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L'irrégularité mathématique de l'équipe canadienne de longue piste

Un patineur de vitesse en compétition

Laurent Dubreuil

Photo : Patinage de vitesse Canada

La formule mathématique ne semble pas fonctionner : 11 médailles en 6 jours de compétition après 10 mois d’inactivité. Comment l’équipe canadienne de patinage de vitesse sur longue piste explique-t-elle de tels succès? Les entraîneurs et les athlètes ont des théories.

Je suis aussi surpris que tout le monde, lance Laurent Dubreuil, gagnant de quatre médailles en cinq courses depuis la reprise des activités de la Coupe du monde à la fin janvier. Même dans des conditions qui ne sont pas faciles, quand on y croit, c’est faisable.

Les conditions difficiles, les patineurs canadiens en sont devenus des experts. Ils ont dû devenir nomades et s’entraîner à l’extérieur après la fermeture de l’anneau de Calgary en octobre en raison d’un bris mécanique, sans compter les mesures sanitaires qui ont compliqué leur routine.

Par obligation, on a stimulé notre corps de façon différente. On a eu beaucoup plus de temps en salle de musculation. Je pense que ç’a peut-être été bon, mentionne le patineur de Québec qui n’avait pas mis les lames sur une patinoire avant d’entrer dans la bulle sanitaire à Heerenveen pour deux Coupes du monde et les Championnats du monde.

Trois patineuses de vitesse pendant une compétition

Isabelle Weidemann, Ivanie Blondin et Valérie Maltais

Photo : Patinage de vitesse Canada

Les doubles médaillées d’or à la poursuite par équipe, Ivanie Blondin et Valérie Maltais, sont aussi étonnées des performances canadiennes jusqu’à maintenant aux Pays-Bas. On a un bagage d’entraînement différent, avance cette dernière comme explication possible.

On a eu une saison d’entraînement beaucoup plus longue et je pense que c’est peut-être pour ça aussi. Normalement, on commence à courser en octobre. Là, c’était en janvier, poursuit Blondin, qui a aussi ajouté deux médailles d’argent à sa collection au départ groupé.

Les patineurs s’entendent pour dire que leur expérience les a aidés à compenser les heures perdues sur la glace, mais ils croient aussi que des leçons peuvent être apprises.

On va peut-être réviser le programme d’entraînement pour l’an prochain dans le sens que même si on a accès à de la glace tous les jours, toute l’année, ce n’est peut-être pas nécessairement la meilleure chose. On voit qu’on peut clairement progresser en salle de musculation, précise Dubreuil, qui a terminé sur le podium aux 500 et 1000 m.

Il tient une pancarte pendant une compétition.

Remmelt Eldering, entraîneur de l'équipe nationale de patinage de vitesse sur longue piste (archives)

Photo : AFP / Martin de Jong

Le point de vue des entraîneurs

Pas si vite, répondent deux entraîneurs de l’équipe canadienne. S’ils sont prêts à admettre que la dernière année a donné à leurs athlètes la force de se motiver autrement pour surmonter les obstacles, ils ne croient pas que leurs pratiques doivent être revues à long terme.

On ne peut pas penser que de ne pas patiner, c’est un avantage.

Une citation de :Greg Jelonek, entraîneur de l'équipe nationale de patinage de vitesse sur longue piste

Les muscles ont besoin d’un certain nombre de tours, d’une certaine vitesse. Et ils ont aussi besoin de bâtir l’endurance. Nous n’avons pas ça parce que nous n’avions pas de glace, avance Remmelt Eldering, qui entraîne les athlètes à Calgary.

Son collègue basé à Québec, Gregor Jelonek, insiste sur le fait que les patineurs des plus longues distances ne peuvent pas espérer obtenir les mêmes résultats que les spécialistes des sprints sans l’entraînement nécessaire.

À preuve, les cinq médailles canadiennes sur les distances individuelles à Heerenveen ont été remportées aux 500 m et 1000 m par Dubreuil (4) et par Heather McLean (1).

Trois patineurs de vitesse pendant une compétition

Ted-Jan Bloemen, Jordan Belchos et Connor Howe ont remporté l'argent à la poursuite par équipe à la deuxième Coupe du monde de Heerenveen.

Photo : Patinage de vitesse Canada

Les patineurs de longue distance comme Ted-Jan Bloemen, ils ont besoin de patiner. Ils ont besoin de volume sur la glace. On a beau faire du vélo ou faire des imitations, de la musculation, ça ne remplace pas le patin, précise Jelonek.

C’est normal que nous ayons ces résultats individuels. C’est anormal d’avoir eu les autres résultats qui étaient si bons.

Une citation de :Remmelt Eldering, entraîneur de l'équipe nationale de patinage de vitesse sur longue piste

Les entraîneurs croient que leurs protégés ont gagné de la confiance depuis leur arrivée dans la bulle sanitaire et qu’ils seront en mesure de connaître de bonnes performances pendant les Championnats du monde, qui se dérouleront du 11 au 14 février.

Sans vouloir fixer d’objectifs précis à leurs athlètes pour le nombre de médailles, ils croient que les cinq semaines passées aux Pays-Bas vont permettre aux Canadiens de donner le meilleur d’eux-mêmes.

Si c’est une 6e place ou une 2e place ou une 12e place, nous allons partir d’ici avec la tête haute, dit Eldering. Lui et Jelonek font toutefois le calcul que les leçons apprises pendant la pandémie vont servir aux patineurs pour leur préparation, à moins d’un an des Jeux olympiques d’hiver de Pékin.

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