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Accès à la construction : les syndicats craignent un recul de la compétence

Un ouvrier portant un masque sur un chantier.

Le projet de règlement du ministre Boulet cherche à faciliter l'accès des travailleurs à l'industrie de la construction.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Les assouplissements prévus par Québec pour faciliter l'accès à l'industrie de la construction font craindre aux syndicats une diminution de la compétence des futurs travailleurs.

Les deux plus grandes organisations syndicales de la construction, la FTQ-Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), reprochent ainsi à Québec de dévaloriser la formation professionnelle et la diplomation – la voie privilégiée pour entrer dans l'industrie.

Un appauvrissement de la qualification est à prévoir, déplore le Conseil provincial, dans son mémoire remis à la suite du projet de règlement publié par Québec.

Le ministre du Travail et de l'Emploi, Jean Boulet, a fait paraître en décembre dernier un projet de règlement qui vise à faciliter l'accès des travailleurs à l'industrie de la construction, vu le contexte de rareté de main-d'œuvre.

Entre autres mesures, le projet de règlement facilite la reconnaissance des compétences acquises hors de l'industrie de la construction.

De même, il permet d'accélérer l'acquisition du statut de compagnon pour un apprenti.

Il permet également à un compagnon de superviser deux apprentis plutôt qu'un seul.

Des programmes de formation en péril

Les mesures mises de l'avant par Québec vont faire reculer l'industrie en termes de compétence de la main-d'œuvre, déplore à son tour la FTQ-Construction, qui représente 80 000 travailleurs dans l'industrie.

Déjà, des programmes de formation sont en péril dans certaines régions à cause de la baisse de candidatures et les mesures annoncées risquent d'aggraver la situation, craint la FTQ-Construction.

Le problème de rareté ne se réglera pas avec une main-d'œuvre sans formation professionnelle ou en diminuant la qualité et le nombre d'heures d'apprentissage en chantier, a martelé la FTQ-Construction.

Le Conseil provincial, qui représente 45 000 travailleurs dans l'industrie, apporte d'ailleurs des nuances à la notion de rareté de main-d'œuvre, qui sert à justifier les mesures gouvernementales.

Il souligne qu'en 2018, le taux de chômage atteignait 15 % durant les mois d'hiver pour retomber à 4 % durant les mois d'été.

Il est donc important de relativiser la notion de rareté de main-d'œuvre dans l'industrie de la construction. En général, il manque seulement de travailleurs durant quelques mois de l'année, alors que les travailleurs sont sujets au chômage le restant du temps, fait-il valoir dans son mémoire.

L'aspect provisoire de ce dossier oblige à une vigilance et une réflexion sur les impacts à court et moyen termes sur la main-d'œuvre, qui subira les conséquences des décisions.

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