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Des travailleurs de la mine Westwood indemnisés pour la maladie des mains blanches

Le panneau de la mine est installé près d'une route.

La mine Westwood d'Iamgold est située à Preissac dans la MRC d'Abitibi.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Après de longues années de procédures judiciaires, deux travailleurs miniers de Rouyn-Noranda viennent d’obtenir gain de cause auprès du Tribunal administratif du travail afin de reconnaître qu’ils ont été victimes du syndrome vibratoire de Raynaud , aussi connu en tant que syndrome ou maladie des mains blanches.

Grâce à ce diagnostic, Yvan Aumond et Claude Boucher, qui ont œuvré plusieurs années comme mécaniciens pour la mine Westwood d'Iamgold, deviennent admissibles aux prestations prévues par la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Une entente confidentielle est intervenue entre l’employeur et chacun des employés. Celles-ci ont été entérinées par le Tribunal administratif du travail.

Le syndrome vibratoire de Raynaud est une maladie qui cause des engourdissements, des problèmes de préhension, de l’intolérance au froid ainsi qu’aux vibrations.

Retour sur les événements

En 2013 et 2014, les réclamations respectives des plaignants avaient d’abord été refusées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Puis, en 2017, le TAT a déclaré que les deux travailleurs avaient bel et bien subi une lésion professionnelle : le syndrome vibratoire de Raynaud.

Cette décision a ensuite été contestée avec succès par Iamgold devant la Cour supérieure du Québec en 2018 et les deux travailleurs ont continué leur combat.

Les ententes survenues entre l’entreprise et ses deux anciens employés mettent fin à de longues procédures administratives et judiciaires.

Le syndicat satisfait

Le président du syndicat des employés à la mine Westwood, André Racicot, se réjouit des ces ententes qui satisfont selon lui l’ensemble des parties impliquées.

Un homme sourit à la caméra dans un bureau, un cahier des Métallos devant lui sur une table.

André Racicot, président du Syndicat des Métallos de la mine Westwood

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

On est satisfaits. Ça met un terme à une contestation qui a duré longtemps, ça fait qu’on est bien satisfaits. Les travailleurs sont satisfaits et l’entreprise est satisfaite aussi, atteste M. Racicot.

Pour l’avocat à la retraite Marc Lemay, ces ententes sont de bonnes décisions et permettront de faciliter le travail des avocats qui plaident ce genre de causes devant le Tribunal administratif du travail, en clarifiant ce en quoi consiste le syndrome de Raynaud.

Là au moins, il semble y avoir eu une définition qui a été apportée. Il y a également, et ça je trouve ça intéressant de la part du Tribunal administratif du travail, quels sont les symptômes et surtout, quelles sont les limitations fonctionnelles qu’un travailleur ou une travailleuse atteint de cette maladie-là doivent respecter. Ça faisait longtemps qu’on avait eu ce genre de décision très développée, indique Me Lemay.

L'avocat et ex-député bloquiste Marc Lemay dans nos studios de Rouyn-Noranda.

Marc Lemay dans nos studios (archives)

Photo : Radio-Canada / Archives

Selon Marc Lemay, il est possible que cette décision fasse jurisprudence, mais il précise qu’il demeurera sans doute complexe pour un travailleur de prouver que son emploi a causé une telle maladie.

Est-ce que ça fera jurisprudence? Oui et non. Oui, parce qu’on a dans cette décision-là les balises que doivent rencontrer ceux et celles qui se prétendent atteints de cette maladie-là et non, je m’excuse de le dire avec une image, mais on n’attrape pas cette maladie-là de Raynaud ou des mains blanches en se toussant dans les mains. Ça prend beaucoup plus que ça, et c’est à la longueur du temps qu’on se rend compte que quelqu’un est atteint de cette maladie-là. Ça vient tout de même clarifier une situation qui était plus ou moins ambiguë depuis plusieurs années, affirme Me Lemay.

Selon André Racicot, les dossiers des futurs travailleurs qui souhaiteront se prévaloir d’une telle entente seront traités au cas par cas.

Chaque cas est un cas d’espèce. Je vous dirais que dans le syndrome vibratoire, généralement, ces dossiers-là sont acceptés par la Commission. Dans certains métiers, c’est plus difficile, mais chaque cas est un cas d’espèce et dans les cas futurs, ça va dépendre de la quantité de travail qui a été faite, c’est tout ça qu’il faut mettre en perspective, et voir s’il y a eu tant d’années où il a été exposé aux vibrations, explique-t-il.

D’autres part, Marc Lemay considère judicieux que les limitations fonctionnelles des gens atteints de la maladie soient décrites dans l’une des décisions. Les employeurs pourront ainsi mieux prendre en considération les facteurs à respecter pour ne pas aggraver la situation.

Me Lemay croit par ailleurs que du travail doit être fait tant par les syndicats que par les différents employeurs afin d’éviter que ce type de maladie ne se répande chez les travailleurs.

Je pense qu’un travail de concertation entre les employeurs et les syndicats doit être fait pour trouver des méthodes de travail adaptées, pour éviter que les travailleurs développent cette maladie qui est invalidante à un très haut niveau. Quand vous n’êtes plus capables de vous servir de vos mains, effectivement, vous risquez d’avoir de sérieux problèmes à l’avenir, estime Me Lemay.

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