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L'Alberta réinstaure la politique de 1976 sur le charbon dans les Rocheuses

Une mine de charbon.

Le mine de charbon de Grande Cache en Alberta.

Photo : Grande Cache Coal

Le gouvernement albertain remet en place la politique de 1976 sur le charbon, qu'il avait annulée au printemps dernier. La grogne ne cessait de monter à ce sujet.

« Nous reconnaissons que l'annulation de cette politique a causé d'incroyables inquiétudes », a déclaré la ministre de l'Énergie, Sonya Savage.

La ministre promet également des consultations publiques pour moderniser la politique de 1976, chose qu’elle aurait dû faire avant de l’annuler au printemps dernier, croit-elle.

« Nous aurions dû mieux faire. Nous admettons que nous avons fait une erreur. Nous ne sommes pas parfaits et les Albertains nous l’ont clairement dit. »

— Une citation de  Sonya Savage, ministre de l’Énergie de l’Alberta

La ministre promet qu’il n’y aura pas d’exploitation minière de charbon au sommet des montagnes. La province suspend également toute nouvelle opération de recherche de charbon dans la portion sud des Rocheuses et les Foothills, mais les activités en cours peuvent continuer.

L’industrie du charbon muette, les environnementalistes se réjouissent

Le président de l’Association canadienne du charbon, Robin Campbell, n’a pas souhaité commenter cette annonce, affirmant qu’il avait besoin de prendre le temps d’en comprendre les détails.

La directrice de la conservation pour le sud de l’Alberta de la Société pour la nature et les parcs du Canada, Katie Morrison, croit que c’est la pression populaire qui a fait reculer le gouvernement : Nous ne l’avons jamais vu reculer de manière aussi claire, donc c’est une étape positive.

Une mine à ciel ouvert devant les Rocheuses albertaines.

La région de Crowsnest Pass, dans le sud-ouest de l'Alberta, a par le passé été une plaque tournante de l'industrie canadienne du charbon.

Photo : CBC

Elle croit toutefois que sa bataille n’est pas terminée. Elle voudrait faire interdire les mines à ciel ouvert et les activités de recherche de charbon dans d’autres zones que celles protégées par la politique de 1976, comme les zones boisées du nord des Rocheuses.

« Nous devrions considérer ces terres comme un tout, afin de protéger notre source d’eau, nos espèces en danger, les lieux où nous vivons, jouons et profitons de nos plus beaux paysages naturels. »

— Une citation de  Katie Morrison, directrice de la conservation pour le sud de l'Alberta de la Société pour la nature et les parcs du Canada

La chef néo-démocrate albertaine, Rachel Notley, croit elle aussi qu’il ne faut pas baisser la garde. Elle appelle le gouvernement à mener des consultations publiques rigoureuses, scientifiques et en partenariat avec les communautés autochtones et les groupes d’intérêts sur la nouvelle politique sur le charbon.

Les Albertains vont demeurer méfiants

Un politologue à l’Université Mount Royal de Calgary, Duane Bratt, croit qu’il s’agit du deuxième grand recul du gouvernement conservateur uni, après l’annonce de la rétrogradation des députés ayant voyagé durant les Fêtes.

Toutefois, il estime que les Albertains vont demeurer méfiants face aux promesses du gouvernement sur le charbon. Il rappelle que le gouvernement a affirmé avoir reculé après avoir annulé 11 baux de charbon récemment, mais ce n’était pas assez, selon le politologue.

« Il y a un manque de confiance. Je ne suis pas certain que les gens vont les croire. Oui, ils ont fait la bonne chose à la fin, mais sous une énorme contrainte. »

— Une citation de  Duane Bratt, professeur de sciences politiques à l'Université Mount Royal

Ils ont brûlé les ponts avec beaucoup de gens sur tout le continuum politique, ajoute-t-il.

Duane Bratt ajoute que bien que la ministre de l’Énergie, Sonya Savage, ait adopté le bon ton lors de sa conférence de presse, c’est Jason Kenney qui aurait dû annoncer ce changement de cap. Il est réticent à admettre ses erreurs, constate le politologue.

Soixante-neuf pour cent des Albertains étaient en désaccord avec la décision du gouvernement d’annuler cette politique, selon un sondage non probabiliste réalisé en ligne par la firme ThinkHQ, entre le 2 et le 6 février auprès de 1140 Albertains. S’il était probabiliste, ce sondage aurait une marge d’erreur de plus ou moins 2,9 %. Parmi les partisans du Parti conservateur uni, 56 % se disaient en désaccord.

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