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Un test positif de COVID-19, même si vous n’êtes plus contagieux

Le retour au pays de certains voyageurs pourrait être compliqué par des tests PCR qui restent positifs pendant des semaines.

Un travailleur de la santé prélève un échantillon sur une femme, de dos.

Le défi, pour les voyageurs qui rentrent au pays, est de prouver qu’ils ne représentent pas une menace à la santé des autres Canadiens.

Photo : CBC / Robert Short

Laura Geyer devait rentrer au Canada le 4 février. La veille de son retour, elle était chez ses parents en France, en train d’imprimer son test PCR quand, tout à coup, elle a vu que le résultat était positif.

C’était le soir, vers 21 h. Je devais partir le lendemain à 6 h. Je ne m’y attendais pas du tout, raconte-t-elle.

Car, oui, Laura avait bel et bien contracté le coronavirus, mais l’infection datait d’avant Noël. Le diagnostic positif de COVID-19 était tombé le 20 décembre.

Pendant quelques jours, elle avait eu des symptômes légers – maux de tête, perte de goût – puis son état s’était amélioré. Les autorités de santé publique estimaient qu’elle était tirée d'affaire et qu’elle n’était plus contagieuse.

Pourtant, plus de 45 jours après son diagnostic, le test PCR revenait encore positif.

Cela ne surprend pas Judith Fafard, microbiologiste-infectiologue au Laboratoire de santé publique du Québec. Avec les tests PCR, explique-t-elle, on peut facilement continuer à détecter le matériel génétique du virus même si la personne n’est plus contagieuse.

Ça ne veut pas nécessairement dire qu’il y a présence de virus vivant. Il peut y avoir des virus morts qui sont encore présents dans l’organisme, à l’intérieur des cellules humaines, comme des cadavres de virus, si on veut.

Une citation de :Judith Fafard, microbiologiste-infectiologue, médecin-conseil au laboratoire de santé publique du Québec

Au fil du temps, ces cellules remplies de virus morts vont se décoller de l’appareil respiratoire et être rejetées par l’organisme, mais cela peut prendre plusieurs semaines.

On voit en gros plan de petits virus de forme ronde, agglutinés, sur une surface ondulée.

Image captée au microscope de coronavirus SRAS-CoV-2 (en jaune), à la surface de cellules cultivées en laboratoire (en rose foncé).

Photo : La Presse canadienne / AP/NIAID-RML

La moitié des gens contaminés ont un test négatif 10 à 14 jours suivant la survenue de leurs symptômes, affirme Mme Fafard.

Toutefois, ajoute-t-elle, pour les 50 % restants, il faut souvent de trois à quatre semaines pour que les personnes contaminées aient excrété tout le virus contenu à l’intérieur de leur corps. Dans certains cas plus rares, le processus peut durer trois mois.

Et ce, même si l’écrasante majorité des gens ne sont plus contagieux, 8 à 10 jours après l’apparition des premiers symptômes, précise Mme Fafard.

Un défi pour les voyageurs

Le défi, pour les voyageurs qui rentrent au pays, est de prouver qu’ils ne représentent pas une menace à la santé des autres Canadiens.

Depuis le 7 janvier, ils doivent présenter un résultat négatif à un test de COVID-19 à la compagnie aérienne. C’est une exigence pour monter à bord de l’avion.

Transports Canada, qui a récemment modifié les règles sur son site, indique que les voyageurs qui sont rétablis, mais qui continuent à obtenir des résultats positifs aux tests de dépistage, peuvent rentrer chez eux.

À une condition : ils doivent prouver qu’ils ont contracté la COVID-19 plus de 14 jours avant le départ.

Un homme devant un jardin.

Aurélien Bouis est maintenant de retour à Montréal, en quarantaine chez lui.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté Aurélien Bouis

Heureusement qu’ils ont changé cette règle, explique Aurélien Bouis, qui a lui aussi été coincé en France en janvier, en raison d’un test qui revenait systématiquement positif.

Tous les deux-trois jours, j’allais faire des tests PCR en espérant qu’il soit négatif à nouveau.

Une citation de :Aurélien Bouis

Aurélien Bouis craint toutefois que les nouvelles règles qui seront bientôt mises en place par Ottawa ramènent certains voyageurs à la case départ.

Si, comme moi, on a eu la maladie récemment, mais qu’on est rétabli, il est probable que, lors du test à l’aéroport, le résultat soit positif à nouveau. Qu’est-ce qui se passe pour ces gens-là?, demande-t-il.

L’accueil aux douanes canadiennes à l’aéroport international Trudeau à Montréal.

Les nouvelles règles entourant les voyageurs devraient entrer en vigueur dans les prochaines semaines. La date exacte n’a pas encore été dévoilée.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon les plans annoncés par le gouvernement Trudeau, un deuxième test de dépistage devra effectivement avoir lieu quand les voyageurs arriveront en sol canadien.

Ils seront ensuite tenus d’attendre leur résultat pendant trois jours à l’hôtel, à leurs frais.

Si le résultat est positif, ils seront envoyés dans un centre supervisé par les autorités de santé publique. Un troisième test devra également être effectué dix jours après le retour au pays.

Est-ce qu’ils vont créer une exemption pour les gens qui ont eu la COVID-19 récemment?, demande Laura Geyer, au bout du fil.

À la santé publique fédérale, on ne précise pas quelles exceptions seront mises en place pour les voyageurs, mais on indique que de plus amples détails seront dévoilés dans les prochains jours.

Laura, qui a changé son billet d’avion à plusieurs reprises – chaque fois à coup de plusieurs centaines de dollars –, a finalement opté pour une date de retour au Canada à la fin de février.

Avec les nouvelles mesures, elle craint de se retrouver coincée dans un centre de santé publique pendant plusieurs jours, même si elle est rétablie de la COVID-19.

Ça commence à faire beaucoup de quarantaines, conclut-elle.

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