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Privé de soins de santé mentale en prison, il bénéficie d'un arrêt des procédures

Image Google de l'hôpital Albert-Prévost.

L'Hôpital en santé mentale Albert-Prévost est situé dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, dans le nord de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Google

Un jeune homme de 23 ans accusé de tentative de meurtre sur son psychiatre n'aura finalement pas à subir de procès. Joshua Côté-Mashala bénéficie d'un arrêt des procédures après avoir été privé de soins en détention, au point de devenir l'« ombre de lui-même », selon la défense.

Le système de justice dans son intégralité doit se dissocier de certains comportements, et ce, malgré la gravité des infractions, afin de préserver une justice saine qui répond aux valeurs de la société, a déclaré la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Geneviève Langlois, qui a mis fin aux procédures judiciaires contre le Montréalais.

Au cours des dernières années, Joshua Côté-Mashala est passé d'élève modèle et sportif accompli à sans-abri violent et psychotique.

En octobre 2019, il a poignardé son psychiatre au pavillon Albert-Prévost de l'Hôpital Sacré-Coeur avec une paire de ciseaux et un couteau à beurre.

Cinq mois sans médicaments dans sa cellule

Accusé de tentative de meurtre, Joshua Côté-Mashala a été emprisonné à l'établissement de Rivière-des-Prairies, où sa santé mentale s'est considérablement dégradée.

Pendant cinq mois, notre client en pleine détresse psychologique a croupi dans sa cellule, tapi sous ses couvertures 24 heures par jour, sans bénéficier des soins auxquels il avait droit, explique l'avocat de l'accusé, François Legault.

Pourtant, la veille de l'attaque contre le psychiatre, un tribunal avait ordonné qu'une médication soit imposée à Joshua Côté-Mashala. Les autorités carcérales n'auraient donc pas respecté l'ordre de la Cour.

La dégradation de son état mental serait grave au point de lui causer un tort irréparable le privant aujourd'hui du droit fondamental à une défense pleine et entière, selon Me Legault, qui dénonce un traitement cruel et inusité.

Confronté à de nouvelles informations au cours des derniers jours, le ministère public a conclu que l'arrêt des procédures est le seul remède possible.

La juge Patricia Compagnone, de la Cour du Québec, a entériné la procédure, en soulignant que les tribunaux sont confrontés à une réalité grandissante de problèmes de santé mentale.

Pour un ministère de la santé mentale

Si Joshua Côté-Mashala est demeuré stoïque dans le box des accusés, ses parents étaient très émus dans l'assistance. Les dernières années ont été éprouvantes, alors qu'ils cherchaient de l'aide pour leur fils.

Ils ont vécu de grandes souffrances. Une grande impuissance. Ils se sont sentis abandonnés par l'État à plusieurs moments, soutient Me Legault.

Il interpelle le gouvernement du Québec afin de mieux accompagner les patients aux prises avec des problèmes de santé mentale, notamment lorsqu'ils se retrouvent derrière les barreaux.

Me Legault suggère la création d'un ministère de la santé mentale pour mettre en œuvre des mécanismes qui vont faire en sorte que l'information circule adéquatement à travers tous les rouages du système de santé, du système de justice et du système carcéral.

Un jeune homme pose sur un tapis roulant dans une station de métro.

L'état de santé mentale de Joshua Côté-Mashala s'est sérieusement détérioré lors des cinq mois qu'il a passés en prison.

Photo : Radio-Canada

Le ministère ne commente pas

Invoquant des raisons de confidentialité, le ministère de la Sécurité publique (MSP) refuse de commenter le dossier.

Par courriel, une relationniste a indiqué que le MSP considère fermement que les personnes incarcérées doivent avoir accès aux mêmes services de soins de santé que l’ensemble des citoyens et met quotidiennement tout en œuvre pour assurer leur sécurité en établissement de détention.

Joshua Côté-Mashala est détenu à l'Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel, où il a pris du mieux. La Commission d'examen des troubles mentaux devrait l'évaluer au cours des prochaines semaines pour déterminer s'il peut être remis en liberté.

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