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COVID-19 : les experts de l'OMS sur la piste de l'hôte « intermédiaire »

Peter Ben Embarek et Marion Koopmans de l'OMS prennent les questions des journalistes.

Peter Ben Embarek et Marion Koopmans lors de la dernière conférence de presse de l'OMS à Wuhan.

Photo : AFP / Hector Retamal

Agence France-Presse

Les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en visite à Wuhan ont jugé mardi comme étant « la plus probable » la piste d'une transmission du coronavirus par un animal intermédiaire, au terme de leur mission dans cette ville de Chine frappée en premier par la pandémie.

Plus d'un an après la découverte des premiers cas de contamination dans cette métropole de 11 millions d'habitants, ils ont balayé l'hypothèse d'une fuite d'un laboratoire, sans écarter celle d'une transmission par les produits surgelés privilégiée par Pékin.

La théorie la plus probable pour expliquer l'origine de l'épidémie reste celle de la contamination de l'être humain par un animal intermédiaire, a déclaré le chef de la mission de l'OMS, Peter Ben Embarek, lors d'une conférence de presse.

Des commerces sont fermés et une cycliste passe devant.

La ville de Wuhan dans le centre de la Chine a été placée en quarantaine au début de la pandémie.

Photo : Reuters / Stringer .

Cet animal n'a toutefois pas encore été identifié, a indiqué Liang Wannian, le chef de l'équipe de scientifiques chinois.

L'hypothèse de la fuite d'un laboratoire, soulevée par l'administration de l'ancien président américain Donald Trump, est en revanche hautement improbable, a déclaré Peter Ben Embarek.

Washington avait accusé l'Institut de virologie de Wuhan, qui mène des recherches sur des pathogènes très dangereux, d'avoir laissé s'échapper le coronavirus, volontairement ou non.

La thèse des produits congelés

Prenant le contre-pied de commentaires initiaux de l'OMS, M. Ben Embarek a également évoqué la possibilité d'une transmission du coronavirus via le commerce des produits surgelés.

Il serait intéressant d'examiner si un animal sauvage congelé qui a été infecté a pu être un vecteur potentiel, s'est-il interrogé.

La Chine a fait état ces derniers mois de nombreux échantillons positifs au coronavirus sur des produits alimentaires importés de l'étranger.

L'hypothèse d'une contamination par la chaîne du froid est souvent évoquée par les médias chinois, car elle tend à accréditer la thèse d'une importation du virus.

Quant au marché Huanan de Wuhan, premier foyer connu de la COVID-19 où étaient vendus des produits frais habituels, mais aussi des animaux sauvages vivants, son rôle exact dans la propagation du virus reste inconnu, a concédé M. Ben Embarek.

La présence de lapins, furets et rats des bambous sur le lieu de vente en fait toutefois un des suspects potentiels, a noté Marion Koopmans, une autre membre de la délégation de l'OMS.

C'est à Wuhan qu'ont été déclarés les premiers cas de COVID-19 en décembre 2019. Aucune preuve faisant état de malades dans la ville avant cette date n'a été trouvée, a indiqué Peter Ben Embarek.

Sensibilité chinoise

Cette mission sur les origines de la transmission du virus à l'humain était jugée extrêmement importante pour tenter de mieux lutter contre une possible prochaine épidémie.

Elle a toutefois eu du mal à se mettre en place, la Chine semblant réticente à laisser venir ces spécialistes mondiaux de diverses disciplines comme l'épidémiologie, mais aussi la zoologie.

Les autorités chinoises s'emploient depuis des mois à instiller le doute sur l'endroit où le virus a pu commencer à infecter des humains.

Ultime signe de la sensibilité du dossier, la conférence de presse annoncée d'abord par l'OMS pour 16 h locales a ensuite été avancée d'une demi-heure par le ministère chinois des Affaires étrangères, pour débuter finalement peu avant 17 h 30.

La mission des experts internationaux aura été marquée jusqu'au bout par l'imprévisibilité.

Début janvier, le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait publiquement fait part de sa déception alors que le départ de la mission était retardé d'une semaine et que certains des experts étaient déjà dans l'avion.

Arrivés finalement à Wuhan le 14 janvier, les enquêteurs ont dû observer une quarantaine de deux semaines, la procédure habituelle pour tout voyageur venant de l'étranger.

Suivis partout par une nuée de journalistes chinois et internationaux, les experts ont finalement pu tweeter et donner des interviews par téléphone.

L'un d'entre eux, Peter Daszak, un zoologiste qui dirige l'ONG EcoHealth aux États-Unis, a affirmé vendredi que l'équipe avait eu accès à tous les endroits qu'elle souhaitait visiter.

Les spécialistes se sont notamment rendus à l'Institut de virologie de Wuhan et au marché Huanan.

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