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Réouverture des centres d'artistes : un défi pour entrer en dialogue avec le public

Un artiste devant un mur où sont collées plusieurs affiches sur lesquelles on peut lire BSL.

Pour l'artiste Marko Tonich, la médiation culturelle est primordiale.

Photo : Radio-Canada / Nadia Ross

La réouverture des musées est un soulagement pour plusieurs centres d’artistes du Bas-Saint-Laurent : ils peuvent dorénavant rouvrir leurs portes au public… mais doivent réinventer leurs façons d'interagir avec lui.

On est vraiment content de rouvrir, lance tout de go Nathalie Dion, agente de développement au Centre d’artistes Caravansérail, situé à Rimouski.

Pour elle, l’important était de ne pas annuler des projets, malgré le contexte de la pandémie. C’était vraiment hors de question, explique-t-elle.

Grâce à l’annonce de Québec qui permet la réouverture des musées et des théâtres, notamment, la programmation du centre d'art est maintenant assurée : l’exposition BSL : Brise-Sans-Leurre, de l’artiste Marko Tonich, débute mardi.

L’annonce de la réouverture a été une surprise pour les équipes du centre d'artistes Espace F, à Matane, et de Caravansérail.

Quand le gouvernement parlait de musée, on ne savait même pas s’il s’adressait à nous, les centres artistes, c’était très confondant, explique Julie Bérubé, directrice administrative d’Espace F.

Le soulagement est aussi palpable du côté des artistes, notamment pour Caroline Gagné, qui présente l’exposition Quand un arbre tombe, on l’entend; quand la forêt pousse, pas un bruit, à Espace F.

L’artiste pose d’ailleurs une question bien philosophique :

Si je monte une exposition, mais qu’il n’y a personne pour venir la voir, est-ce que l'œuvre existe quand même?

Caroline Gagné, artiste en arts visuels

C’est là que le bât blesse : même si les centres d’art rouvrent, les artistes ne pourront pas encore retrouver un contact direct et physique avec leur public.

Des œuvres plus hermétiques sans médiation?

Si les activités de groupes et les vernissages ne sont pas permis, les visiteurs ne sont pas laissés à eux-mêmes.

Le public qui franchit les portes du Centre d’artistes Caravansérail, à Rimouski, pourra compter sur l’aide d'une personne offrant une médiation, qui permet notamment d’expliquer, de raconter, de mettre en contexte le travail des artistes.

Mettre ça de côté, c’est complètement passer à côté de la plaque, confirme Marko Tonich. C’est la partie la plus importante pour permettre que les gens aient accès à tes œuvres.

L'artiste Marko Tonich.

L'artiste Marko Tonich

Photo : Radio-Canada / Nadia Ross

Les visiteurs devront trouver seuls, parfois avec l’aide d’un support numérique, cette clef qui permet d’ouvrir l'œuvre à la compréhension du public.

Les restrictions sanitaires ne permettent pas non plus de vernissage, un rituel qui permet un premier contact entre l’artiste et le public.

L’artiste Caroline Gagné espère quand même pouvoir faire un finissage lorsque son exposition prendra fin, le 19 mars.

Rencontrer les gens, les accueillir, leur communiquer ce que j’investis dans mon travail : j’espère qu’il y aura d’autres occasions pour le faire, confie-t-elle.

Se réinventer… encore

Faute de pouvoir créer sur place un pont entre l’artiste et le visiteur, les centres d’art doivent se tourner vers les plateformes numériques pour offrir cette médiation culturelle aux visiteurs.

À Rimouski, le Centre d’artistes Caravansérail se réinvente, et pas à peu près : en plus d'une campagne d'affichage en ville, le compte Instragram du centre diffusera plusieurs concours, sous forme de cocothon plus civilisé d’après les mots de l’artiste Marko Tonich, pour aller rejoindre le public rimouskois.

Diffuser le travail de l’artiste, célébrer la mise en espace de son œuvre, et en même temps donner accès au plus grand nombre, ça devient un casse-tête, confirme Nathalie Dion, de Caravansérail.

L'agente en communications au Centre d'artistes Caravansérail, Nathalie Dion, dans les locaux de l'organisme.

L'agente en communications au Centre d'artistes Caravansérail, Nathalie Dion

Photo : Radio-Canada / Nadia Ross

Visites scolaires interdites

Malgré tous les efforts de réinvention, les groupes scolaires ne pourront retourner de sitôt dans les centres d’arts, car les visites scolaires sont tout simplement interdites.

C’est ce qui nous fait le plus mal au cœur, regrette Julie Bérubé. Ça me fait quelque chose de ne pas pouvoir montrer les expositions aux jeunes enfants, qui sont habituellement de très bons spectateurs.

D'après les informations de Nadia Ross

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