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Alcool au volant : Marco Muzzo obtient une libération conditionnelle complète

L'Ontarien a tué trois enfants et leur grand-père alors qu'il était ivre derrière le volant de sa voiture.

Photo d'un homme au visage apathique qui marche.

Marco Muzzo au tribunal de Newmarket en 2016

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Jean-Philippe Nadeau

La Commission des libérations conditionnelles du Canada acquiesce à la requête de Marco Muzzo et lui accorde une liberté pleine et entière. Marco Muzzo a décimé une famille de quatre personnes en 2015 dans la région de Vaughan.

La Commission a accepté de remettre en liberté Marco Muzzo, mais sous certaines conditions, après avoir entendu, mardi, toutes les parties dans cette affaire, qu'elle a qualifiée de difficile et d'éprouvante.

Elle ne rendra toutefois les raisons de sa décision que dans 15 jours. Elle lui a souhaité bonne chance dans ses efforts pour réintégrer la communauté après des délibérations d'environ une heure.

Une illustration judiciaire représentant 4 personnes à l'audience, soit deux commissaires, Marco Muzzo et le père des 3 petites victimes.

L'audience avait lieu sur une plateforme numérique à cause de la pandémie. Les membres de la famille Neville-Lake avaient demandé à ne pas être illustrés.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Marco Muzzo, 34 ans, a été condamné à 10 ans de prison pour avoir tué trois enfants et leur grand-père alors qu'il roulait en état d'ébriété.

Il avait plaidé coupable en février 2016 à quatre accusations de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort.

Daniel Neville-Lake, son frère, Harrison, et leur petite sœur, Milly, étaient respectivement âgés de 9, 5 et 2 ans. Leur grand-mère et leur arrière-grand-mère avaient été gravement blessées dans l'accident.

Marco Muzzo avait déjà obtenu une semi-liberté en avril dernier après 4 ans de prison. Il était admissible à une libération conditionnelle complète, puisqu'il a purgé le tiers de sa peine.

Une femme tient la photo de trois enfants devant les micros de journalistes.

Jennifer Neville-Lake tient une photo de ses trois enfants au tribunal de Newmarket après l'audience sur la détermination de la peine de Marco Muzzo en 2016.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

La mère des trois enfants, Jennifer Neville-Lake, s'est vivement opposée lors de l'audience à sa remise en liberté complète sous surveillance dans la communauté.

La femme de 41 ans a en outre refusé de nommer le délinquant par son nom, en préférant l'appeler l'ivrogne, le chauffard, l'assassin, le menteur.

Sa stupidité et son comportement égoïste et irresponsable ont tué mes enfants et mon père; il rejette le blâme sur les autres plutôt que d'assumer les responsabilités de son geste, a-t-elle déclaré.

Mme Neville-Lake a imploré la Commission de le maintenir dans une maison d'arrêt et de lui interdire l'accès à la région de York pour l'aider à surmonter son deuil.

Elle a même suggéré de lui interdire de vivre en Ontario. Ne lui accordez pas plus de privilèges qu'il n'en a déjà, a-t-elle conclu.

Le père des petites victimes, Edward Lake, a lu sa déclaration d'impact sur une éventuelle libération complète du délinquant, mais dans un enregistrement et non en direct.

Une photo des trois petites victimes, Harry, Milly et Daniel Neville-Lake.

Les trois enfants des Neville-Lake: Harry, Milly et Daniel.

Photo : AVEC L'AUTORISATION DE LA POLICE DE YORK

Je pleure la mort de mes enfants tous les jours en me levant après avoir fait des cauchemars, a-t-il expliqué.

Edward Lake ajoute qu'il construit un autel avec des photos et des articles commémoratifs de mes enfants et qu'il sort très peu de sa maison.

Les Neville-Lake rappellent que la mort de leurs enfants et de leur grand-père ont un lourd impact sur leur santé physique, psychologique et émotionnelle ainsi que sur leurs finances personnelles.

Plaidoyer de la défense

Marco Muzzo, qui portait masque et visière, a déclaré à la famille Neville-Lake qu'il ne leur demandait pas d'être pardonné. il leur a de nouveau présenté des excuses, en affirmant qu'il retournerait dans le passé pour changer les choses s'il le pouvait.

Je ne peux que progresser vers l'avant et faire tout ce que je peux pour aider d'autres personnes dépendantes de l'alcool et éviter qu'elles ne causent à d'autres les mêmes souffrances que je vous ai causées, a-t-il dit.

Illustration judiciaire de Marko Muzzo en gros plan avec les deux commissaires.

Marco Muzzo livre un dernier plaidoyer aux deux membres de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

L'avocat du délinquant assure que son client endosse l'entière responsabilité de son crime, qu'il est rempli de remords et qu'il veut mettre à profit ce qu'il a appris en détention pour lutter contre l'alcool au volant.

Il comprendra à jamais la douleur et la perte de la famille Neville-Lake, il sait qu'il a ruiné leur vie, il devra vivre avec son crime pour le reste de ses jours, il ne peut malheureusement défaire ce qu'il a fait, a précisé Tom Curry.

L'agente de probation de l'individu avait ajouté, rapports psychiatriques à l'appui, que le délinquant représentait un très faible risque de récidive dans la communauté.

Dans son dernier droit de réplique, Marco Muzzo a dit que [s]on cœur saignait pour la famille Neville-Lake et qu'[il] était désolé pour ce qu'il avait fait.

Imposition de conditions

Marco Muzzo fait face à de nouvelles conditions de remise en liberté. Il ne peut se rendre à Brampton, où vit la famille de ses victimes, ni entrer dans la région de York, où s'est produite la collision mortelle.

Jennifer Neville-Lake en avait fait la demande pour l'aiderà surmonter son deuil. Elle avait même imploré la Commission à ne plus l'autoriser à vivre en Ontario, mais ailleurs au Canada, puisque l'entreprise familiale des Muzzo possède des bureaux à Calgary.

Il lui est aussi interdit d'entrer en contact avec tous les membres de la famille Neville-Lake.

Dessin de cour d'un homme vêtu d'un complet noir

Marco Muzzo (centre), lors de l'audience de la Commission, le 7 novembre 2018, à sa première tentative d'obtenir une libération.

Photo : CBC/Pam Davies

Marco Muzzo ne peut évidemment plus consommer un verre et conduire un véhicule motorisé. Je n'ai plus bu depuis le jour de l'accident, le 27 septembre 2015, assure-t-il aux deux commissaires.

Il ne peut en aucun cas fréquenter des bars ou des établissements de danseuses.

Le délinquant ne sera autorisé à conduire que 12 ans après la fin de sa peine en juillet 2025, soit en 2037. Il aura alors 50 ans.

Il s'agissait de la troisième tentative de Marco Muzzo pour obtenir une libération complète après un premier échec en novembre 2018.

Après la première audience, la Commission avait estimé que Marco Muzzo manquait toujours d'introspection au sujet de sa dépendance à l'alcool et du risque qu'il représentait pour la communauté.

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