté les gens sur le terrain?

Une citation de :Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

De leur côté, le Parti libéral et le Parti québécois ont réitéré leur appel pour que le gouvernement Legault puisse faire l'objet d'une enquête publique indépendante sur la façon dont il a géré la pandémie depuis l'arrivée du coronavirus en sol québécois, il y a bientôt un an.

Avec Marie-Maude Pontbriand et La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !